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Lucile Vilboux

En Normandie, un garage social itinérant va à la rencontre des habitants en panne (61 et 14)

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En lien étroit avec les collectivités territoriales, l’association normande d’accompagnement vers l’emploi et la mobilité, L’Étape, a lancé en juillet 2017 le MécaNomade, un garage social et itinérant. La camionnette aménagée se rend chez des personnes qui n’ont pas les moyens de réparer leur véhicule en panne. Le service effectue de petites réparations et donne accès aux services de la plateforme de mobilité gérée par l’association.

Fondatrice et animatrice d’une plateforme de mobilité (voir encadré), l’association d’accompagnement vers l’emploi et la mobilité L’Étape a mis en place en juillet 2017 un garage social et itinérant, le MécaNomade, sur deux des territoires normands sur lesquels elle est implantée (145.634 hab., voir encadré). Cette camionnette, équipée d’un groupe électrogène, d’un compresseur, d’un établi - et d’un scooter pour ne pas laisser un bénéficiaire en rade... - se rend au plus près des personnes isolées qui ne peuvent pas financer le dépannage et/ou la réparation de leur véhicule. Le MécaNomade est destiné en priorité aux publics conventionnés (bénéficiaires du RSA, résidents QPV...) et à faible revenus (jeunes, chômeurs, travailleurs en Esat...). Ils y font appel via des prescripteurs (CCAS, collectivités, conseillers en mobilité de l’Étape, partenaires de l’insertion...) ou de leur propre initiative, suite par exemple aux articles parus dans la presse locale.

Forte implication de partenaires publics et privés

Tout autre habitant peut aussi faire appel à ce service pour le soutenir, des tarifs différenciés étant appliqués selon le public visé. Par exemple, l’adhésion varie de 5 à 12 euros, les déplacements de la gratuité à 15 centimes d’euros le kilomètre, le coût horaire de l’intervention de 20 à 55 euros, le diagnostic de la panne de la gratuité à 20 euros, etc. "Le budget moyen de ce service est de 4.000 à 5.000 euros mensuels ; il ne peut donc pas s’autofinancer uniquement par le coût des prestations et dépend des partenariats noués avec les collectivités et des entreprises privées", précise le directeur de l’association, Jean-Yves Patry.

Et des mécaniciens en contrat aidé ou classique

Les investissements et l’animation pour lancer l’initiative ont déjà été soutenus par la fondation de la marque qui a fourni le véhicule (PSA, 15.000 euros sur les 18.000 euros d’investissement pour la camionnette) et d’une banque (Caisse d’Épargne, 10.000 euros), le conseil département de l’Orne (9.000 euros), l’agglomération de Flers (4.000 euros) et celle de la ville de Vire-Normandie (7.000 euros). Le mécanicien fait l’objet d’un contrat aidé. Il est secondé par un second mécanicien recruté via un contrat classique (base de 24h / semaine évolutif vers un ETP). Des partenariats sont aussi noués (ou en cours) avec des fournisseurs de pièces détachées.

Accompagnement complet autour de la voiture…

Une procédure d’intervention bien définie a été mise en place. Une fois que le bénéficiaire a pris contact avec l’association, le mécanicien le reçoit pour constituer son dossier et préparer une fiche d’intervention. Il fait notamment le point sur les papiers du véhicule (assurance, permis de conduite, carte grise, contrôle technique...) puis fait appel si besoin aux services de ses collègues conseillers en mobilité sur des questions de gestion de budget par exemple. "Ce service ne consiste pas seulement à réparer des véhicules, il intervient pour accompagner et informer les personnes qui souhaitent par exemple acheter un véhicule d’occasion, peinent à effectuer des démarches, roulent avec une voiture plus ou moins bien réparée par des proches...", précise la chargée de développement mobilité, Clémentine Libois-Chanoni.

