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Itinéraires cyclables et voies d’eau : un tandem qui coule de source

Après plus de trois ans d'un fructueux partenariat, il était temps pour Voies Navigables de France d'adhérer officiellement le 30 janvier au réseau de collectivités Vélo & Territoires. C'est le premier gestionnaire d'infrastructure à faire son entrée dans ce réseau de collectivités fort d'une centaine d'adhérents. Aménagement d'itinéraires cyclables sur le foncier de l'établissement, destins croisés entre tourisme fluvial et tourisme à vélo, ou entre la logistique fluviale et celle du dernier kilomètre, les enjeux partagés sont nombreux et méritaient un éclairage.

Le 30 janvier, Voies Navigables de France (VNF) a adhéré au réseau Vélo & Territoires (V&T). A l'issue de cette signature Chrystelle Beurrier, présidente de cette association pilotée par huit salariés et des élus - son conseil d’administration en compte une vingtaine et elle-même est vice-présidente du département de la Haute-Savoie - a expliqué à Localtis que VNF est "le premier adhérent au réseau qui ne soit pas une collectivité". Et donc le premier à prendre place au sein du collège des partenaires de cette association visiblement en bonne forme et qui tiendra ses prochaines rencontres annuelles à Amiens en octobre prochain. 

Le vélo, pilier du tourisme fluvestre

Entre canaux et vélo, les liens ne sont pas nouveaux. Ils gagnent en importance dans la logique d'écotourisme itinérant dite "fluvestre" - une contraction des mots fluvial et terrestre. Cette logique en vogue conjugue notamment tourisme fluvial et tourisme à vélo. Des départements, citons la Gironde, intègrent ainsi mieux qu'avant la dimension cyclable dans leur stratégie fluviale. Entre VNF et V&T, dès les prémices du partenariat amorcé fin 2016, il fut question d'améliorer tant l'infrastructure (la délicate question des revêtements adaptés aux véloroutes) que les services, la promotion (marketing croisé bateliers-loueurs vélo), la labellisation (label Accueil vélo testé dans des sites de plaisance), le partage d'informations (cartes et atlas, données issues des systèmes d'information géographique ou SIG), etc. 
L'objectif, clair et concret, est de mieux marier les itinéraires cyclables et les chemins de halage situés le long des fleuves et canaux. Pour y autoriser le passage des cyclistes, VNF multiplie déjà avec les départements des conventions de superposition de gestion. Tout en s'impliquant dans le développement de voies vertes. Thierry Guimbaud, directeur général de l'établissement, estime que "VNF a permis depuis 2017 d’aménager 150 km d’itinéraires cyclables à proximité de voies d’eau". Dans 90% des cas, le réseau VNF se situe à moins de 5 km d’une véloroute inscrite au schéma national des véloroutes. Dans des régions comme la Bretagne (630 km de voies d’eau), les efforts paient : la fréquentation cycliste des chemins de halage ne cesse de grimper. Ailleurs, à Toulouse ou à Capavenir Vosges, dans le Grand Est, d'autres efforts débouchent avec l'appui des collectivités concernées sur des reconversions d'anciennes maisons éclusières en points ou maisons du vélo. Des complémentarités entre deux outils - le contrat de canal côté fleuve (par exemple, celui des Ardennes) et le comité d’itinéraire côté vélo (dans ce cas, la Meuse à vélo) - restent aussi à creuser. VNF commence d'ailleurs à s'aventurer sur cette voie, plus courante chez notre voisin des Pays-Bas, en devenant membre du comité d’itinéraire de la véloroute Moselle-Saône à vélo. Cette V50 reliera en 700 km la frontière du Luxembourg à Lyon et sera inaugurée au cours de l'année.

Un schéma national des véloroutes au printemps

Autant de sujets qui s'invitent au menu des rencontres nationales du tourisme fluvial dont la prochaine édition se tiendra les 5 et 6 février, à Auxerre. Pour VNF, V&T mettra également à profit sa plateforme nationale des fréquentations en partageant des données. Les deux souhaitent aussi "développer des indicateurs de suivi fiables et consolidés de la fréquentation fluvestre nationale et de ses retombées économiques". Et, plus globalement, coordonner leurs actions "pour faciliter l’émergence de projets intégrant à la fois la thématique fluviale et cyclable". Etant donné l'intérêt croissant des intercommunalités pour la petite reine, "nous jetterons aussi des ponts entre la logistique fluviale et celle du dernier kilomètre qui peut être effectuée en vélo-cargo", ajoute Chrystelle Beurrier. Quant au schéma national des véloroutes à l'horizon 2030, il est en voie d'achèvement. Il manque les données de la Nouvelle-Aquitaine, une région qui pèse lourd en matière d'itinéraires. "La délibération régionale est attendue fin mars. Une fois prise, ce schéma national sera finalisé et publié en avril", conclut-elle.

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