A Evreux, les brebis changent la ville

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Eure

Sur les coteaux d'Evreux, dans l'Eure, les brebis ont remplacé les tracteurs montagnards. Depuis 2004, la ville a embauché un berger et pratique la gestion écopastorale. La biodiversité s'en trouve renforcée, les paysages en bénéficient, les habitants apprécient.

Les coteaux d'Evreux abritent de vastes espaces naturels. L'inventaire de la faune et de la flore réalisé en 2000 a permis de révéler des trésors de biodiversité, dont douze espèces d'orchidées sauvages. Un patrimoine que les élus entendent préserver et qui a été classé au réseau Natura 2000. Il faut s'imaginer, dans Evreux à proximité du centre-ville, quatre-vingts hectares de prairies sèches, broussailles, bosquets... Des fortes pentes crayeuses ensoleillées, parfois des éboulis, accueillent une nature insoupçonnée des Ebroïciens et pourtant à deux pas des rues et des résidences. Une alchimie de ville et de nature. Pour entretenir ces espaces qui avaient tendance à s'enfricher et à se boiser, deux options s'offraient à la commune. Mécaniser en employant des tracteurs montagnards qui broyent les broussailles ou retrouver une gestion pastorale.

 

Le troupeau atteint aujourd'hui 120-130 têtes

La mécanisation présente un inconvénient majeur, elle uniformise le milieu. Petit à petit, elle transforme une végétation naturellement diversifiée en "green" de golf. Le pastoralisme, au contraire, renforce la biodiversité. D'un point de vue financier les deux solutions sont presque équivalentes : 800 euros par hectare et par an pour l'option mécanique, 750 euros pour la gestion pastorale. Cette dernière permet, en outre, de bénéficier d'aides publiques qui, à Evreux, ramènent le coût à 500 euros.
Afin d'éprouver la gestion pastorale, la ville fait appel, en 2002, au conservatoire des sites naturels de Haute-Normandie qui effectue du pâturage sur coteaux dans la vallée de la Seine. Pendant deux ans, le conservatoire teste la mise en place d'un pâturage dans un contexte urbain. Tout se passe pour le mieux. L'herbe reverdit et les riverains sont ravis. La ville décide alors d'embaucher un berger et de constituer un troupeau de brebis. Elle a la chance de pouvoir s'appuyer sur une structure agricole préexistante, la ferme pédagogique municipale. La première année, le troupeau comptait 45 brebis de race solognote, il s'est progressivement renforcé jusqu'à atteindre 120-130 têtes.

 

Les citadins retrouvent une proximité avec les animaux

Les habitants d'Evreux ont très bien réagi à la réintroduction des brebis sur la commune. Outre le pittoresque et les effets bénéfiques sur l'environnement, les citadins apprécient de retrouver une proximité avec les animaux. Olivier Bourhis, chef du service Environnement, le confirme : "Le grand public vient sur les coteaux pour les paysages mais aussi pour les animaux. Quand, en avril, on met les agneaux à l'herbe c'est un grand moment pour les enfants des écoles, la tonte est également un événement et puis il y a le berger et ses chiens parfaitement dressés... Les gens s'arrêtent pour le regarder conduire son troupeau."
Le bilan de cette gestion pastorale fut d'emblée très positif et en 2006 la ville d'Evreux en partenariat avec la communauté d'agglomération d'Evreux l'a étendu aux zones humides. Cette fois, quatre vaches de race highland cattle ont été installées dans un vaste enclos de sept hectares. On le voit, la ville et la nature peuvent faire très bon ménage.

 

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Commune d'Evreux

Nombre d'habitants :

50000
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27000 Evreux
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Olivier Bourhis

Chef du service Environnement
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