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Friches polluées : l'Ademe lance un nouvel outil pour quantifier les bénéfices de la reconversion

Lors des Journées techniques "Reconvertir les friches polluées" organisées les 10 et 11 septembre, l'Ademe a présenté "Benefriche", un nouvel outil destiné aux acteurs de l'aménagement et de la reconversion des friches pour leur permettre de quantifier les bénéfices nets socio-économiques et environnementaux de reconversion des friches. Par ailleurs, dans le cadre de son 10e appel à projets pour dépolluer des friches en vue de leur reconversion, l'Agence a retenu six opérations s'inscrivant dans le cadre d'une action de renouvellement urbain.

Eclairer les choix des acteurs de l’aménagement et de la reconversion des friches (collectivités, aménageurs, promoteurs, acteurs des énergies renouvelables, etc.) et aider à la concrétisation de projets : c'est l'objectif affiché par l'Ademe à travers "Benefriche" . Présenté lors des Journées techniques "Reconvertir les friches polluées" qu'elle a organisées les 10 et 11 septembre en version digitalisée, ce nouvel outil d'aide à la décision entend "quantifier les bénéfices nets socio-économiques et environnementaux" (amélioration du cadre de vie, baisse des besoins en voirie et réseaux, augmentation de la valeur immobilière des logements autour de la friche, apport de la nature en ville, réduction de l’empreinte carbone…) "pour aider les collectivités à orienter leurs choix d'aménagement entre le renouvellement urbain et l'extension urbaine (friche vs. terres agricoles), voire entre différents scénarios d'usage sur une même friche (logements vs. parc paysager)", explique l'Ademe.

Outil testé sur 4 sites

Utilisable "sans besoin de compétence particulière", insiste l'Agence, "Benefriche" requiert un nombre limité de données – les différentes surfaces affectées à chacune des fonctions du projet (logements, commerces, espaces verts et naturels, etc.), les caractéristiques de la collectivité (démographie, densité, marché immobilier, etc.) ou, idéalement, celles du quartier sur lequel les effets de la reconversion sont attendus. "Il est également essentiel de bien définir l'option de référence, qui correspond à la situation la plus probable en l'absence de réalisation du projet", soulignent ses promoteurs. "Benefriche" a été testé sur quatre sites – la centrale PV Wendel à Forbach (57), la ZAC Océane-Acacias de Trignac (44), la renaturation de l'ex-friche Kodak à Sevran (93) et l'éco-quartier Les Akènes à Lormont (33). "Pour ces 4 cas, rapporte l'Ademe, l'utilisation de l'outil a permis de déterminer que la reconversion de friches génère des bénéfices  nets socio-économiques qui compensent l'éventuel déficit économique de l'opération, ce dernier étant principalement lié à la nécessaire remise en état du foncier (déconstruction, désamiantage, dépollution). Pour les projets de renouvellement urbain, ces bénéfices représentent pour une large part sur le moyen/long terme un impact économique réel en termes de réduction de dépenses futures."
Un appel à candidatures sera lancé fin 2020 pour "accompagner un panel de dix à vingt collectivités, aménageurs ou autres porteurs de projets de reconversions" souhaitant tester l’utilisation de cet outil et faciliter le retour d’expériences et son amélioration.

Appel à projets pour dépolluer des friches : 6 lauréats retenus pour la 10e édition

Par ailleurs, l'Ademe a dévoilé ce 10 septembre les 6 lauréats de la  10e édition de son appel à projets pour dépolluer des friches en vue de leur reconversion. Ces projets ont été sélectionnés par l’Agence, suite aux avis d’un comité externe regroupant des représentants du ministère de la Transition écologique, du ministère de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, des établissements publics fonciers (EPF Lorraine, EPFL Dauphiné), des professionnels du traitement de sols via l’UPDS (Union des Professionnels de la Dépollution des Sols) et du LIFTI (Laboratoire d'initiatives Foncières et Territoriales Innovantes).
Les 6 projets retenus concernent des collectivités de taille variée et des superficies allant de 0,3 à 4 ha*. Ils représentent un budget total de près de 11 millions d'euros de travaux de dépollution éligibles et une aide totale de l’Ademe de 3,3 millions d'euros.
Ces projets visent une diversité d’usages, par exemple répondre à un besoin de logements, recréer une centralité en cœur de ville ou encore créer un parc urbain destiné à apporter de la nature en ville et créer un îlot de fraîcheur, note l'Agence qui apporte à ces lauréats un soutien financier aux travaux de dépollution nécessaires à la mise en compatibilité du site avec l’usage prévu, dans le cadre d’"opérations exemplaires de reconversion de friches polluées". Cette exemplarité a été évaluée à l’aune de 3 critères, souligne-t-elle : dépollution -  les terres polluées sont traitées au maximum en place ou sur site, dans un objectif de parfaite maîtrise des sources de pollution ainsi que de leurs éventuels impacts sanitaires et environnementaux, sur le site et à proximité ; conception intégrée - le projet doit être conçu en tenant compte des contraintes de pollution (et des mesures de gestion de cette pollution) et en intégrant d’autres enjeux environnementaux (économie circulaire, adaptation au changement climatique…) ou sociétaux (concertation, gouvernance…) ; cohérence territoriale - insertion territoriale, cohérence avec les documents de planification dont le Plan local d’urbanisme (de la commune ou intercommunal). Le caractère incitatif d’une aide publique pour la réalisation de l’opération a également été évalué, sur la base d’une analyse financière du projet.
Sur les 300 millions d'euros du fonds Friches créé dans le cadre du plan de relance, l'Ademe aura à gérer 40 millions d'euros, en partenariat avec les ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, afin de renforcer son appel à projets annuel qui sera lancé dans les prochaines semaines.

*Villes de Gilly-Sur-Isère (Savoie), Anet (Eure-et-Loir), Charleville-Mézières (Ardennes), Pantin (Seine-Saint-Denis) et Surgères (Charente-Maritime), EPA Euroméditerranée (Bouches-du-Rhône). "Dans le cadre du partenariat noué avec le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, d’autres opérations pourraient être retenues par le conseil régional à l’issue de sa commission permanente d’octobre 2020", a aussi précisé l’Ademe.

 

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