Morgan Boëdec / Victoires-Editions

Qualité de l'air - La région Rhône-Alpes respire mieux

Environnement

Energie

Les efforts engagés pour tenter d'enrayer la pollution de l'air en Rhône-Alpes n'auront pas été vains : le bilan 2013 de la qualité de l'air dans cette région s'avère meilleur que prévu.

Les alertes de l'hiver dernier, ravivées par des procédures préfectorales, l'ont rappelé : la pollution atmosphérique aux particules fines touche particulièrement la région Rhône-Alpes et ses vallées encaissées, peu ventilées mais très habitées. L'une des plus connues, la vallée de l'Arve, qui s'étend de Chamonix à La Roche-sur-Foron, en passant par Cluses ou Saint-Gervais, est tristement réputée pour être l'un des onze sites français les plus pollués aux particules fines (PM10). Mais des mesures prises tendent à calmer le jeu. Le bilan régional 2013 fraîchement publié par l'observatoire Air Rhône Alpes en souligne l'efficacité. Ainsi, sur ce territoire de l'Arve, qui fait l'objet d'un plan de protection de l'atmosphère (PPA) visant à "ramener la concentration des polluants réglementés à des valeurs en dessous des normes fixées", le chauffage au bois des particuliers est pointé, en plus d'autres facteurs comme la météorologie, la topographie et la concentration d'activités humaines. Une action spécifique - un fonds expérimental "air-bois" - a donc été mise en place pour aider à hauteur de 1.000 euros par demandeur ceux qui possèdent un appareil ancien (d'avant 2002) ou à foyer ouvert à le remplacer pour un modèle plus performant, labellisé Flamme verte et installé par un professionnel certifié. Le fonctionnement de ce fonds est original : il sera abondé jusqu'en 2016, à hauteur de 400.000 euros par an, par l'Ademe, cinq communautés de communes, le département de la Haute-Savoie et la région.

Maîtrise des pollutions

Le constat à tirer de ce bilan régional, c'est que l'air rhônalpin s'améliore. L'association de surveillance explique que "sur 2000-2012, les émissions régionales de polluants sont globalement en diminution". Les composés pour lesquels la France est actuellement en contentieux avec l'Europe - particules PM10 et NOx - observent des baisses respectives de 38% à 39% depuis 2000. En 2013, les concentrations de dioxyde de soufre et de benzène ont chuté, pour atteindre désormais un très faible niveau. Mais pour d'autres polluants comme les particules fines (PM 10, PM 2,5) et le dioxyde d'azote (NO2), les niveaux de 2013 sont similaires à ceux de 2012. Pour le dioxyde d'azote (NO2), 40.000 personnes restent exposées à des dépassements de la valeur limite annuelle. Rien qu'à Grenoble, près de 3.000 habitants de l'agglomération l'ont été. Les pollutions par l'ozone, qui culminent en période estivale, restent très localisées en périphérie des grandes agglomérations dans les plaines de l'Ain et de l'Isère. Mais aussi dans le secteur rural, dans la Drôme et l'Ardèche.

Disparités territoriales

Ce bilan fait aussi ressortir des contrastes marqués entre territoires. Dans l'agglomération stéphanoise par exemple, les choses progressent mais l'arsenic y dégrade toujours la qualité de l'air. A Valence, une agglomération qui subit les conséquences du trafic routier, c'est l'ozone qui pose problème et "fait exception, car sa concentration augmente en moyenne et dépasse la valeur cible réglementaire". Quant au sud de la région, c'est-à-dire les départements plus ruraux de l'Ardèche et de la Drôme, il connaît un mieux, même si "les normes ne sont toujours pas respectées pour deux polluants : dioxyde d'azote et ozone".

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