La stratégie "Mobilité et Transport 2020-2023" de l'Ademe placée sous le signe de la sobriété

Publiée ce 1er décembre, la stratégie "Mobilité & Transport 2020-2023" de l'Ademe s'articule autour de trois axes stratégiques complémentaires qui visent à accompagner la mutation des transports vers l'objectif de neutralité carbone.  

Économie des déplacements, moindre impact des modes de transport sur l'environnement, développement des technologies zéro émission : c'est le triptyque qui guide la stratégie "Mobilité & Transport 2020-2023" de l'Ademe. Publiée ce 1er décembre, elle est le fruit d'un travail collectif mené lors de plusieurs sessions d’ateliers internes et externes lancés en mars 2019 et a intégré en cours de route les impacts de la crise sanitaire dans ses préconisations d'actions.

 

Enjeu environnemental, social et territorial

L'enjeu de sobriété est jugé essentiel pour le secteur des transports, responsable de plus de 30% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) et de plus de 63% des émissions d'oxydes d'azote en France. Autre facteur à prendre en compte pour l'Ademe : le risque de fracture territoriale concernant les alternatives à la voiture, avec un écart qui pourrait se creuser encore davantage pour les usagers au niveau des offres de mobilité, de transports collectifs et de services de mobilité entre zones urbaines et rurales. "La dépendance à la voiture est un véritable enjeu social", reconnaît l'agence. "Face à ces constats alarmants, il est indispensable d’engager de profondes transformations dans le transport des voyageurs comme dans celui des marchandises", souligne-t-elle.

 

Accompagner l'évolution des comportements

L'Ademe entend donc jouer "un rôle central d’accompagnement de la transition et de transformation du secteur avec l’ambition de neutralité carbone à horizon 2050". Sa stratégie Transports et Mobilité a vocation à porter des actions pour les quatre années à venir autour de trois axes complémentaires. Le premier vise à disposer des éléments pour accompagner l’évolution des comportements et des modes de vie. Il concerne surtout les enjeux de la sobriété pour économiser les ressources, les matériaux, les déplacements et aussi l’espace et le temps. L’Ademe a identifié à cette fin plusieurs chantiers prioritaires dans les prochaines années avec des études relatives au télétravail et à l’e-commerce notamment. 

 

Reports modaux

Le deuxième axe vise à favoriser un report vers des modes plus économes et favorables à l’environnement. "L’objectif est de développer la mobilité active et partagée ainsi que de favoriser le report de la route et de l’air vers le fer, la mer et le fluvial pour les marchandises, explique l'agence. Il s’agit également d’identifier et d’accompagner des leviers et des solutions innovantes permettant de favoriser l’intermodalité et la multimodalité." Pour répondre à ces enjeux, elle entend par exemple publier des programmes pour favoriser la pratique du vélo et accompagner les collectivités dans cette dynamique.

 

Renouveler le parc existant

Le troisième axe consiste à "améliorer l’existant pour limiter son impact sur l’environnement".  Pour atteindre les objectifs de neutralité carbone, l'enjeu majeur est de transformer le parc de véhicules actuels vers des véhicules à faibles émissions de CO2. Une mue loin d'être évidente puisque les émissions de CO2 des voitures neuves ont encore augmenté au cours des deux dernières années. "Concernant les véhicules lourds, des objectifs de 100% de renouvellement par des autobus faibles émissions d’ici 2025 ont été fixés, relève l'agence. Couplée à de nouvelles contraintes sur les GES, la nouvelle norme Euro 7/VII va induire un changement de contexte en faveur de l’émergence des carburants alternatifs. De premiers signaux sont déjà observables sur l’électrification des véhicules légers. Il s’agit donc de disposer de connaissances pour associer à un usage, la solution la plus favorable à l’environnement et accompagner acquéreurs, constructeurs, collectivités pour accélérer cette transition vers des technologies bas carbone et moins polluantes." Pour y parvenir, l’Ademe entend notamment travailler sur l’électromobilité ou l’hydrogène et miser sur le lancement de différents programmes d’Investissements d’avenir.

 

Impacts de la crise sanitaire

Les transformations engendrées par la crise sanitaire liée au Covid-19 ont aussi conduit l'agence à mettre à jour le calendrier des actions.  Les adaptations ont notamment porté sur l’accélération du développement du vélo, l’attention à porter à l’inclusion des personnes et des territoires défavorisés, les stratégies territoriales à adopter pour pérenniser la relocalisation du quotidien, l’accompagnement des entreprises pour poursuivre le télétravail et mettre en place des plans de mobilité. 

Pour la mise en œuvre de sa stratégie, l'Ademe compte s’appuyer sur des communautés ouvertes, des collectifs de travail au plus près des collectivités, des entreprises et des associations et partager ses avancées avec l’ensemble de ces partenaires dans le cadre d’un rendez-vous annuel.

 

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