Education - La mixité résidentielle, un préalable à la mixité scolaire ?

Alors que la mixité sociale à l'école est déclaré enjeu numéro un de l'Education nationale française, l'OCDE publie un "Pisa à la loupe" sur l'inclusion sociale des établissements d'enseignement dans le monde. Il permet de relativiser l'importance des politiques éducatives par rapport aux logiques de ségrégation résidentielle en œuvre, en particulier dans les pays où l'affectation des élèves se fait en fonction de leur lieu de résidence.

"En garantissant que les élèves défavorisés et en difficulté ont accès à des établissements d'enseignement de qualité (par exemple grâce à des incitations financières, à l'amélioration de l'accès des familles défavorisées aux informations, ou à d'autres mécanismes), il est possible de renforcer, à l'avenir, le degré d'inclusion socio-économique et académique des établissements d'enseignement." C'est la conclusion du dossier de juin 2015 de "Pisa à la loupe", publié par l'OCDE, intitulé "Etablissements d'enseignement : quelles évolutions au cours des 10 dernières années ?" Réponse : "Gérer le choix de l'établissement d'enseignement et les politiques éducatives afin qu'ils n'entraînent pas de ségrégation entre les élèves, voilà le grand défi que doivent relever les systèmes d'éducation."

Quand la ségrégation résidentielle prend le pas sur les politiques éducatives

Les statisticiens de l'OCDE sont formels : le degré d'inclusion académique et sociale des établissements d'enseignement dépend du mode d'affectation des élèves dans les établissements. Dans les systèmes d'éducation où l'affectation des élèves se fait en fonction de leur lieu de résidence, comme en France, "c'est la ségrégation résidentielle plus que les politiques éducatives qui détermine la composition académique et socio-économique de l'effectif des établissements d'enseignement". Et "les parents plus aisés choisissent souvent leur lieu de résidence en fonction de la qualité des établissements d'enseignement publics qui s'y trouvent".
Dans les systèmes d'éducation qui donnent aux parents plus de latitude dans le choix de l'établissement de leur enfant, et où l'admission des élèves se fait en fonction de leurs résultats scolaires ou d'autres caractéristiques individuelles, le degré d'inclusion académique et sociale serait plus directement lié aux politiques éducatives.

Le degré d'inclusion sociale a diminué en Chine et progressé en Italie

Selon Pisa, le profil socio-économique des établissements d'enseignement a peu évolué au cours des 10 dernières années. Pour le démontrer, les statisticiens de l'OCDE s'appuient sur l'indice "Pisa d'inclusion sociale" qui indique dans quelle mesure des élèves issus de milieux socio-économiques différents fréquentent le même établissement d'enseignement, ou dans quelle mesure le profil socio-économique varie entre les établissements d'enseignement.
En moyenne, dans les pays de l'OCDE disposant de données comparables, environ 76 % de la variation du niveau socio-économique des élèves s'observent au niveau intra-établissement, tant en 2003 qu'en 2012. "Cette moyenne masque toutefois d'importantes variations entre les pays", relève l'OCDE. Le degré d'inclusion sociale des établissements d'enseignement a ainsi diminué de façon significative à Hong-Kong (Chine), en Lettonie et en Nouvelle-Zélande, mais a progressé de façon significative en Italie, au Japon, en Corée, en Suisse et en Turquie.

 

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