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Jean-Noël Escudié / PCA

Personnes âgées - Lancement du dispositif Paerpa, pour les personnes âgées en risque de perte d'autonomie

Santé, médico-social, vieillissement

Social

Marisol Touraine a lancé officiellement, le 29 septembre, la première expérimentation en grandeur réelle du dispositif Paerpa (personnes âgées en risque de perte d'autonomie). Celle-ci se déroule dans la région Centre. Il ne s'agit cependant pas de la première expérimentation proprement dite de ce dispositif, puisque neuf projets pilotes ont déjà été menés dans le ressort de neuf agences régionales de santé (ARS), avec une première vague en septembre 2013 et une seconde en janvier 2014 (voir notre article ci-contre du 8 octobre 2013).

Un bénéfice à terme pour les départements ?

L'expérimentation lancée dans la région Centre constitue donc une phase de validation, avant une probable généralisation à l'ensemble du territoire. Les huit autres régions ayant participé à la phase expérimentale devraient d'ailleurs rejoindre le Centre avant la fin de l'année.
Sous la coordination de l'ARS (au niveau de la gestion du dispositif) et des médecins traitants coordonnateurs (au niveau de chaque cas individuel), la démarche Paerpa associe plusieurs acteurs : l'assurance retraite (dans une approche inter-régimes) et l'assurance maladie, les établissements et services sanitaires, sociaux et médicosociaux, les professionnels de ces différents secteurs, les aidants...
On notera au passage que les départements ne sont pas au cœur du dispositif, malgré leur rôle central en matière de personnes âgées. Cela s'explique par le fait que la démarche Paerpa se situe en amont de la perte d'autonomie et a précisément pour objectifs de la détecter, de la prévenir ou d'en limiter les effets. Les départements pourraient donc tirer profit du dispositif par une meilleure prise en charge en amont de leur champ de compétence principal.

Limiter les hospitalisations évitables

Concrètement, la démarche Paerpa cherche en premier lieu à limiter les hospitalisations évitables, qui peuvent trouver leur origine dans la dénutrition, les problèmes liés aux médicaments, les chutes ou la dépression. Il s'agit donc de repérer et d'agir sur ces points de rupture "en renforçant l'offre de soins de premier recours et en préservant l'autonomie des personnes âgées, grâce à une meilleure coordination des professionnels". Un dispositif est également prévu dans le cas d'une sortie d'hospitalisation, qui constitue également un possible point de rupture dans le parcours d'une personne âgée.
Cette démarche s'appuie sur un dispositif de proximité, centré sur chaque situation individuelle. Sur le plan sanitaire, la coordination clinique de proximité s'organise sous la responsabilité du médecin traitant et associe systématiquement un infirmier et, le cas échéant, tout professionnel de santé intervenant régulièrement auprès de la personne âgée (pharmacien, masseur kinésithérapeute...). Côté social, le suivi et la prise en charge (aide ménagère, APA...) sont assurés par les professionnels du secteur - dont ceux du département -, en lien avec la coordination clinique de proximité.
Pour faire vivre cette organisation, la démarche Paerpa prévoit la mise en oeuvre d'un certain nombre d'outils : le plan personnalisé de santé (PPS) élaboré par la coordination clinique de proximité sur la base d'un modèle produit par la Haute Autorité de santé (voir notre article ci-contre du 28 mai 2014), la coordination territoriale d'appui (CTA) - plateforme d'information et d'accompagnement des professionnels -, le dossier de liaison d'urgence (DLU) ou encore une messagerie sécurisée.

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