… qui va au-delà de la mécanique

Le mécanicien prend ensuite rendez-vous pour effectuer un diagnostic de la panne, estimer les réparations, rédiger un ordre de réparation (qui précise les modalités de règlement) et prêter si besoin un véhicule. Il répare la panne sur place ou lors d’un second rendez-vous. Il peut si besoin tracter le véhicule. "Pour l’instant, nous disposons d’un espace de réparation des scooters. Nous recherchons un second lieu pour les voitures", poursuit le directeur.

Une trentaine de contacts en trois mois

Des ateliers mécaniques collectifs sont aussi proposés aux bénéficiaires. Ils portent sur l’entretien courant : contrôle des niveaux, de l’usure des pneus, changement des ampoules, des essuie-glaces... Entre juillet et septembre 2017, quatre ateliers ont chacun sensibilisé entre six à dix personnes. Durant ce même temps, le MécaNomade a accueilli 32 demandeurs dont 14 bénéficiaires du RSA. La majorité de ces demandes concernait la réparation d’une voiture pour des soucis de batterie, de démarrage ou un changement de bougies. Trois bénéficiaires ont aussi été accompagnés par des conseillers en mobilité (budget, ...). Durant cette période, il n’y a pas eu besoin de faire appel à des garagistes conventionnels pour mener des réparations plus importantes ou qui nécessitent un pont de levage. La chargée de développement Mobilité précise : "Les garagistes ne nous voient pas comme concurrents car la majorité du public que nous atteignons n’a pas les moyens de faire appel à leurs services."

Le territoire couvert par le service
Le service MécaNomade couvre deux territoires normands voisins, mais situés dans deux départements différents :
• Dans l’Orne, le Pays du Bocage (un GIP) qui inclut l’agglomération et compte 139 communes et 96.634 habitants, dont l’agglomération de Flers (42 communes et 54.430 habitants)
• Dans le Calvados, la communauté de communes de la Vire au Noireau, 18 communes et 49.000 habitants.
Le pôle mobilité de L’Étape intervient sur un territoire plus large : Pays du Bessin au Virois, pays du Bocage, pays d'Argentan, centre et sud Manche.
L’association est plus largement implantée dans douze villes normandes, dans l’Orne, le Calvados et la Manche.
Pour coordonner, renforcer et échanger autour de son action en faveur de la mobilité avec d’autres services similaires en Normandie, L’Étape adhère et coordonne à un réseau de la mobilité en Normandie créé en juillet 2017 qui compte 21 associations et des collectivités : Mob In’Normandie
Palette d’outils de la plateforme de mobilité
La plateforme de mobilité de L’Étape propose un centre de ressources (conseils, diagnostic, accompagnement, informations sur les transports collectifs, covoiturage...), un service de location de véhicules (scooters, vélos électriques, voitures), une auto-école sociale, des événements dans le cadre notamment de la semaine nationale de la mobilité et un service de conseils d’accompagnement des collectivités et des entreprises en faveur de la mobilité durable. L’ensemble de la plateforme emploie une douzaine de personnes.

Contact(s)

L'Étape Normandie

1, rue Chénel
14500 Vire Normandie
02 31 68 88 65
letape-vire@letape-emploi.fr
Nombre d'habitants : 145634
Nombre de communes : 157
Nom de la commune la plus peuplée : Flers (15162 hab.)

José Collado

Conseiller départemental de l'Orne
jcollado@wanadoo.fr

Yves Goasdoué

Président de Flers Agglo et maire de Flers

Marc Andreu-Sabater

Conseiller départemental, maire de Vire Normandie
cabinet.maire@virenormandie.fr

Clémentine Libois-Chanoni

Chargée de développement mobilité, L'Étape
clementine.libois@letape-emploi.fr

Rénovation thermique des bâtiments publics

Une priorité du Grand Plan d’Investissement pour favoriser les économies d’énergie, réduire les émissions de CO2 et encourager le développement des énergies propres.

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