Groupement d'employeurs et service de remplacement pour agriculteurs (07)

Publié le
dans

Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Ardèche

Parmi les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs, les besoins d’aide en main d’œuvre lors des fortes périodes d’activités ou de remplacement ne sont pas les moindres. Pour y remédier, un groupement d’employeurs et un service de remplacement ont été créés en 2010. Gérés par les agriculteurs, ces deux services ont été initiés par la communauté de communes de Berg et Coiron en Ardèche méridionale et la chambre d’agriculture.

Créée en 2004, la communauté de communes de Berg et Coiron (14 communes, 9.085 habitants) s’est d’emblée attachée à définir la place de l’agriculture et de ses besoins sur le territoire. Une liste d’actions à mettre en œuvre a été établie, dans laquelle figurait la création d’un groupement d’employeurs et d’un service de remplacement. Ces projets sont lancés par la communauté avec deux principaux objectifs. "Il s’agit d’une part de fournir un service qui améliore les conditions de travail des agriculteurs en leur permettant par exemple de partir en vacances ou d’exercer des responsabilités syndicales ou politiques", indiquent Jean-Paul Roux, président de la communauté de communes, et Emmanuel Fitte, chargé de missions Agriculture. "D’autre part, de faciliter l’embauche de personnel, si possible des jeunes qui auraient vocation à s’installer sur le territoire, pour perpétuer l’activité agricole", complète Jean-François Crozier, vice-président chargé de l’agriculture.

Agriculteurs et chambre d’agriculture impliqués dans les projets

Le projet de création d’un groupement d’employeurs et d’un service de remplacement démarre en 2008 sous l’impulsion de la communauté et avec l’expertise de la chambre d’agriculture. Ensemble, elles engagent le dialogue avec les exploitants agricoles du territoire et leur adressent un questionnaire pour identifier les services dont ils ont besoin. Ensuite, plusieurs réunions sont organisées afin d’expliquer aux agriculteurs les statuts des deux futures associations qui seront chargées de mettre en œuvre les services, leur fonctionnement et une évaluation des participations financières que devront verser les agriculteurs employeurs."

Un bureau commun pour faire fonctionner les deux associations

A l’été 2010, les deux associations sont en place. L’une représente le groupement d’employeurs et se charge des compléments de main d’œuvre nécessaire lorsqu’un agriculteur fait face à un supplément d’activité, tandis que l’autre assure l’organisation et la gestion du service de remplacement sur une exploitation quand l’exploitant prend des congés ou doit s’absenter. Le fonctionnement des deux associations est pris en charge par un bureau commun qui assure toute la partie administrative : traitement des demandes des agriculteurs, gestion des plannings qui changent sans cesse, recrutement des salariés, production des fiches de paie, enregistrement des règlements des employeurs… Comme dans toute association, ces missions sont assurées par le président, le trésorier et le secrétaire épaulés par une salariée à temps partiel pour mener à bien les tâches administratives. Les subventions versées à ces deux associations permettent de diminuer la participation finale des agriculteurs. Ainsi, la communauté de communes soutient les deux services à hauteur de 2.500 euros chacun. Des aides à la création de poste versées par la région Rhône-Alpes, cumulées aux réductions de charges accordées par l’Etat et au soutien spécifique du conseil général sur les remplacements, permettent aux agriculteurs de bénéficier d’un tarif limité lors de l’intervention sur leur exploitation des salariés des deux associations.

Premiers enseignements

"Nous avons sous-évalué l’investissement en temps et en énergie nécessaire pour faire fonctionner ce projet", reconnaît le vice-président chargé de l’agriculture, agriculteur lui-même devenu président du groupement d’employeurs et du service de remplacement. Le temps de travail de la secrétaire, embauchée pour 4 heures par semaine, est déjà passé à 8 heures. Au-delà, les difficultés rencontrées sont de trois ordres. D’abord la difficulté d’embaucher des personnes compétentes. Notamment pour l’élevage. "Nous espérions trouver des salariés en attente de monter leur propre exploitation qui se seraient installés ici, indique l’élu. La qualité et la compétence des salariés sont le moteur du service. Même si la viticulture, autre grande activité agricole du territoire, pose moins de difficultés en termes de recrutement. Ensuite, le principe du remplacement ne va pas forcément de soi : l’acceptation par des employeurs, habitués à travailler le plus souvent seuls, de salariés qui n’ont pas les mêmes habitudes professionnelles. Enfin, il faut se mettre en conformité avec des réglementations assez complexes qui, à force de surprotéger pour éviter les risques, en deviennent ubuesques."

Les services ont prouvé leur utilité

Deux ans après le lancement, et en dépit de ces difficultés les services fonctionnent et prouvent leur utilité. Trois salariés embauchés en 2011 ont produit un total de 380 jours de travail. Ce chiffre va augmenter en 2012, notamment pour des remplacements de congé maternité. Sur les 20 agriculteurs qui ont adhéré dès le départ aux services des associations, seuls deux n’ont pas renouvelé leur adhésion pour des raisons personnelles, tandis que deux autres ont adhéré en 2102. "Nous avons eu aussi une bonne surprise, constatent les membres du bureau des deux associations : le service a été utile au remplacement de femmes en congés maternité, nous n’y avions pas pensé quand nous avons lancé le projet."

Victor Rainaldi pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Communauté de communes Berg & Coiron

Nombre d'habitants :

9085

Nombre de communes :

14
Hôtel Malmazet BP 37
07170 Villeneuve de Berg

Jean-François Crozier

Vice-président chargé de l'agriculture

Emmanuel Fitte

Chargé de mission Agriculture
Haut de page