Loir-et-Cher

L'analyse sociale du territoire, une démarche exigeante mais fondamentale, la communauté de communes de Vendôme en témoigne

Santé, médico-social, vieillissement

Social

L'analyse des besoins sociaux (ABS) entre dans les missions obligatoires d'un CCAS ou CIAS. Elle se révèle exigeante, ce qui explique le fait que de nombreux CCAS ne l'ont toujours pas faite... Or, comme l'illustre le témoignage du CIAS du Pays de Vendôme qui s'apprête à relancer une analyse des besoins sociaux en continu et plus ciblée, ce diagnostic est fondamental. La connaissance des attentes et des besoins de la population permet de vérifier la pertinence des services rendus et d'aider au pilotage de la politique sociale.

A feuilleter les 147 pages du document final de l'analyse des besoins sociaux (ABS) du CIAS du Pays de Vendôme, on mesure l'ampleur du travail que cette démarche requiert... Si le poids ne présume pas de la qualité, il suffit de lire plus attentivement pour en comprendre la portée. Que Philippe Degeyne, vice-président de l'action sociale de la communauté de communes du Pays de Vendôme, résume ainsi : "fondamental !" En premier lieu pour la visibilité que l'ABS a donné au rôle du CIAS : "La démarche même qui nous a conduit à mener des enquêtes dans les communes, auprès des maires, des usagers des services, des réunions qui ont suivies, a permis de faire connaître et reconnaître le CIAS à travers toutes les activités qu'il mène et qui en fait sans doute un des premiers services au contact de la population", ajoute Philippe Degeyne.
Cette ABS date de 2002, soit quelques années après la création du CIAS (1). "Il aurait peut être été plus judicieux de commencer par réaliser une ABS pour recenser les services existants, mesurer les attentes et besoins de la population, et ensuite créer le CIAS avec des services adaptés pour répondre aux enjeux définis. Mais les élus avaient d'emblée la volonté d'investir le champ social au niveau intercommunal. Nous avons donc procédé à l'envers mais finalement, l'ABS a permis de mesurer ses actions et a renforcé l'adhésion", commente Marie-Françoise Blauwblomme, responsable du pôle prospective du CIAS du Vendômois.

Besoin d'élargir la réflexion

L'action sociale ne peut être figée, à moins de se cantonner à quelques actions facultatives traditionnelles type colis de Noël et secours d'urgence. Une politique sociale ne se bâtit non plus sur le seul secours, comme le traduisait les ancêtres des CCAS - bureaux de bienfaisance - mais vise à jouer sur les atouts et faiblesses d'un territoire pour en renforcer sa cohésion au travers de services et d'actions qui peuvent donc être variés : accueil de la petite enfance, maintien à domicile, accompagnement social de personnes en difficultés, aide au logement, lutte contre l'isolement, etc. L'ABS doit justement servir à interroger ce qui se fait (les services rendus répondent-ils en qualité et en pertinence aux besoins ?), ce qui pourrait se faire (comment prendre en compte un problème révélé ? anticiper une évolution de la composition démographique du territoire), pourquoi (confirmer un manque ressenti), pour qui et comment... "Les communes autour de Vendôme sont plutôt rurales et il nous semblait important de nous interroger sur les besoins potentiels et les particularités sociales sur ces communes", ajoute Marie-Françoise Blauwblomme.

Connaître et interroger

Pour procéder à cette ABS, le CIAS s'est attaché les services d'une consultante vacataire (DESS en sociologie) pendant les six mois de l'étude (janvier à septembre 2001). "Cela présentait l'avantage d'être moins coûteux qu'un cabinet d'études (2) et garantissait une plus grande proximité avec tous les interlocuteurs", relève Marie-Françoise Blauwblomme.
Recueil de données socio démographiques économiques et sociales sur la population des 11 communes, enquêtes et questionnaires auprès des usagers des services, des agents, des maires, rencontres des partenaires institutionnels et associatifs... ce travail a débouché sur un ensemble de préconisations - vastes - certaines allant au delà des seuls champs d'intervention du CIAS (comme sur la mobilité, la formation etc.).
"Toutes les réponses aux questions soulevées ne nous concernent pas directement, mais peuvent interpeller la communauté ou le Pays, sa politique de transport, par exemple, sur les questions de mobilité ou la région sur la formation, ou encore le conseil général, l'hôpital ou les caisses de retraite sur l'hospitalisation à domicile, le vieillissement ou le handicap. C'est en cela que l'ABS est un document indispensable et dynamique. Il complète les travaux des autres et permet, grâce à leur croisement de mieux comprendre un territoire et de coordonner les efforts pour un développement harmonieux...", commente Philippe Degeyne.

