La transformation d'une ancienne colonie de vacances en logements locatifs

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Charente-Maritime

Sur l'île très touristique d'Oléron, la cité balnéaire de Saint-Trojan, comme les autres communes, souffre d'un manque de logements locatifs. Ici, 70% des habitations sont des résidences secondaires. La commune voit sa population multipliée par quinze en saison (1.650 habitants à l'année). Cet été, ce sont dix-sept nouveaux logements dont huit à loyers maîtrisés qui ont été ouverts à la location et ont déjà trouvé preneurs. Ils résultent de la transformation d'une colonie de vacances grâce à une opération combinant investisseurs privés, Anah et collectivités.

Ravis ! le maire et les futurs locataires des nouveaux logements créés sur la commune de Saint-Trojan (Charente-Maritime) partagent le même sourire en visitant quelques-uns de ces logements, une semaine avant la remise des clés aux occupants, le 1er juillet 2006. "Cet endroit était une verrue auparavant", évoque Alain Bohée, maire de Saint-Trojan, rappelant que ce qui ressemble à une petite résidence abritait il y a peu une colonie de vacances. Devenu vétuste, cet équipement était désaffecté depuis plus de dix ans et régulièrement squatté en période estivale. Sa transformation en logements est le résultat d'un projet ayant nécessité astuce, pugnacité et volonté politique.

La collectivité mise sur la réhabilitation de logements

Depuis quelques années, la communauté de communes de l'Ile d'Oléron s'est engagée dans un programme de relance de la création de logements locatifs sur l'île pour pallier les difficultés accrues des jeunes ménages, travailleurs à l'année, pour trouver un logement. Faute de foncier disponible, du moins à des coûts abordables, la collectivité mise sur la réhabilitation de logements. "Cette ancienne colonie nous a été suggérée par Habitat et Développement comme un potentiel à exploiter", relate le maire, par ailleurs président de la commission Action sanitaire et sociale de la communauté de communes, chargée du programme d'intérêt général (PIG) Habitat.
Les murs de cette colonie étaient propriété de la ville de Blois (Loir-et-Cher) et la gestion était assurée par la Fédération des oeuvres laïques (FOL) du Jura. Il aura fallu plus d'un an pour négocier la vente des parcelles à quatre opérateurs privés, réunis au sein d'une société civile immobilière. Les élus avaient bien sollicité des bailleurs publics, mais les conditions qu'ils demandaient (acquisition du bien et rétrocession gracieuse) étaient inacceptables pour les finances communales. Habitat et Développement Vendée a saisi l'opportunité d'entrepreneurs privés pour relancer le projet.
"Ce type de patrimoine s'avère aujourd'hui fréquemment à l'abandon. Il n'est pas simple à aménager en logements, mais nous avons eu un architecte inspiré", relève Bernard Mandin, directeur d'Habitat et Développement. L'architecte a maintenu l'enceinte, deux bâtiments en U de un et deux étages bordant une cour. Il a reconfiguré dortoirs, cloisons... pour créer des T2 et T3. "Le projet est passé par de multitudes mains avant de trouver ses subventions, cela n'a pas été simple non plus, mais c'est réalisable", reprend le directeur.
Le coup de pouce financier de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (Anah) a été déterminant. En contrepartie de ses subventions, huit logements sont à loyer maîtrisé pendant neuf ans (quatre conventionnés et quatre intermédiaires, financés par des PLS ou PLUS), et les neuf autres logements sont à loyer libre. Autre intérêt de cette réalisation, l'intégration de trois logements adaptés pour des personnes à mobilité réduite. Ce montage financier a pu être réuni grâce au PIG porté par la communauté de communes et négocié avec l'Anah (succédant à une opération programmée d'amélioration de l'habitat). Pour un coût total de un million d'euros de travaux, l'opération a bénéficié de 157.000 euros de subventions de l'Anah, 4.100 euros du conseil régional et 27.650 euros de la communauté de communes.

Coup de pouce pour les jeunes actifs

La commune n'a pas eu besoin de s'investir financièrement, mais elle a été associée à l'ensemble du projet, de la conception à la phase finale du choix des locataires. Ces dix-sept logements locatifs, situés quasiment au coeur du bourg de Saint-Trojan, en lisière de forêt et avec vue sur mer de l'autre versant, s'ajoutent aux soixante-dix logements sociaux de la commune. "C'est une bouffée d'oxygène", lance le maire. "Depuis le lancement en 2004 du programme d'intérêt général par la communauté en partenariat avec l'Anah, 165 logements dont 66 à loyers modérés ont vu le jour sur l'île (pour un apport de la communauté d'environ 165.000 euros)", complète-t-il. Une bouffée d'air pour maintenir de jeunes couples sur le territoire et en attirer de nouveaux. "Nous avons une liste de jeunes et notamment des couples qui vivent avec leurs enfants chez leurs parents faute de réussir à se loger ici où 70% des résidences sont secondaires", illustre le maire. Alors que la gestion de ces nouveaux logements a été confiée à une agence immobilière, une commission d'attribution a été constituée dans laquelle la commune est partie prenante. "Nous avons obtenu des bailleurs de pouvoir faire valoir nos demandes, à savoir que la priorité soit accordée aux Saint-Trojannais et que l'on privilégie les familles avec de jeunes enfants venant de l'extérieur. Car notre objectif est bien de préparer l'avenir et notamment d'éviter que l'école primaire ne perde une classe d'ici un à deux ans. Nous avons déjà perdu une classe il y a trois ans", précise Alain Bohée. La municipalité compte ainsi sur l'inscription de cinq à dix enfants à la rentrée de septembre 2006.
 

Communauté de communes de l'Ile d'Oléron

Nombre d'habitants :

21889

Nombre de communes :

8
59 route des Allées
17310 Saint-Pierre-d'Oléron
accueil@cdc-oleron.fr

Séverine Lesur

Chargée de mission Habitat
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