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Transition écologique : l’Ademe fait bloc sur le terrain local

Portée par l'intérêt des collectivités pour la transition écologique, l’Ademe fait valoir sa longue expérience et des moyens financiers qui triplent en vue de les aider. L’agence publie ce 19 novembre un guide pour accompagner les élus locaux dans leur mandat, regroupe son offre incluant une centaine de formations et accélère son accompagnement en matière de rénovation énergétique des bâtiments publics. 

Pas assez de projets verts ? Le constat revient en boucle dans la bouche de financeurs et acteurs institutionnels. "Maintenant nous avons des moyens mais à l’autre bout du tuyau il nous faut des projets", presse ainsi Arnaud Leroy, président de l’Agence de transition écologique (Ademe). L'agence a présenté ce 19 novembre un guide  pour inciter les élus des communes et intercommunalités, "déjà nombreux à agir", à relever "ce défi de la transition" durant leur mandat. Il est à comprendre dans la continuité d’un corpus de fiches pratiques diffusé lors des dernières municipales (voir notre article il y a un an), qu’il vient enrichir et actualiser. Structuré par fiches - il en contient une vingtaine - ce guide se veut synthétique, résumant en quelques pages ce qu’il faut faire pour passer à l’action, et pratique (budget alloué, retombées attendues).
Un outil d'animation et de mise en réseau, le projet alimentaire territorial (PAT), est par exemple détaillé phase par phase, de l’état des lieux à la phase de co-construction. Des contacts et des données, des réseaux d’acteurs et des appels à projets sont fournis. L’ensemble est assorti, pour donner aux élus "une photographie de la situation dans les territoires", d’une série de chiffres clés  et d’un "parcours élus" constitué de 169 formations proposées par les directions régionales.

Travail d’équipe

Avec le plan de relance, les moyens d’intervention de l’Ademe sont considérablement renforcés. Désignée comme opérateur d’une enveloppe significative d’environ deux milliards d’euros, sur les 30 milliards du plan dédiés à la transition écologique, elle entend renforcer son action au plus près des territoires. La récente convention passée avec un autre établissement public, l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), muscle sa capacité d’approche : "Ce rapprochement aide à identifier et aller chercher des territoires pour travailler avec eux", constate Arnaud Leroy. Autre atout, son réseau de directions régionales. L’Ademe Bourgogne-Franche-Comté emploie une vingtaine d’experts. Blandine Aubert, directrice régionale, les chapeaute : "Avec certaines collectivités, nous contractualisons sur trois ans autour d’objectifs fixés. Nous l’avons fait pour les Territoires à énergie positive ou Zéro déchet. Démarrent aussi des démarches plus intégrées, mêlant énergie et économie circulaire, par exemple avec le Grand Chalon". 
L’agence intervient rarement seule : "Actuellement, nous faisons le tour des comités de pilotage départementaux de l’ANCT et saisissons les opportunités offertes pour embarquer de nouvelles collectivités dans le sillage des pionnières", illustre-t-elle.
Par ailleurs, le niveau d'exigence n'est plus le même. Pour Arnaud Leroy, "il est derrière nous, ce temps où on ne retenait que les projets les plus vertueux". Avec ces moyens supplémentaires dont elle dispose et l’ingénierie adaptée, "nous sommes en capacité d’accompagner et de faire mûrir ceux qui se situent moins dans le haut du panier". Ses conseillers en énergie partagée (CEP) sont ainsi mobilisés pour aider au montage de projets solides susceptibles d'émarger à la DSIL (dotation de soutien à l'investissement local).

Bâtiments des collectivités : cimenter l’action 

Autre alliance précieuse, l’Ademe vient de signer avec la Banque des Territoires une convention de partenariat pour accompagner des collectivités dans la réalisation de schémas directeurs immobiliers et énergétiques (SDIE) de leurs bâtiments. Menée dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Normandie, cette expérimentation cible une soixantaine de collectivités dont le parc immobilier doit faire l’objet d’une rénovation énergétique. L’opérateur de l’Etat et la direction de la Caisse des Dépôts co-financeront les études et conceptions de ces schémas, mais également la réalisation d’une étude nationale pour mieux comprendre ce qui motive, dans les collectivités et au-delà des mécanismes financiers, la décision et le déclenchement de travaux de rénovation énergétique des bâtiments publics. L'apport des sciences humaines et sociales sera mobilisé. Un groupement de trois sociologues et de deux experts des collectivités locales s’attelle à la tâche. Coordonné par Gaëtan Brisepierre, sociologue spécialisé dans la transition écologique et énergétique du bâtiment, ce travail va durer  14 mois et ses résultats seront rendus publics. La FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) est également associée au pilotage de l’étude.

 

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