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La "tech for good" se mobilise face au Covid-19

Alors que les mesures de confinement se multiplient face au Covid-19, les entreprises du numérique se mobilisent pour mettre à disposition gratuitement leurs solutions de travail à distance. Un mouvement encouragé par le gouvernement.

Le 8 mars, Framasoft, association proposant divers logiciels libres utilisés dans la sphère publique, annonçait une multiplication par 8 des connexions à son service de visioconférence Framatalk. Un afflux qui a occasionné une dégradation de la qualité de service. Pour y faire face, l'association va migrer son service sur des serveurs plus puissants et incite les organisations à installer le logiciel libre Jitsi Meet sur leurs propres machines. Un épisode illustratif du boom que connaissent les solutions de télétravail - visioconférence, espaces collaboratifs, réseaux sociaux d'entreprises… – à l'heure ou administrations et entreprises cherchent à limiter la propagation du virus.

Mobilisation de la french tech

Pour accompagner ce mouvement – et récupérer au passage de potentiels clients – les entreprises de la tech ont multiplié ces derniers jours les offres gratuites. Plusieurs grandes entreprises américaines telles que Avaya, Cisco / Webex, LogMeIn ou Zoom, ont ainsi décidé de rendre leurs services de visioconférence gratuits sans limitation de temps ou de nombre de participants. Mais le gouvernement français entend faire en sorte que le regain d'intérêt pour les solutions collaboratives profite aussi aux start-ups tricolores. Mardi, le secrétaire d’État au numérique, Cédric O a profité d'une réunion consacrée aux mesures de soutien financier aux start-up pour inciter ces dernières à faire de même. "Nous souhaitons que les entreprises du numérique se mobilisent dans cette crise et qu'elles fassent en sorte de mettre leurs services à disposition soit de manière gratuite soit avec des tarifs réduits", a déclaré Cédric O sur BFM Business.

Plusieurs entreprises ont répondu à cet appel. Wimi, outil de gestion de projets qui travaille avec plusieurs ministères, s'est engagé à équiper "en moins d’une semaine jusqu’à 100.000 agents en confinement en cas de passage au niveau 3 de l’épidémie Covid-19". Klaxoon (gestion de réunions participatives) et Systancia (virtualisation d'application) proposent de leur côté trois mois d’essai gratuits pour l'usage de leur solution. Des durées qui pourraient être amenées à être révisées en fonction de l'évolution de la pandémie.

Téléconsultation et éducation en ligne

Le mouvement s'étend à d'autres secteurs, à commencer par la médecine de ville. Le leader francais Doctolib, qui a vu les téléconsultations augmenter de plus de 40% depuis le début de la pandémie, propose ainsi sa solution de téléconsultation gratuitement aux médecins (accompagnement compris) pour renforcer leur sécurité sanitaire tout en évitant aux patients de passer par des salles d'attentes bondées. Plusieurs plateformes concurrentes, comme Medadom ou Livi lui ont emboité le pas.

Dans le domaine de l'éducation, le Premier ministre a annoncé vendredi 13 mars le renforcement des moyens du Cned pour assurer la continuité du service éducatif. Les principaux éditeurs éducatifs réunis au sein de l'association des "éditeurs de l'éducation" se sont de leur côté engagés à permettre la consultation gratuite des manuels pour tous les élèves confinés. Cette mobilisation sans précédent concerne également les espaces numériques de travail mis en œuvre en partenariat avec les collectivités locales. Anticipant les décisions de confinement, dès le 11 mars, le syndicat Somme numérique avait pris les devants en annonçant permettre à l'ensemble de la communauté éducative du territoire de se doter d’un compte "Espace Numérique de Travail " y compris pour les écoles n'étant pas encore entrées dans le dispositif. Une initiative qui devrait être suivie par bien d'autres dans les jours à venir.

 

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