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La continuité de l’administration numérique au menu du plan de relance 

Le plan de relance consacre un 1,7 milliard à "la transformation numérique de l'état et des territoires". Une rubrique fourre-tout qui cible la transformation numérique des administrations mais aussi de l'éducation et de la santé. Avec notamment pour ambition de tirer toutes les conséquences du confinement en améliorant les conditions de télétravail des agents.

Le plan de relance dévoilé jeudi 3 septembre 2020 comporte un volet mise à niveau numérique de l'Etat, des territoires et des entreprises dont 1,7 milliard d'euros fléchés vers le secteur public. Une somme que devront se partager les administrations centrales, les collectivités mais aussi le secteur de la santé, de l'éducation et de la cybersécurité.
Les collectivités devraient bénéficier essentiellement "du fonds de transformation numérique de l'Etat et des territoires" auquel a été affecté une enveloppe de 292 millions d'euros. Les aides devraient prendre la forme d'appels à projets pour l'essentiel, le montant dont bénéficieront effectivement les territoires étant par conséquent bien difficile à évaluer. Dans une moindre mesure ces derniers devraient être impactés par les mesures en faveur de la continuité pédagogique dans l’éducation (131 millions d’euros), de la cybersécurité (136 millions d’euros) et de l'Identité numérique (72 millions d’euros).

Tirer les leçons de la pandémie

Parmi les priorités de transformation affirmées par le gouvernement, on notera plus particulièrement "l'adaptation des administrations au télétravail". Car si l'apport du numérique dans la continuité des services publics en période de pandémie n'est plus à démontrer, force est de constater que les administrations n'étaient pas préparées au confinement. De la saturation de nombreux sites internet publics (ENT, téléservices…) à l'impossibilité pratique de certains agents à télétravailler faute d'outillage adéquat (accès distant aux fichiers, plateformes collaboratives…) en passant par la dépendance française aux grandes firmes américaines, le confinement a pointé là où ça fait mal. Une mise à jour du programme tech.gouv, dédié à la transformation numérique des services publics, publiée par la Dinum quelques jours avant le plan de relance, fournit un éclairage sur les projets dans les cartons de l'Etat .

Offre logicielle adaptée aux administrations

La Dinum a en effet été amenée à revoir les priorités de tech.gouv avec la crise en mettant l'accent sur l'amélioration des conditions de télétravail des agents. Pour outiller les administrations, elle va ainsi muscler son programme "Label". Celui-ci va répertorier tous les logiciels et services numériques adaptés aux besoins du secteur public respectant des principes tels que la protection des données personnelles, la réversibilité (changement de solution) ou l'accessibilité. Ce catalogue, qui intègre des solutions libres ou propriétaires, créées par des administrations, des collectivités ou des acteurs privés était en cours de mise en place début juillet. Ce n'est cependant pas la première fois que l'Etat fait un catalogue de logiciels – il existe déjà un "socle logiciels libres" – et l'objectif semble désormais de s'assurer qu'ils soient largement utilisés, côté ministères comme collectivités, et surtout mutualisés pour en limiter les coûts. Et au-delà du répertoire de l'existant, il s'agit aussi d'influer sur l'offre  des éditeurs tricolore. C'est la mission d'un nouveau "Lab gov tech", dédié à l'émergence de solutions sur mesure pour le secteur public dans le domaine de la data, de l'intelligence artificielle ou du travail collaboratif. Autant de sujets où il y a matière à des appels à projets.

Un sac à dos numérique pour les agents

Autre projet entrant dans la stratégie d'amélioration des conditions d'exercice du télétravail, "le sac à dos numérique de l’agent public". Le programme "Snap" vise à faciliter et à sécuriser le télétravail numérique des agents (de l'Etat). En clair il s'agit pour la Dinum de déminer un sujet particulièrement sensible dans les DSI des grandes administrations : l'usage de terminaux personnels - le BYOD ou AVEC (pour apportez votre équipement de communication en bon français) - pour l'accès distant au système d'information public. Le projet Snap promet de faire des "propositions d’évolution potentiellement majeures avec des effets induits sur l’ensemble du système d'information de l’État". Avec à la clef des préconisations qui ne manqueront pas d'intéresser des collectivités confrontées au même dilemme sécurité versus facilité d'usage.