Insertion réussie dans la restauration des bateaux, à Royan

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Charente-Maritime

En confiant à un chantier d'insertion la restauration de trois ketchs (voiliers à deux mâts) destinés à la découverte du littoral charentais, la communauté d'agglomération Royan Atlantique soutient l'idée que l'insertion sociale et professionnelle peut parfaitement s'inscrire dans le développement local, s'en nourrir et l'alimenter.

Jean-Pierre Tallieu, président de la communauté d'agglomération Royan Atlantique (Cara), ne tarit pas éloges sur le travail réalisé par le chantier d'insertion "Restauration de bateaux" qui vient de remettre à la collectivité la première coque prête à voguer sur les rives de la Seudre et le littoral atlantique. Les porteurs du projet en rougiraient presque. "Nous avons certainement l'avantage d'avoir bénéficié du temps qu'une entreprise n'aurait pas eu pour mener à bien cette restauration", glisse le directeur de l'association Initiative Emploi en pays royannais (IEPR), François Charrier.
Le projet de la collectivité était de restaurer trois coques de bateaux que l'agglomération a achetées auprès d'un ferrailleur bordelais. Ces trois bateaux rejoindront les deux premiers acquis par la commune de La Tremblade et mis à disposition de la base nautique de la presqu'île d'Arvert. Chaque ketch peut embarquer douze passagers avec un skipper. Une navigation de plaisance et touristique confortable (car le ketch a le mérite d'être très stable) et plus respectueuse de l'environnement qu'un bateau de croisière à moteur...

 

Un choix politique : l'article 30 du Code des marchés publics

La Cara a choisi de confier ce chantier à l'association dans le cadre de sa compétence "politique de la ville". La Cara et IEPR ont conclu un marché de deux ans, sur la base de l'article 30 du Code des marchés publics (possibilité pour la collectivité de passer des marchés de services de qualification et d'insertion professionnelle suivant une procédure allégée). Ce qui offre une garantie appréciable à l'association.
"Ce travail confié par l'agglomération est enrichissant à plus d'un titre, car il nous a donné l'occasion de créer un atelier d'insertion supplémentaire, innovant. Il nous permet de conforter notre travail social et de fournir un travail utile au territoire du pays royannais", estime Vincent Barraud, président d'IEPR mais également maire d'Etaules, l'une des trente et une communes de l'agglomération. Cette proximité entre le territoire, au travers de ses élus, et l'association a certainement été propice à la confiance accordée.

 

Une acquisition progressive des savoirs

Le chantier d'insertion est un outil connu des politiques d'insertion, mais il pâtit d'une image de marque souvent écornée. On a vu beaucoup de chantiers d'insertion spécialisés et limités à l'entretien des espaces verts ou du petit patrimoine dont la portée bénéficiait davantage à la collectivité (service rendu à moindre coût) qu'aux personnes en insertion.
Ce chantier de restauration de bateaux montre que l'insertion peut parier sur l'excellence ! Le pari était audacieux car le travail requiert une certaine technicité, tandis que la matière première - les trois coques - ne peut laisser place à l'erreur. "Nous travaillons sur une production grandeur nature. Nous avons pris le temps et organisé le chantier de telle façon que les agents s'approprient réellement les gestes, les techniques, les matériaux avant de passer à l'étape suivante", explique Jean-Michel Morrisseau, responsable de production qui a supervisé le chantier, mené par un encadrant technique, Emmanuel Lopez. Sorties en mer, visites de constructeurs (chantier de l'Hermione à Rochefort) et de fabricants de matériaux (salon du Grand Pavois à La Rochelle, salon du nautisme à Paris), auront été des étapes instructives et nécessaires pour cela, illustrant bien le concept de chantier école.

 

Quel avenir professionnel pour les personnes en insertion ?

Les salariés en parcours d'insertion ont travaillé sur plan, à partir de fiches techniques et de démonstrations pour apprendre les différentes techniques de restauration (travail du bois, de l'enduit, de la stratification et de la peinture) ainsi que la pose des pièces de ferronnerie, de l'accastillage et des gréements. Lancé en juillet 2007, ce chantier a franchi une première étape en juillet 2008 lors de la mise à la mer du premier ketch restauré.
Huit postes d'insertion ont été créés pour ce chantier (1). "On avait prévu large pour faire en sorte que certaines personnes puissent suivre des formations longues avec l'Afpa sans que cela ne bloque la production. De cinq à huit personnes en difficulté (chômeur longue durée, allocataire du RMI...) y ont travaillé. A l'instar d'Amos, sans emploi et au RMI depuis plusieurs années qui, en octobre, poursuivra son parcours d'insertion par une formation à la peinture dans le nautisme ou encore Samia, demandeuse d'emploi longue durée et nouvellement arrivée dans la région, qui, après une évaluation en milieu de travail dans une entreprise qui construit des chalets en bois et deux tests sur la plateforme vocationnelle de La Rochelle, a trouvé un emploi de poseur d'ossature bois dans une entreprise. Aucune de ces personnes n'avait d'expérience dans la construction des bateaux. "Le propre d'un chantier d'insertion est que l'activité en elle-même n'est pas une fin en soi mais un support pour accompagner des personnes vers un retour à l'emploi durable", reprend François Charrier.
Les porteurs du projet n'ont pas la candeur de croire que les bénéficiaires de ce chantier trouveront tous un débouché dans la filière nautique. Car il faut pour cela être mobile et remonter vers La Rochelle ou mieux encore aux Herbiers en Vendée "Mais il y a des perspectives intéressantes et plus locales telles qu'agent de maintenance de marine de plaisance dans les entreprises du pays royannais qui assurent la vente, l'entretien et le gardiennage de bateaux. Ils ont de même acquis des compétences transférables à d'autres activités comme l'hôtellerie de plein-air pour l'entretien de mobile-home", affirme François Charrier. 

 

Emmanuelle Stroesser, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

 

(1) Les salariés sont recrutés sur des emplois aidés (contrat d'accompagnement dans l'emploi ou contrat d'avenir). Des contrats en général de six mois, renouvelés dans la limite de deux ans.

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05 46 05 60 34
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Nombre de communes : 34
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contact

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Rue Louis-Blériot
17200 Saint-Sulpice-de-Royan
05 46 22 18 00
initiative.emploi@pays-royannais.com

François Charrier

Directeur d'IEPR
f.charrier@pays-royannais.com
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