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Le projet de protocole sanitaire pour la réouverture des écoles dévoilé

Distanciation physique, nettoyage des locaux, port du masque, activités périscolaires : un projet de protocole sanitaire pour la réouverture des écoles, dont la version définitive était attendue pour le 1er mai 2020, dévoile les grandes lignes des obligations auxquelles les collectivités vont devoir s'astreindre à partir du 11 mai.

Le protocole sanitaire pour la réouverture des écoles est attendu pour ce vendredi 1er mai. Une version "projet" a pourtant fuité, le 29 avril, après la réunion entre le Premier ministre, le ministre de l'Éducation nationale et les représentants des associations d'élus, lesquelles devaient faire connaître dans la foulée leurs commentaires.
En préambule de cette version "projet", il est précisé que le document, destiné notamment aux collectivités territoriales, "repose sur la doctrine élaborée par les autorités sanitaires du pays". Décliné en neuf thématiques, le protocole repose sur cinq principes généraux : le maintien de la distanciation physique, l’application des gestes-barrière, la limitation du brassage des élèves, l’assurance d’un nettoyage et d’une désinfection des locaux et matériels, et enfin l’information, la communication et la formation.
Point liminaire du protocole : les parents, et non le personnel scolaire, sont "invités" à prendre la température de leur enfant avant le départ pour l’école. En cas de symptômes ou de fièvre (37,8°C), l’enfant ne devra pas se rendre à l’école, de même que les personnels présentant des facteurs de risque connus.

Sans distanciation, pas d'ouverture

Le point principal du protocole relève de l'organisation de l'espace. En effet, "le respect de la distanciation sociale est une condition sanitaire indispensable, et la détermination de la capacité d’accueil est un déterminant-clé à la réouverture", prévue pour le 11 mai en maternelle et élémentaire, précise le document. Il revient ainsi aux collectivités territoriales et aux directeurs d'établissements de vérifier l'applicabilité de cette distanciation. À titre indicatif, une salle de classe de 50m² permet d’accueillir quinze élèves en respectant la distanciation.
En matière d'organisation de l'espace, il s'agira d'abord de "privilégier l'entrée par plusieurs accès pour diviser le volume du flux" et d'"assurer une signalétique facile à comprendre et visible". Ainsi l’arrivée et le départ des élèves pourraient être étalés dans le temps, un fonctionnement qui "suppose que les transports scolaires puissent éventuellement s’adapter".
La salle de classe devra être aménagée de manière à respecter la distanciation physique d’au moins un mètre et à éviter au maximum les installations de tables en face à face. En maternelle, les salles dédiées à la sieste assureront la même distanciation, tout comme les urinoirs, qui seront distants d’au moins un mètre. À défaut, un sur deux sera condamné.

Plan de nettoyage quotidien

Parmi les autres grandes lignes du protocole figure le nettoyage des locaux. Deux phases sont à distinguer. D'abord le nettoyage des locaux avant la reprise des cours. Si l’établissement était complètement fermé pendant le confinement et n’a pas été fréquenté dans les cinq derniers jours ouvrés avant la réouverture, un nettoyage selon le protocole habituel est suffisant. Si des pièces ont été utilisées pour accueillir des enfants pendant le confinement, elles doivent être nettoyées et désinfectées selon un protocole de "nettoyage approfondi". Enfin, si les locaux ont hébergé des personnes malades ou sans domicile fixe, il convient de se rapprocher de l’agence régionale de santé (ARS) qui prescrira des mesures adaptées. 
Après la reprise, il conviendra de définir un plan de nettoyage quotidien qui s'appuiera sur le principe d'un nettoyage et une désinfection des sols, tables et chaises au minimum une fois par jour, et plusieurs fois par jour pour les espaces fréquemment utilisés et les zones fréquemment touchées. Un protocole particulier est également prévu après survenue d’un cas Covid-19.
Les salles de classe et autres locaux occupés pendant la journée doivent être aérés le matin avant l’arrivée des élèves, pendant chaque récréation, au moment du déjeuner et le soir pendant le nettoyage des locaux.

Approvisionnement régulier

L'hygiène passera également par de fréquents lavages des mains à l'eau et au savon avec séchage "de préférence" avec une serviette en papier jetable. Si les mains ne sont pas "visiblement sales", l’utilisation d’une solution hydroalcoolique est possible. En tout état de cause, il faudra s'assurer régulièrement au cours de la journée de l’approvisionnement de ces consommables.
Ces mesures sont complétées par des dispositions sur le port du masque. Pour rappel, ce port sera obligatoire pour les collégiens et lycéens, optionnel pour les élèves en école élémentaire et déconseillé en maternelle. Il appartiendra aux parents de fournir des masques à leurs enfants. Dans l'attente d'une disponibilité à l’ensemble de la population, l’Éducation nationale dotera chaque établissement. Le port du masque sera obligatoire pour les enseignants et personnels non-enseignants même lorsque les distanciations physiques peuvent être respectées. L'Éducation nationale fournira ses propres agents, et il appartient à chaque employeur de faire de même pour ses propres personnel.

Course à pied pour tout le monde !

On le sait, les activités périscolaires feront partie des options qui permettront d'accueillir les élèves par petits groupes. Sur ce point, le projet de protocole nous apprend qu'en cas de recours à des installations extérieures à l'école dont le fonctionnement est autorisé, les jeux de ballons et de contacts seront proscrits, tout comme l'utilisation de matériel sportif pouvant être manipulé par tous. Il faudra donc "privilégier des parcours sportifs individuels permettant de conserver la distanciation physique". Autrement dit, course à pied pour tout le monde ! Et bien entendu, afin de s'affranchir de l'utilisation des vestiaires, les élèves seront invités à enfiler à la maison leur tenue de sport. Ce principe du moindre contact vaut également pour les activités culturelles : on utilisera en priorité des moyens audiovisuels.
Reste la question des repas. Ici, le protocole invite à "privilégier la restauration en salle de classe sous la surveillance d'un adulte sous forme de plateaux ou de paniers-repas". En cas de restauration en réfectoire, les files d'attente et les croisements d'élèves dans les couloirs devront être limités au maximum par une réorganisation des temps de restauration et des accès. Enfin, le nombre de personnes en cuisine sera lui aussi limité en adaptant les modalités de production.

 

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