La région Occitanie recrute elle aussi son gendarme

Dans le cadre de nouvelles mesures adoptées en juillet dernier "pour protéger ses habitants", le conseil régional d'Occitanie vient de nommer un ancien gendarme au poste nouvellement créé de "directeur de projet Sécurité".

La "gendarmisation" des collectivités étend son emprise. On savait que le phénomène touchait les communes, via le recrutement de policiers municipaux (voir notre article du 7 octobre 2021). Il affecte désormais les régions, comme en témoigne l'officialisation ce 9 novembre de la nomination du lieutenant-colonel Laurent Leberon au poste de "directeur de projet Sécurité" du conseil régional d'Occitanie. Une fonction créée en juillet dernier dans le cadre d'un nouveau train de mesures du "plan régional de protection des personnes", dont l'ancien gendarme aura précisément pour mission d'organiser le "déploiement opérationnel", en lien direct avec Thierry Mathieu, conseiller régional "délégué à la sécurité" depuis juillet. Interrogé par Localtis, ce dernier souligne qu'avec ce plan, "le conseil régional entend apporter un appui concret et effectif aux collectivités, d'où le besoin d'un technicien de la sécurité comme le lieutenant colonel Leberon", qui a alterné des fonctions opérationnelles en sécurité publique générale et des postes d'état-major.
Ce plan a pris une nouvelle dimension à l'été, confortant la tendance des régions à s'investir dans un domaine qui n'est, en théorie, pourtant pas de leur ressort. Le "plan de prévention, de sensibilisation et de protection vis-à-vis des violences" lancé en 19 novembre 2020 était encore directement en lien avec les missions "traditionnelles" de la région, puisqu'il concernait principalement la sécurisation des lycées et des trains (voir notre article du 24 mars 2021). La région s'enorgueillit d'ailleurs d'être aujourd'hui "la mieux dotée" dans ce dernier domaine, "avec 132 agents [de police des transports] pour 60.000 voyageurs devant la région Auvergne-Rhône-Alpes (200 agents pour 150 000 voyageurs)". Mais avec les mesures adoptées en assemblée plénière le 16 juillet dernier, le plan promu par Carole Delga n'a désormais plus grand-chose à envier aux "boucliers de sécurité" déployés par Valérie Pécresse (Île-de-France) et Laurent Wauquiez (Aura).

Soutenir les polices municipales

La région y affirme en effet sa volonté de soutenir les polices municipale et intercommunale. À titre expérimental, un appel à manifestation d'intérêts, initialement prévu en septembre, devrait être publié dans les tous prochains jours – "il est finalisé", nous assure Thierry Mathieu – afin d'aider financièrement les communes et intercommunalités volontaires à créer "des aménagements spécifiques de l'espace public pour répondre au besoins de prévention et de sécurité", à acquérir des postes de police municipale mobiles, à construire ou rénover des locaux de police municipale et intercommunale et à implanter de nouvelles unités "à proximité des populations confrontées à l'insécurité du quotidien". Les enveloppes ne sont pas encore arrêtées, mais Thierry Mathieu évoque une aide – dont le taux oscillerait entre 20% et 30% de la dépense, en fonction du profil des collectivités – "qui pourrait atteindre 40.000 euros pour les unités mobiles et 200.000 euros pour la rénovation". L'élu souligne également que pour être éligibles, les projets devront "nécessairement comporter la mise en place d’actions de prévention" visant en particulier l’accompagnement des jeunes et des populations les plus fragilisées. "Le lieutenant-colonel Leberon pourra apporter son expertise", précise-t-il. La délibération de juillet ajoute que les besoins ainsi exprimés et les premiers projets permettront à la région "d’envisager les modalités de prise en compte de la problématique de sécurité du quotidien dans le cadre de la prochaine génération de politiques contractuelles territoriales (contrats territoriaux Occitanie et contrats Bourgs Centres Occitanie) pour la période 2022-2027".
La région entend également soutenir les actions de formation continue des agents de police municipale et intercommunale organisées par le CNFPT. "Un sujet fondamental pour les communes", estime Thierry Mathieu. Concrètement, la région entend participer à la rénovation de l'école de police municipale de Montpellier, mais aussi étudier la possibilité de créer une école identique à l'ouest du territoire régional. Des échanges sont également prévus avec le CNFPT "sur le contenu des formations proposées aux agents de la police municipale et intercommunale", précise la délibération.

Renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes

Le plan prévoit encore de renforcer la lutte contre les violences, singulièrement celles faites aux femmes. Ayant fait de l'éloignement du conjoint violent hors du domicile conjugal "une piste d'action prioritaire" du prochain contrat de plan État-région, la région prévoit notamment "le cofinancement dans les prochains mois de deux centres de pris en charge des auteurs de violence".
Le plan vise enfin à obtenir la création d’une zone de défense Occitanie – revendication ancienne – les élus régionaux ne jugeant "pas souhaitable que les décisions sur notre sécurité viennent de Marseille". La région espère notamment de la création de cette huitième zone de défense la nomination d'un préfet délégué à la sécurité et l'installation d’états-majors militaires et policiers affectés sur place, "soit près de 40 personnes au total, 100% dédiées à la sécurité des habitants d’Occitanie".
À quoi s'ajoutaient la désignation d'un conseiller régional délégué à la sécurité, directement rattaché à la présidente de la région (mais non vice-président, comme en Île-de-France ou en Aura), et la création/nomination d'un directeur projet Sécurité. Toutes deux désormais effectives.

 

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