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Déplacements - Marche et vélo : premières mesures concrètes pour encourager les "mobilités actives"

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Morgan Boëdec / Victoires-Editions
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Frédéric Cuvillier a annoncé le 5 mars une série de mesures pour inciter les citadins à se déplacer à pied ou à vélo. Ce "plan d'actions pour les mobilités actives" liste une vingtaine d'actions à mettre en oeuvre dès 2014. Etat, collectivités et entreprises sont directement concernés.

C'est, aux yeux du ministère délégué aux Transports, un début, l'amorce d'un "programme plus ambitieux". A l'issue d'une réunion avec le comité de pilotage du plan d'action mobilités actives, le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, a présenté le 5 mars une vingtaine de mesures qui constituent le premier jet d'un plan global encore soumis à d'âpres discussions. Une dizaine de réunions de préparation ont eu lieu en amont pour les mettre à plat, avec les associations, les élus, et sous la houlette de la coordination interministérielle pour le développement de l'usage du vélo. Pour que ces mesures soient "suivies d'effet, évaluées, amplifiées", un suivi s'impose et même si aucune date n'est pour l'heure fixée, le ministère promet qu'un comité de pilotage se réunira "une à deux fois par an".

Reconnaissance

Rappel de base, le ministre a tenu à souligner que la marche et le vélo sont bien des modes de déplacement "à part entière". Six groupes de travail ont planché sur des axes tels que le partage de l'espace public et la sécurisation des modes actifs, le développement des itinéraires de loisir à vélo ou encore la prise en compte des politiques de mobilité active dans l'urbanisme, le logement et notamment le logement social. Qu'en ressort-il ? En matière d'intermodalité, des mesures intéressantes mais pas nouvelles sur la possibilité, lors de l'achat d'un billet de train, de réserver des places pour les cyclistes et leur vélo ou de généraliser à l'ensemble des lignes TET la possibilité d'en embarquer un. Un chantier ouvert avec la SNCF. Autre partenaire à mettre dans la boucle, l'Agence française de l'information multimodale et de la billettique (Afimb), dont Localtis a éclairé le rôle discret dans un précédent article. Mais aussi les régions, pour que le vélo trouve sa place dans les schémas régionaux de l'intermodalité instaurés par la loi de modernisation de l'action publique (Mapam).

Stationner son vélo

Le problème du stationnement en gare n'est pas non plus nouveau. En soi, il est aigu mais indissociable des difficultés également posées sur l'espace public ou dans les espaces privés, au domicile ou au travail. Reste que dans les gares françaises, l'accès à vélo ne peut se faire que dans 2 à 10% des cas pour les mieux équipées d'entre elles alors que cette part atteint 30% aux Pays-Bas, où ce problème de l'accroche et du stationnement est en grande partie réglé. Au Parlement, le sujet a déjà été abordé, notamment en avril dernier par le biais d'un amendement parlementaire au projet de loi sur les infrastructures de transport. Au tour du gouvernement donc, de proposer de "fixer pour chaque gare, des objectifs de création de places de stationnement sécurisé pour les vélos à l'horizon 2020". Leur calcul pourrait se faire "en proportion des fréquentations voyageurs". Cela se joue donc "au niveau local", à travers plus de "coordination entre collectivités et représentants du domaine ferroviaire, de façon à assurer une continuité de la signalétique urbaine jusqu'aux quais".

Circulation apaisée

Autre mesure proposée, la mise en place de "zones de circulation apaisée", où la vitesse sera réduite. "Cette mesure a crispé les débats durant la phase de préparation car elle incite à modifier le code de la route", confie Geneviève Laferrère, présidente de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB). En agglomération, les autorités de police pourront en effet limiter la vitesse des véhicules non seulement à 50, 30 mais aussi 20 km/h, voire au pas, selon la "configuration" et "l'usage des voies". Autre piste : généraliser le double-sens cyclable dans toutes les rues limitées à 30 km/h et, "tout en prenant en compte, dans la réglementation, des pratiques des collectivités", autoriser dans ces zones apaisées la signalisation par marquage au sol sur toute la largeur de la chaussée. D'autres retouches réglementaires sont proposées, notamment pour étendre dans la rue l'usage du pictogramme vélo. La pratique du vélo n'étant pas la seule à fleurir sur la chaussée, les "conditions de circulation" des engins de déplacement personnel (EDP : rollers, trottinettes, fauteuils électriques) devraient aussi bénéficier d'un meilleur cadre.

Autoriser les maires

Cette somme de mesures se veut aussi une "boîte à outils réglementaires à disposition des collectivités". Le but ? Améliorer la sécurité, le confort de ces modes actifs, en donnant par exemple "la possibilité aux maires et présidents d'EPCI d'étendre le régime du cédez-le-passage au feu rouge pour les cyclistes, notamment aux feux positionnés hors intersection". Et "aggraver le niveau des sanctions pour infraction à l'occupation des cheminements piétons ou des voies réservées aux cyclistes". L‘idée est aussi d'imposer aux collectivités "qu'à l'occasion de toute réfection de la voirie, aucune place voiture ne puisse être aménagée dans ces cinq mètres en gardant néanmoins la possibilité d'aménager un espace de stationnement deux roues".

Indemnité kilométrique vélo

L'autre innovation réside dans l'expérimentation, avec des entreprises volontaires, d'une indemnité kilométrique vélo, calculée sur la base d'un barème de 25 centimes le kilomètre. L'Ademe suit de près l'expérience. Du côté du tourisme à vélo, il faut encore mieux communiquer. Et au sujet des ateliers vélo, en plein boom depuis dix ans, une rapide mention est faite. Ce qui est insuffisant aux yeux d'une autre association, L'Heureux Cyclage, qui estime que ces ateliers créent des emplois et "répondent à un vrai besoin". Quant au Club des villes et territoires cyclables, un réseau d'élus, il se dit sur l'ensemble attentif à ce que toutes ces positions "fassent l'objet de mesures concrètes". Enfin, d'autres élus ont également réagi, dont les députés membres du Club des parlementaires pour le vélo, qui promet lui aussi de "continuer de jouer un rôle d'interpellation, de pression et de veiller à ce que toutes les opportunités législatives de transcrire certaines dispositions du plan soient utilisées et qu'un certain nombre de mesures soient engagées dans les meilleurs délais". 

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