La ville et son agriculture : "Terres en villes" favorise l'expérimentation

Publié le
dans

Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Isère

Créée en 2000 à l'initiative de six agglomérations, l'association "Terres en villes" réunit aujourd'hui paritairement des élus de vingt agglomérations françaises et des représentants des chambres d'agriculture qui mettent en place des politiques locales en faveur de l'agriculture périurbaine. Elle contribue ainsi au débat sur la ville et son agriculture.

Reprenant le titre d'un colloque organisé à Aubagne en 1999, l'association "Terres en villes" est née en juin 2000 à l'initiative de six agglomérations ayant la volonté de travailler ensemble sur les questions concernant l'agriculture périurbaine. Le principe original de "Terres en villes" est d'associer, pour chaque territoire adhérent, un représentant du monde politique et un représentant du monde agricole "Nous avons voulu regrouper des acteurs de même niveau qui sont des partenaires habituels sur le terrain, à savoir les intercommunalités et les chambres départementales d'agriculture", explique Serge Bonnefoix, secrétaire technique de l'association. L'objectif affiché de ce réseau est d'oeuvrer à la mise en place dans les agglomérations françaises d'une politique locale en faveur de l'agriculture périurbaine et d'une politique intégrée des espaces agricoles, forestiers et naturels périurbains. "Qui plus est, à l'heure du développement durable et de la mise en oeuvre de la loi SRU, politique agricole périurbaine et politique de la ville sont intimement liées et doivent trouver leur cohérence", indique la charte de "Terres en villes". L'association s'adresse uniquement aux agglomérations d'au moins 80.000 habitants ou aux chefs-lieux de département. En 2009, elle réunit une vingtaine agglomérations : Agen, Aix-en-Provence, Amiens, Angers, Aubagne, Besançon, Caen, Grenoble, Lille, Lorient, Lyon, ceinture verte Mancelle, Nantes, Perpignan, Poitiers, Rennes, Saint-Etienne, Saint-Nazaire, Toulouse et en Ile-de France.

 

"Comment prendre en compte l'agriculture et les espaces ouverts dans les Scot"

"Terres en villes" s'est donné trois missions. Tout d'abord échanger les savoir-faire entre ses membres et partenaires (cela se traduit par des fiches d'expériences, des séminaires annuels, des journées techniques nationales, des cahiers de bonnes pratiques, des guides méthodologiques...). Deuxième mission, l'expérimentation en commun dans les territoires et enfin, troisième mission, contribuer au débat français et européen sur la ville et son agriculture. Ces trois missions sont mises en oeuvre autour de quatre grands chantiers : co-construction des politiques agricoles périurbaines, protection et gestion concertée des espaces ouverts périurbains, circuits courts et gouvernance alimentaire, prise en compte de l'agriculture et des espaces ouverts périurbains dans les politiques européennes. "Pour avancer sur ces quatre grands axes, notre volonté est de partir des territoires et des bonnes pratiques qui y sont mises en oeuvre", explique Serge Bonnefoix. Ainsi, les séminaires annuels de "Terres en villes" veulent être un exercice questions/réponses visant à préciser les problèmes rencontrés et à dégager des premières pistes de résolution, d'action ou des constats de carence. En un peu moins de dix ans, la production de l'association est déjà conséquente : une charte " Terres en villes" a été signée en 2008, un guide de la co-construction et un cahier intitulé "Comment prendre en compte l'agriculture et les espaces ouverts dans les Scot" ont été rédigés, une expérimentation a été menée avec la FNSafer sur les périmètres d'intervention en faveur des espaces agricoles et naturels périurbains (PAEN), etc. Le 12 mai 2009, à Saint-Etienne, a eu lieu un atelier sur le thème "Comment développer les circuits courts en régions urbaines ?" Une question qui charrie des sujets d'une grande actualité pour les acteurs locaux : politique d'alimentation des métropoles, alimentation et gaz à effet de serre, empreinte carbone de la ville, lien entre production et consommation, Amap, vente directe...

 

Etalement urbain ou alimentation... des questions qui concernent la vie de tous les jours

"Sur toutes ces questions, l'objectif est à la fois d'améliorer notre connaissance de l'existant et d'aller plus loin : passer du dire au faire", explique Serge Bonnefoix. "Cependant, même si la tendance est porteuse pour cette thématique de l'agriculture périurbaine, elle n'est toujours pas une politique première des collectivités, comparée au logement par exemple." De nombreux obstacles rendent difficile l'action et la mobilisation en la matière : millefeuille institutionnel complexe, opposition entre le monde urbain et rural, faible implication en matière de protection des espaces agricoles et naturels, concurrence entre les activités et les financements... "Qu'il s'agisse de l'étalement urbain ou de l'alimentation, l'intérêt pour les thèmes portés par 'Terres en villes' s'amplifie. Ces questions peuvent apparaître très techniques, or elles concernent la vie de tous les jours. Mais leur complexité fait qu'il est difficile d'en faire un thème politique prioritaire."

 

Maryline Trassard / Agence Traverse

Association Terres en villes

40 avenue Marcelin Berthelot BP 2608
38 036 Grenoble Cedex 2

Serge Bonnefoy

secrétaire technique de l'association
Haut de page