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Les territoires urbains ambitionnent de coordonner l’emploi à l’échelle d’un bassin

France urbaine a placé l’emploi au cœur de ses priorités en 2021 dans le cadre des travaux de la commission "économie des territoires" qui a défini fin janvier sa feuille de route. Fortes des actions engagées l’an dernier dans un contexte de crise, les intercommunalités urbaines souhaiteraient devenir, à l’échelle d’un bassin, autorités organisatrices des acteurs de l’emploi, de la solidarité et de l’insertion.

"Après avoir travaillé durant ces derniers mois sur les différentes mesures prises par les territoires urbains pour accompagner les acteurs économiques les plus fragilisés par la crise sanitaire de Covid-19, la commission 'économie des territoires' de France urbaine, co-présidée depuis les dernières élections du bloc communal par Michèle Lutz, maire de Mulhouse, et Anne Vignot, maire de Besançon, présidente de Grand Besançon Métropole, a souhaité définir un programme de travail pour les prochains mois", indique le site de France urbaine. La place et le rôle des collectivités urbaines dans les politiques de l’emploi fait partie des quatre grands thèmes de chantiers (1) définis le 27 janvier.
"Anne Vignot souhaite en particulier étudier la manière dont l’emploi peut être remis à l’agenda", indique Lionel Delbos, directeur de l’économie territoriale chez France urbaine depuis janvier 2021.

L’échelle urbaine : un périmètre pertinent

Cependant, la démarche avait déjà été engagée à l’automne 2019 à l’initiative de Grenoble métropole qui avait interpellé l’association des métropoles et grandes villes, communautés urbaines et d’agglomérations sur le sujet. Une première synthèse des travaux avait amené à poser la question du rôle des intercommunalités urbaines dans ce domaine, alors qu’elles interviennent de manière ponctuelle et thématique via des sujets périphériques (économie sociale et solidaire, logement…), mais sans avoir de compétence en matière d’emploi. "Pour autant, ajoute Lionel Delbos, les élus métropolitains ont la conviction que l’échelle urbaine est le périmètre pertinent pour mieux coordonner l’ensemble des acteurs de l’emploi" élargis à l’insertion et la solidarité.

En effet, France urbaine a identifié trois séquences dans le parcours de retour à l’emploi : le retour à la dignité, c’est-à-dire bien coordonner les capacités d’action en urgence des acteurs locaux (communes, associations, bailleurs sociaux…) auprès des publics les plus en difficulté ; l’insertion par l’activité économique une fois la première étape franchie et, enfin, l’accès à un emploi classique.

Accéder au FSE et le répartir 

"Il n’est pas question pour autant de revendiquer la compétence 'emploi', mais de proposer que les intercommunalités urbaines qui le souhaitent assurent un rôle d’autorité organisatrice", précise Lionel Delbos. Il pourrait s’agir, par subsidiarité de l’échelon État/région, d’animer et de coordonner les divers acteurs de l’emploi à l’échelle d’un territoire métropolitain ou des bassins d’emploi, pour mieux structurer les parcours vers l’emploi. C’est en effet pour France urbaine la bonne échelle de proximité" pour notamment atteindre les publics prioritaires de manière à bien "jumeler" l’insertion et l’emploi. "Insertion/emploi et solidarité/emploi sont les sujets sur lesquels doit se focaliser le rôle des grandes intercommunalités", poursuit le directeur de l’économie territoriale de France urbaine.

L’un des enjeux serait de permettre à cette autorité coordonnatrice intercommunale de pouvoir accéder au FSE (fonds social européen) et d’en assurer la répartition localement. "Si une délégation était confiée aux intercommunalités qui le souhaitent pour gérer le FSE sur leur territoire, ce serait une vraie reconnaissance et l’occasion d’expérimenter cette option comme pourrait le permettre la loi 4D", ajoute Lionel Delbos qui pointe également un autre sujet à l’agenda des territoires urbains dans les prochains mois avec l’arrivée d’une nouvelle génération de SRDEII (schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation) du fait des élections régionales de juin 2021.

La crise sera-t-elle une parenthèse ou plus ?

Alors que le volet métropolitain des prochains schémas a déjà été écrit par les nouvelles majorités intercommunales, leur opérationnalité dépendra de la capacité des régions à se les approprier, mais aussi de la capacité des deux échelons à fonctionner ensemble. Et d’autant plus qu’avec la crise, les territoires urbains ont engagé des actions par délégation des régions, qu’elles n’auraient jamais imaginé pouvoir faire en temps normal, à l’instar des aides directes aux entreprises. Lille métropole par exemple a versé, à l’été 2020, 20 millions d’euros d’aides à près de 7.000 entreprises contre 1 à 2 millions à une quinzaine d’entreprises en moyenne par an habituellement.

"Le vrai sujet dans les mois à venir au-delà des SRDEII sera de savoir si la crise n’aura été qu’une parenthèse et que tout redeviendra comme avant ensuite, ou bien si les intercommunalités ont pris goût à ces actions et souhaitent les poursuivre", résume Lionel Delbos.

 

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