Marseille propose un logement aux personnes atteintes de troubles mentaux

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Bouches-du-Rhône

S’inspirant de l’exemple d’autres municipalités, Marseille, en concertation avec les professionnels, a créé un comité d’orientation en santé mentale. Principal objectif : assurer un logement et un traitement ambulatoire aux personnes atteintes de troubles mentaux.

Si la santé mentale ne relève pas des compétences obligatoires des communes, les élus et les services de nombreuses municipalités sont souvent confrontés à de multiples sollicitations dans ce domaine. C’est le cas à Marseille (840.000 habitants) où les troubles de voisinage et sur la voie publique peinaient à être résolus, sinon par des mesures d’hospitalisation sans consentement. "Une solution qui n’est souvent qu’un pis-aller, palliant le manque de logement et de prise en charge ambulatoire adéquate", souligne le Dr Françoise Gaunet-Escarras, adjointe au maire de Marseille, déléguée à l’hygiène et la santé. "De plus, le coût d’une hospitalisation s’élève à 500 euros par jour minimum alors que la location d’un T1 ne dépasse pas 500 euros par mois. Les décideurs devraient depuis longtemps prendre cela en compte."

Après un état des lieux, l’exploration de solutions

Dès 2005 les élus décident d’évaluer précisément la situation de la santé mentale sur la ville. "Nous avons rencontré tous les intervenants : services sociaux, police, justice, médecins, associations, explique Mylène Frappas, chargée de mission au service de la santé publique et des handicapés en charge de cette évaluation. Cet état des lieux a révélé deux constats : d’abord les cas à problèmes n’étaient pas aussi nombreux qu’on aurait pu l’imaginer, ensuite ils étaient totalement ingérables avec les dispositifs existants." La principale difficulté provient de l’absence de coordination entre les intervenants, qui souvent ne se connaissaient pas ou communiquaient fort difficilement. Dans une seconde étape, des rencontres ont lieu avec les élus et les services d’autres villes, l’association Élus Santé Publique et Territoires. Par ailleurs, pour identifier les points de défaillance dans la prise en charge, les services de la Ville se fait aider de l’Orspere (Observatoire régional sur la souffrance psychique en rapport avec l’exclusion). Des conseils sont également pris auprès de spécialistes (comme Anne Lowell, anthropologue à l’Inserm ou Pauline Rhenter qui a notamment travaillé sur ces questions pour l’OMS et la Ville de Lille).

Création d’une instance pluridisciplinaire de coordination et d’action

En révélant aux élus et aux services techniques le caractère extrêmement polémique de la notion de santé mentale en psychiatrie, la démarche conduite à Marseille aboutit à une réflexion sur la mise en place de dispositifs de concertation élaborés collectivement et tournées vers l’action. Cela a donné naissance au conseil d’orientation en santé mentale (Cosm) qui a pour fonction de "veiller à l’organisation, la structuration et la coordination de la prise en charge sanitaire et sociale des personnes atteintes de troubles mentaux". Inspiré des Conseils locaux en santé mentale présents dans d’autres villes, le Cosm regroupe entre autres des représentants d’associations (logement, santé…), de la psychiatrie publique, du Samsah (service d’accompagnement médico-social pour adulte handicapé). Dépourvu de structure juridique propre, il est porté par la ville. Ses orientations sont relayées par un comite de pilotage de santé mentale qui est en train de s’ouvrir à l’agence régionale de santé (ARS) et à la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS).

Les premières  actions concrètes

Parmi les actions soutenues figurent la création d’une maison relais qui accueille 13 personnes souffrant de troubles sévères, et la mise en place d’un dispositif expérimental s’appuyant notamment sur le Dalo qui permettra de loger 20 personnes capables de vivre de façon autonome d’ici fin 2011. Au total 200 personnes sont en attente d’une solution d’hébergement en raison de leur handicap psychique.
Parallèlement, le Cosm favorise l’éclosion de réseaux de proximité dans les arrondissements ; ces espaces de collaboration multidisciplinaires mis en place par la ville - avec ou sans la collaboration des services de l’Etat- prennent en charge de plus en plus de cas (50 pour le seul centre ville) et orientent le patient vers des solutions médicosociales favorables a leur réinsertion sociale lorsque le suivi ambulatoire associé est satisfaisant.

Selon l’élue, "la mise en place d’une politique de santé mentale de proximité est possible sur des territoires qui regroupent de 70.000 à 100.000 habitants, ce qui exige de la part des plus petites communes de se rassembler et d’évaluer ensemble si les problèmes qu’elles rencontrent peuvent être résolus en commun". La collaboration avec l’ARS, l’élaboration d’un contrat local de santé comme celui signé à Marseille en 2010, et le recours aux Ateliers santé ville lui paraissent aussi indispensables.

Victor Rainaldi pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Comité d'orientation en santé mentale

Nombre d'habitants :

840000

Nombre de communes :

1
Hôtel de Ville- Quai Port
13002 Marseille

Françoise Dr Gaunet-Escarras

adjointe au maire déléguée à l'hygiène et à la santé

Mylène Frappas

chargée de mission service santé publique et handicapés
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