Garde d'enfants en horaires atypiques : la solution "à domicile" testée et développée

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Gironde

A Bègles, le CCAS s’est appuyé sur le personnel du service d’aide à domicile pour expérimenter la garde des enfants pour des familles ayant des horaires atypiques. Face au succès du dispositif, la ville élargit le service en 2014 en diversifiant les solutions.

Commune de 30.000 habitants de la communauté urbaine de Bordeaux, Bègles connaît un fort développement urbain. La question des familles à horaires atypiques y est ancienne. Constatant que de nombreuses familles sont confrontées au temps partiel et à la flexibilité du travail, les élus ont cherché à imaginer des solutions de garde d’enfants adaptées aux horaires atypiques. "Une problématique très prégnante dans les familles monoparentales", explique Alain Perez, adjoint au maire chargée de l’action sociale. Fin 2011, lorsque la CAF lance un appel à projets sur la question, Bègles est sur les rangs.

La meilleure solution pour les horaires atypiques : l’accueil à domicile

"Les crèches aux horaires atypiques ou celles ouvertes 24h sur 24 ne sont pas adaptées à une ville de la taille de Bègles, poursuit l’élu. Le coût d’une telle amplitude d’ouverture est trop important. De plus, les élus étaient convaincus que l’accueil à domicile était la solution pour ceux qui travaillent très tôt ou très tard. Il fallait aussi répondre à des besoins ponctuels, par exemple en cas de travail intérimaire, situations pour lesquelles il est très difficile de trouver des personnes." Lors de l’appel à projets de la CAF, le service d’aide à domicile (SAD) du CCAS et le service petite enfance ont travaillé conjointement. Or le SAD qui intervient à domicile auprès des personnes âgées dispose d’une organisation qui a fait ses preuves, avec ses 48 agents, une personne en charge de la comptabilité et de la gestion des plannings. Il était techniquement possible d’intervenir chez les personnes âgées entre 9 et 17 heures, et chez les familles entre 6 h et 8 h 30 ou après 17 heures. D’où l’idée de proposer au personnel en charge des personnes âgées d’intervenir en complément pour assurer des gardes d’enfants.

Accompagnement du personnel volontaire du SAD

"En proposant d’augmenter l’amplitude horaire, nous craignions de nous heurter à quelques réticences du personnel, se souvient Guillaume Mangane, le responsable du service petite enfance. A notre grande surprise, 18 personnes se sont portées volontaires. Malgré les contraintes de travail, ces personnes y voient une véritable bouffée d’oxygène, car leurs missions se diversifient avec des publics nouveaux et plus valorisants symboliquement." Il a fallu fournir à ce personnel une formation à la petite enfance. L’animatrice en charge du relais d’assistantes maternelles (RAM) a construit un programme d’une journée qui se déroule en crèche, et a créé avec la responsable du SAD un protocole d’accueil dans les familles, expliquant notamment le comportement à adopter en cas d’accident.

Montée en charge prudente

C’est également l’animatrice du RAM qui a repéré les familles susceptibles d’être intéressées. Au départ, la ville n’a pas fait de publicité autour du dispositif, car la CAF avait limité le volume horaire financé dans le cadre de l’expérimentation. Dès lors, la montée en charge a été relativement lente: lancé en novembre 2011, le projet a vu la première intervention en janvier 2012 et atteint son rythme de croisière en septembre 2012. Le bilan fin 2013 fait état de 14 enfants âgés de 11 mois à 9 ans gardés à domicile par les personnels du SAD.

Succès du dispositif et résultats positifs sur l’emploi

Le service a démontré qu’il levait des obstacles à l’emploi : en permettant par exemple à une mère seule, chargée de la mise en rayon en grande surface, de faire garder ses trois enfants entre 6 heures du matin et l’ouverture de la crèche et de l’école. Dans une autre famille, la mère travaille à l’hôpital, et le père intérimaire peut désormais accepter des chantiers de courte durée. "Même sans publicité, le service a connu un grand succès et la demande est telle qu’il faut l’élargir", estime l’adjoint au maire. Depuis le mois de janvier 2014, le dispositif existant avec le SAD est pérennisé auprès d’une quinzaine de familles.

Pour aller plus loin : diversifier les solutions

Reste qu’il faut désormais faire face à une demande croissante des familles concernées par ce nouveau service de garde d’enfants à domicile. Le développement de l’offre ne pouvait pas se fonder uniquement sur la prise en charge par le SAD. Notamment il faut permettre aux familles d’avoir le choix entre plusieurs solutions. C’est pourquoi afin de trouver des intervenants de qualité, le CCAS a passé un accord avec l’institut régional du travail social Aquitaine (Irtsa), qui forme les travailleurs sociaux de demain. Pour cela, la ville a décidé d’acquérir des chèques emploi service universel (Cesu). Ils sont remis gratuitement par le CCAS aux familles sur critères sociaux pour les aider à payer leur frais de garde aux étudiants de l’Irtsa. Avec un intérêt réciproque : pour les étudiants, c’est une ouverture pour trouver un job salarié en lien avec leur futur métier ; pour la ville, c’est une opportunité pour repérer des talents et simplifier le recrutement de ce type de professionnels, très demandés sur le marché.

Cécile Perrin pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Commune de Bègles

Nombre d'habitants :

28000

77, rue Calixte-Camelle
33130 Bègles
contact@mairie-begles.fr

Alain Perez

Adjoint chargé de l'action sociale

Guillaume Mangane

Responsable du service Petite Enfance

Joséphine Fernandez

Cadre pédagogique à l'IRTS Aquitaine
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