Eyrieux-aux-Serres se dote d'un observatoire du logement

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Ardèche

L'observatoire du logement de la communauté de communes d'Eyrieux-aux-Serres (Ardèche) met en relation les offres et les demandes de logements, à louer et à vendre. L'objectif est d'éviter que des maisons ou appartements, voire également les terrains, restent trop longtemps vacants sur l'ensemble du territoire intercommunal. L’observatoire permet également aux élus de disposer d'un outil d'analyse et de connaissance des besoins en habitat.

"Nous avions constaté, lors d'un diagnostic habitat réalisé il y a quelques années, que les communes ne disposaient pas d'arguments chiffrés et étayés pour convaincre les bailleurs sociaux de développer leur parc social sur leur territoire, explique Béatrice Maire, directrice de la communauté de communes d'Eyrieux-aux-Serres (dix communes, 4.382 habitants). La création d’un observatoire devait leur apporter des éléments utiles et avérés pour justifier de leurs besoins."
L’observatoire du logement a été créé en octobre 2006. "En cette fin 2009, nous sommes en train d'extraire des données pour étayer la demande d'une commune à qui, tant les bailleurs sociaux que la direction départementale de l’équipement (DDE), répondaient qu'elle n'avait pas de besoin de logements sociaux puisqu’il n’y avait d'emploi sur son territoire", reprend Béatrice Maire.
Les informations collectées par l’observatoire contribuent à "réduire les délais entre la mise en vente ou la location d'un bien et son acquisition ou la conclusion d'un bail", souligne Bruno Monnier, chargé de mission habitat/foncier et responsable de l'observatoire. L'observatoire s'affirme comme un outil complémentaire de l'opération programmée d’amélioration de l’habitat (Opah) qui aide les propriétaires à revenus modestes à rénover leur habitat. "Grâce aux analyses annuelles de l'observatoire, nous conseillons les propriétaires sur l’état du marché, par exemple s’il y a plus de demandes de T3 que de T1, pour qu’ils rénovent leur bien en conséquence", explique Béatrice Maire. Résultat, depuis le lancement de l'Opah il y a trois ans, la totalité des logements mis en location a trouvé preneur avant même la fin des travaux. Ainsi, le taux de logements vacants a progressivement baissé.

Collecter et mettre à disposition les offres

Quotidiennement, le responsable de l’observatoire, Bruno Monnier, reçoit les offres et les demandes, soit directement des particuliers, soit par l'intermédiaire des mairies, des syndicats d'initiative et des offices de tourisme auprès desquelles les particuliers peuvent s'adresser pour bénéficier du service de l'observatoire. « Quel que soit le besoin exprimé, l’observatoire renseigne le demandeur sur l’ensemble du territoire de la communauté de communes», souligne Béatrice Maire.
Pour pouvoir se faire référencer ou accéder aux données de l'observatoire, le vendeur ou le locataire doivent remplir une fiche d'informations conforme à la loi informatique et libertés, précisant les coordonnées, et dans certains cas, les situations professionnelles. Elle mentionne également le type de bien recherché ou vendu. "La fiche est ensuite intégrée dans la base de données", ajoute Bruno Monnier. Cette base de données, mise à jour régulièrement, est transmise à toutes les mairies. On y trouve les principaux renseignements sur l’habitat disponible : s'il s'agit d'une maison ou d'un appartement, sa superficie, le prix de vente ou de location, les coordonnées du locataire ou du propriétaire. L’observatoire intègre également les offres des agences immobilières gratuitement.
L'une des deux agences immobilières implantées sur le territoire intercommunal a considéré l'observatoire comme un concurrent. "Ce que nous ne sommes pas", se défend Béatrice Maire. "Car l'objectif premier de l'observatoire est d'avoir une analyse plus fine des besoins à partir de l'état de l'offre et des mouvements immobiliers. Cela nous différencie de l'action propre des agences immobilières, peu présentes en milieu rural comme chez nous", assure-t-elle.
Quand une personne veut consulter les annonces de location ou de vente, Bruno Monnier, ou la mairie (s'il s'adresse en mairie), lui donne une version imprimée de la base. Le rôle de l'Observatoire s'arrête là. C'est ensuite à la personne d'entrer en relation avec les annonceurs (particulier ou agence) qui l'intéressent. “Nous n'intervenons pas ni ne sommes responsables de l'état des logements loués ni du montant des loyers", précise Béatrice Maire, pour bien insister sur le rôle d'intermédiaire de l'Observatoire. Autant dire donc que l'actualisation de la base est importante pour qu'elle reste pertinente. Ce qui requiert un gros travail de mise à jour, souligne Bruno Monnier : “Car, dans 90% des cas, les annonceurs ne m'avertissent pas, bien qu'on le leur demande, de la vente ou de la location du bien qu'ils avaient enregistré." Cela oblige donc à des relances régulières.

Prochaine étape : l'accès sur internet

L'observatoire n'a pas de version numérique, mais l'inscription et la consultation en ligne devraient être possible dès 2010. La base pourra ainsi être accessible à des personnes extérieures au territoire.
Début 2010, l'analyse statistique annuelle donnera des éléments précis sur l'année 2009, marquée comme les années précédentes par une augmentation du nombre d'annonces. Entre juin et novembre, Bruno Monnier sait par exemple que six personnes ont pu trouver une location grâce à l'observatoire. Fin novembre 2009, la base de données comptait vingt offres de vente de maison ou appartement, dix-neuf offres de location et quatre de terrains.

Emmanuelle Stroesser / Agence Traverse, pour la rubrique Expériences du site Mairie-conseils
 

Communauté de communes d'Eyrieux-aux-Serres

Grande Rue
07360 Les Ollières-sur-Eyrieux

Bruno Monnier

chargé de mission habitat/foncier

Béatrice Maire

Directrice
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