Pas de bouleversement mais... des arguments !

L'ABS n'a pas débouché sur la création de services ex nihilo mais en a conforté. A l'instar du service d'aides ménagères avec une politique de professionnalisation du personnel, pour renforcer leur qualification et par là la qualité des interventions.
Autre avancée majeure : la clarification des interventions avec le conseil général. "Nous avons démontré que les publics se perdaient entre le CIAS et le conseil général. Nous avons ainsi abouti à la signature d'un protocole d'action sociale sur la répartition des publics suivis : les personnes seules ou ménages sans enfants pour le CIAS, les familles pour les assistantes sociales du conseil général. Cela nous permet au quotidien de travailler plus efficacement, même sur des cas complexes (père vivant seul mais avec droit de garde), détaille Marie-Françoise Blauwblomme. Faisant valoir son "savoir faire", le CIAS a obtenu un équivalent temps plein de travailleur social pour l'accompagnement de ces publics et un mi-temps de conseillère en économie sociale et familiale pour son épicerie sociale.
S'agissant de l'instruction et du suivi des personnes allocataires du RMI, un grand pas a été également franchi en 2006 : une convention annuelle posant le cadre des missions du CIAS (et l'indemnisation par le conseil général). "Pour 2008, nous sommes sur le point, avec notamment le CIAS de Blois et les CCAS de Romorantin et de Mer de négocier une convention pluriannuelle qui nous offrira plus de sécurité pour le recrutement du personnel", De plus, l'ABS a enfin ouvert la réflexion sur l'avenir. "Nous pensions que la population du territoire était âgée et vieillissante, or l'arrivée du TGV a apporté une population plus jeune, avec enfants, et il faudra répondre à des besoins en terme de crèche, mais aussi d'école, de gymnase", cite Marie-Françoise Blauwblomme. Des questions, qui, comme l'extension éventuelle des missions du CCAS, sur la gestion des logements d'insertion (jusque là partagée avec la communauté de communes) ou la reprise des logements foyers gérés par des CCAS, sont reportées à l'après municipales 2008...

Mieux structurer l'intervention de chacun

D'ici là, et pour approfondir et actualiser le travail de 2002, le CIAS prépare une nouvelle ABS, mais de manière différente. "Nous allons faire des diagnostics sur des thèmes plus précis et à partir de la rencontre avec les partenaires concernés, qui pourront être différents suivant les thèmes, mais quoi qu'il en soit, chacun sera informé, par le compte rendu, des travaux menés", résume Marie-Françoise Blauwblomme.
Une première réunion a été organisée mi octobre 2007 (à l'occasion de la journée nationale de lutte contre la misère) pour présenter cette démarche à tous les acteurs intéressés, institutions, collectivités, associations, etc. "Nous menons des actions, les associations aussi, or il y a parfois des doublons, mais aussi des manques et des besoins non couverts. Par ailleurs, il y a des données que nous avons chacun mais qui sont sous exploitées, nous voulons pouvoir les synthétiser. Tout ce travail doit nous permettre de construire pas à pas un véritable réseau et ainsi jouer pleinement notre mission de coordination de développement social sur le territoire", engage Marie-Françoise Blauwblomme.


 
(1) Le CIAS a pour missions l'aide et le développement social (aide alimentaire, logement, insertion), les services à domicile, et l'animation en direction des personnes âgées. Les CCAS des communes membres ayant gardé les colis personnes âgées, les repas de fin d'année ainsi que la gestion d'établissements (maison de retraite, foyer logement).
(2) Pour un coût total de 26.680 euros.

 

Emmanuelle Stroesser, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

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