élections - Les machines à voter sont-elles responsables des files d'attente ?

1,5 million d'électeurs, sur 44,5 millions, ont voté dimanche grâce à des machines à voter électroniques dans 82 communes volontaires de plus de 3.500 habitants : Issy-les-Moulineaux, Saint-Malo, Reims... Les urnes électroniques semblent avoir contribué à l'allongement des temps d'attente dans certains bureaux de vote.

A Reims, douzième ville de France, la municipalité s'est  félicitée, dès lundi 23 avril 2007, d'avoir pu rendre les résultats de ses 100.226 électeurs dans un temps record, le dimanche dès 21h10, et ce sans "qu'une machine n'ait eu de dysfonctionnement". A Issy-les-Moulineaux, le fabricant d'ordinateurs de vote d'ES&S Europe signale même un dépouillement dès 20h30 dans 35 des 40 bureaux de vote. La ville de Reims reconnaît cependant que pour le premier scrutin électronique de cette ampleur (la ville a équipé l'ensemble de ses 94 bureaux), "quelques ajustements en cours de journée" ont été nécessaires. Des retards ont notamment été signalés à l'ouverture de trois bureaux, en raison d'un problème de branchement électrique des installations. Autre "bug", quelques machines n'avaient pas été correctement mises à l'heure. "Mais l'équipe technique support a bien assuré : plus de 500 administratifs et une dizaine de superviseurs, à raison d'un pour dix bureaux de vote, étaient mobilisés. Ils pouvaient circuler dans la ville pour apporter un soutien logistique, juridique, technique, voire... psychologique !", s'est réjouie Mylène Ducret, directrice de l'administration générale. La ville souligne même dans son communiqué "la réactivité du personnel municipal administratif et technique, qui, bien formé, a su prévenir chaque anomalie et assurer la continuité et le bon déroulement de ce scrutin présidentiel". "Nous sommes fatigués mais contents : notre taux de participation (77,97%) est comparable à celui du reste de la France, ce qui prouve bien que les machines ne constituent pas un problème. Il nous reste maintenant une quinzaine de jours pour faire le débriefing et nous montrer parfaits dès le 6 mai prochain", conclut la directrice. En revanche à Saint-Malo, la ville jette l'éponge, "une décision qui n'est pas liée au mauvais fonctionnement des machines mais à leur nombre insuffisant qui a créé des files d'attente insensées", précise la mairie. La ville a décidé de revenir à l'urne transparente et au bulletin papier dès le 6 mai prochain et pour les législatives. La mairie d'Amiens avait pris la même décision deux jours avant le premier tour, "compte tenu de la réticence exprimée par de nombreux administrés".

 

Des machines conformes et fiables

Dans les Hauts-de-Seine, département qui compte le record de France des communes concernées par les ordinateurs de vote avec treize municipalités utilisatrices, le Parti socialiste, relevant de "nombreuses difficultés", a demandé au préfet de surseoir à l'utilisation des ordinateurs pour le deuxième tour. La préfecture des Hauts-de-Seine a confirmé lundi 23 avril des retards et signalé un seul incident dans ce département, à Bois-Colombes, où deux machines auraient été changées dimanche matin. A Issy-les-Moulineaux, ville symbole de l'usage des nouvelles technologies, des files d'attente importantes ont été constatées dans une dizaine de bureaux de vote sur quarante. Denis Murthon, directeur commercial d'ES&S Europe, qui a équipé huit communes en France dont celle d'Issy, estime que "les goulets d'étranglement ne se sont pas produits au niveau de la machine". Ils ont eu lieu "lors des opérations de vérification des identités et d'émargement". C'est également le point de vue de la municipalité qui travaille, dès ce lundi, à la réorganisation des bureaux pour fluidifier le passage des électeurs. Peu avant le scrutin, le ministère de l'Intérieur s'était d'ailleurs porté garant de la conformité des machines tandis que plusieurs tribunaux administratifs avaient rejeté les recours de particuliers contre leur utilisation (à Issy et Courdimanche, dans le Val-d'Oise, notamment). Le ministère de l'Intérieur souligne que les machines, toutes fabriquées à l'étranger, sont parfaitement fiables et qu'elles n'ont jamais connu de problème depuis leur lancement en 2003.  A Paris, où personne ne votait sur une quelconque machine électronique, des files d'électeurs ont aussi dû patienter pour mettre leur bulletin papier dans une urne bien physique. Le taux de participation record du premier tour de la présidentielle servira-t-il donc d'ultime argument pour abandonner définitivement les machines à voter électroniques ? 


Luc Derriano / EVS avec AFP

 

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