La micro-hydraulique a de l'avenir en Alsace

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Le conseil régional d’Alsace et EDF s’entendent sur une politique énergétique durable. Cela les conduit à croiser les impératifs économiques avec les deux autres piliers du développement durable que sont le social et l’environnement. La notion de rentabilité s’en trouve transformée et les micro-réalisations deviennent intéressantes. C’est particulièrement vrai dans le domaine de l’hydraulique.

La région Alsace produit beaucoup d’électricité hydraulique : rien que sur le Rhin, la puissance installée est de 1.400 MW, l’équivalent de 700 éoliennes. Cela pourrait la conduire à privilégier les infrastructures lourdes et à négliger les petits gisements. Il n’en est rien. En signant avec EDF, en novembre 2008, une  "convention de coopération pour le développement durable de l’Alsace", le conseil régional d’Alsace cherche un "mixe" équilibré entre rentabilité économique, sociale et écologique. Jean-Luc Sadorge, directeur de la direction de l’Agriculture, du Tourisme et de l’Environnement (Dafte) du conseil régional, le confirme : "On ne peut pas gagner des kilos watt au détriment de la biodiversité et de la vie des cours d’eau. Cela amène le conseil régional à financer, en lien avec l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), des études de remise en service d’anciennes turbines. Même si elles ne produisent pas beaucoup, elles ont leur intérêt à l’échelle d’un territoire donné. Nous raisonnons maintenant en termes de gestion écologique de proximité." Produire de l’énergie renouvelable au plus près des utilisateurs en combattant le gaspillage, voilà la culture commune que sont en train de forger la région Alsace et EDF.

Une convention pour renforcer le potentiel hydroélectrique en prenant en compte des solutions diffuses

En signant le 21 novembre 2008 une convention de coopération, le conseil régional d’Alsace et EDF se sont donné les moyens de faire bouger les lignes.  " Les calculs économiques peuvent et doivent évoluer, se convertir au durable ! ", explique Pierre-Yves Lochet, directeur du Plan Energie Alsace à EDF. "Il faut, ajoute-il, prendre en compte le fait que l’énergie hydraulique ne génère pas de gaz à effet de serre, qu’il s’agit d’une ressource pérenne et qu’elle est produite localement, ce qui est intéressant pour la collectivité. Tous ces éléments doivent entrer dans le calcul de rentabilité ". La convention prévoit que le groupe EDF maintienne et développe ses moyens de production tout en amplifiant ses efforts pour les énergies renouvelables et l’économie verte. Cela se traduit, entre autres, par l’engagement de renforcer de 10% le potentiel hydroélectrique ainsi que par la volonté affichée de prendre en compte des solutions diffuses.

Adapter l’ingénierie de façon à valoriser les petits projets

La principale difficulté, en ce qui concerne les microcentrales hydrauliques, consiste pour EDF à ajuster ses coûts d’ingénierie. Il ne faut pas que l’étude, réalisée avec des moyens lourds, revienne plus cher que la réalisation proprement dite. Pierre-Yves Lochet a bien conscience du problème et étudie des solutions alternatives. EDF pourrait travailler en réseau avec de petits bureaux d’étude qui offriraient des coûts d’étude attractifs pour les particuliers ou les collectivités locales.
Un peu plus d’un an après la signature de leur convention de coopération, le conseil régional d’Alsace et EDF constatent que leur travail en commun s’est beaucoup renforcé. Ils partagent aujourd’hui une même manière de voir et affinent leurs méthodes de calcul. Reste à adapter l’ingénierie de façon à valoriser les petits projets. D’ores et déjà, une microcentrale, de 2,7 MW, a été mise en service à Neuf-Brisach, deux autres, à Iffezheim et à Gambsheim, vont voir leurs capacités de production renforcées. Par ailleurs, le conseil régional d’Alsace finance plusieurs études, comme celle réalisée à Muttersholtz, où la mairie souhaite remettre en production une ancienne centrale. Enfin, des projets innovants vont être lancés, comme l’installation de turbines sur des conduites d’eau potable (cf. l’article sur la centrale hydroélectrique de Saint-Chamond). Même si, en matière de microcentrales hydrauliques, on ne « déroule pas du dossier », autrement dit on ne multiplie pas lés études, comme c’est le cas pour le photovoltaïque, l’intérêt des collectivités est bien réel.

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences du site Mairie-conseils
 

Conseil régional d'Alsace

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67070 Strasbourg cedex

Jean-Luc Sadorge

directeur de la DAFTE
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