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Jean-Noël Escudié / P2C

Tourisme - La Chine pourrait dépasser la France comme première destination touristique mondiale en 2030

Tourisme, culture, loisirs

Développement économique

Europe et international

Selon le cabinet Euromonitor International, la Chine devrait passer devant la France, à l'horizon 2030, comme première destination touristique mondiale. A moins peut-être que ne soit assouplie la politique des visas à l'égard des touristes… chinois.

Euromonitor International, cabinet spécialisé dans les études de marché, publie une nouvelle édition de son "Megatrends Shaping the Future of Travel" ("Les grandes tendances qui façonnent l'avenir du voyage"). De façon globale, l'étude reste résolument optimiste sur l'évolution du tourisme en Europe : "Malgré la tourmente économique et politique, la crise des migrants et les attaques terroristes au cours des dernières années, l'économie du tourisme va continuer d'enregistrer une croissance forte".

Une tendance de fond, mais à quelle échéance ?

Mais d'autres territoires connaissent une expansion encore plus rapide, à commencer par l'Asie. Le rapport estime ainsi que "la région continue de réaliser de bonnes performances en matière de voyages domestiques et extérieurs, soutenue par des économies en forte croissance et par une classe moyenne en expansion, cherchant à dépenser son revenu disponible croissant pour les voyages". A l'horizon 2030, la Chine devrait notamment dépasser les Etats-Unis et l'Allemagne, comme première source de voyageurs internationaux, avec plus de 250 millions de touristes sortants (la France se situant, en 2018 comme en 2030, au cinquième rang, derrière le Royaume-Uni).
Mais surtout, selon Euromonitor, la Chine devrait passer devant la France, à l'horizon 2030, comme première destination touristique mondiale. En effet, "le tourisme est un pilier essentiel de l'économie chinoise et de nombreux investissements ont été consentis pour améliorer l'infrastructure et les normes, en plus de politiques et d'initiatives favorables au tourisme". La Chine envisage, par exemple, de doubler le nombre de ses aéroports d'ici à 2035.

Si l'arrivée de la Chine sur la première marche du podium des destinations touristiques mondiales à l'horizon 2030 est une hypothèse hautement réaliste, il convient toutefois de rester prudent. On se rappellera en effet qu'en 2010, le secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoyait que la Chine pourrait ravir à la France sa place de première destination touristique mondiale dès 2015, ou au plus tard en 2020... (voir notre article ci-dessous du 8 avril 2010). Les impondérables pesant sur les prévisions de fréquentation touristique sont en effet nombreux, comme on a pu le voir avec l'impact des attentats de 2015 et 2016 ou celui, à venir, de la crise des gilets jaunes et de ses conséquences dommageables sur l'image de la destination France.

12,5 milliards de recettes et 120.000 emplois supplémentaires

Les politiques en faveur du tourisme peuvent également jouer un rôle clé dans l'orientation des flux touristiques et des modes de consommation. Ainsi, en même temps que celle d'Euromonitor International, l'European Travel Commission (ETC, créée en 1948) publie une étude montrant qu'une libéralisation des visas pour les touristes chinois aurait un impact important et positif sur la contribution de ces derniers aux recettes touristiques européennes. L'ETC rappelle en effet que "les régimes de visas européens sont parmi les plus restrictifs du monde, selon l'Organisation mondiale du tourisme qui estime que 74% de la population mondiale avait besoin d'un visa pour se rendre en Europe en 2015".

Selon l'ETC, "un assouplissement ciblé de la politique des visas à l'égard de la Chine pourrait être bénéfique". Les arrivées chinoises au sein de l'Union européenne (27 pays sans le Royaume-Uni) pourraient en effet augmenter alors de 7% à 18% par an entre 2018 et 2023. Cet afflux engendrerait 12,5 milliards d’euros de dépenses supplémentaires et créerait 120.000 emplois dans les industries du tourisme et du voyage au sein de l'UE. Pour Robert Andrzejczyk, vice-président de l'ETC, "la libéralisation des régimes de visa européens vis-à-vis des touristes chinois est essentielle pour permettre au continent de maximiser sa part dans les retombées de la croissance du marché des voyages chinois au cours de la prochaine décennie".

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