Formation : les régions veulent élargir les champs d’action des pactes d’investissement dans les compétences

Dans le cadre du réajustement des pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric) qui doivent être signés fin novembre, régions et État sont en pleine négociations. L’enjeux pour les premières est de piloter l’ensemble du volet "compétences" du plan de relance, à savoir, en plus des formations des demandeurs d’emploi et des jeunes, celle des salariés en chômage partiel et en reconversion.

Alors que le PIC (plan d’investissement dans les compétences) est appelé à devenir "le véhicule" de mise en œuvre d’une grande partie du volet "compétences" du plan de relance, les régions réaffirment leur souhait de "piloter" l’ensemble de ce volet, soit non seulement la formation des demandeurs d’emploi et des jeunes, mais aussi les salariés en chômage partiel et en reconversion. Ce qui implique d’ouvrir les pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric) à d’autres champs d’actions que ceux prévus dans les documents signés pour la période 2019/2022 et révisables chaque année. Mais le ministère du Travail aurait "fermé la porte" sur cette ouverture. Ce désaccord est au cœur des négociations entre l’État et les régions dans le cadre de la révision des pactes du fait notamment de la crise sanitaire et dont la gestion est assurée par le nouveau haut-commissaire aux compétences, Carine Seiler, assurant l’intérim suite au départ le 5 octobre de Jean-Marie Marx qui a rejoint le conseil général de l’alimentation. Elles doivent se dérouler jusqu’à fin octobre de manière à ce que les pactes révisés soient signés au plus tard fin novembre.

"Éviter la logique de concurrence entre les dispositifs"

En effet, les régions ne veulent pas se limiter à un rôle de prescripteur de la formation professionnelle, mais souhaitent aussi piloter le parcours des demandeurs d’emploi en travaillant sur la chaîne d’accompagnement. "Il faut articuler les pactes avec les dispositifs emploi", souhaite Régions de France.  

Autre "points de frottement" avec l’État, le rôle des prescripteurs de la formation des demandeurs d’emploi qui mériterait d’être clairement identifié et partagé entre l’État et les régions pour "éviter la logique de concurrence entre les dispositifs" et avoir un co-pilotage État/région. Le risque étant que chacun se focalise sur une action du plan de relance (la prescription de contrat aidé pour Pôle emploi, la garantie jeune pour les missions locales) au détriment des formations.

Régions de France suggère d’organiser une "conférence des financeurs" afin d’avoir une vision globale des moyens de chacun, de ses priorités et de savoir comment cela peut s’articuler au niveau régional, en vue d’adopter une logique de co-financement.

Adapter le nombre de places de formations aux territoires 

Enfin, troisième difficulté pointée par Régions de France, la capacité à adapter la montée en charge des formations, les capacités d’accueil étant limitée même si les organismes s’organisent pour proposer des formations à distance. Le plan de relance prévoit de créer 100.000 formations supplémentaires en 2021/2022 en plus des objectifs fixés dans le cadre des pactes régionaux. Il va falloir par exemple ouvrir 16.000 places dans les secteurs sanitaire et social pour former davantage d’infirmiers, d’aides-soignants ou d’accompagnants à domicile. Les régions finançant ce type de formation souhaitent les intégrer aux pactes et surtout mettre en adéquation le nombre de places avec les besoins et les capacités sur les territoires. "C’est aussi un sujet immobilier dans le sens où il faut disposer des infrastructures adaptées pour accueillir les jeunes en formation", alerte Régions de France qui plaide au final pour avoir beaucoup de souplesse. Les départements pourraient aussi jouer un rôle au travers des services publics de l’insertion sachant que seulement 20% des bénéficiaires du RSA seraient dirigées vers des formations.

D’ici à mi/fin octobre, les régions doivent présenter leurs priorités et formuler des propositions. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, doit de son côté, rencontrer les présidents de région pour évoquer les questions de l’emploi et de la formation. Une première, ces sujets étant jusqu’à présent traités par Bruno Le Maire.

Pilotage de la formation professionnelle par les régions : les expérimentations au point mort

À l’exception de la région Auvergne-Rhône-Alpes, rien ne serait engagé dans les sept autres régions sélectionnées en janvier 2020 pour expérimenter le pilotage régional de l’action de Pôle emploi en matière de formation des chômeurs, selon Régions de France, soulignant que "cela n’empêche pas d’avancer sur d’autres sujets".  

 

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