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Mieux coordonner l'aide alimentaire : le CCAS de Roubaix se positionne en appui des associations (59)

Santé, médico-social, vieillissement

Social

La deuxième ville du Nord Pas-de-Calais, Roubaix est aussi une ville en grande demande sociale. En 2013, le CCAS a réalisé un diagnostic de l’aide alimentaire sur le territoire qui a révélé un fort besoin de coordination. La dynamique est en route.

Au sein de la métropole lilloise, Roubaix (99.000 habitants) fait face à une crise durable liée notamment à l’effondrement de l’industrie textile française, et 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Roubaix est aussi une ville solidaire qui compte de très nombreuses structures d’entraide. Autant dire que lorsque l’Union européenne a envisagé d’interrompre le financement de l’aide alimentaire au 1er janvier 2014, les associations locales et les élus sont montés au créneau. "Il existe un lien au quotidien entre les associations qui distribuent de l’aide alimentaire et la direction des aides, du suivi social et de l’insertion (Dassi) du CCAS", indique la directrice générale du CCAS, Séverine Soétaert.

Se donner les moyens de réaliser un état des lieux approfondi de l’aide alimentaire

"Face à l’augmentation des demandes d’aides émanant des ménages en difficulté, tant pour le règlement des factures énergétiques que pour une aide alimentaire, et dans le contexte européen de l’époque, le maire avait demandé au CCAS de lancer une enquête et une analyse sur les besoins", se souvient Séverine Soétaert. Au printemps 2013, une chargée de mission est recrutée pour six mois afin de poser un diagnostic de l’aide alimentaire.
La forte participation des acteurs associatifs locaux a permis d’identifier 15 associations œuvrant dans le domaine de l’aide alimentaire, que ce soit leur objet principal ou en complément d’autres activités. Ce repérage permet de dénombrer les bénéficiaires de l’aide alimentaire de manière la plus complète possible. Le diagnostic présenté en septembre 2013 révèle que 26.184 inscriptions (lire encadré) dans l’année ont été réalisées sur Roubaix.

Mieux se connaître et mieux savoir qui fait quoi, pour mieux orienter les personnes

Dans ses conclusions, le diagnostic préconise de renforcer la coordination entre les associations afin d’améliorer l’efficacité de l’aide alimentaire. .. "L’intérêt du diagnostic est qu’il a pris en compte toutes les associations, en soulignant la différence d’envergure de chacune. Ce foisonnement et la diversité de ces structures nécessite une coordination qui doit être coconstruite", confirme la directrice générale du CCAS.
Dans la foulée, la dynamique est lancée, et depuis 2014, tous les deux mois, une réunion rassemble les associations, dans les locaux de l’une d’elles à tour de rôle." L’objectif de départ est très humble puisqu’il vise à ce que les associations se connaissent mieux", estime Stéphane Vatan, le responsable de la Dassi qui anime ces rencontres. Autre petite avancée aux retombées fort positives : les fiches de liaison sont désormais plus formalisées et précisent les spécificités de chaque association. Sont identifiées par exemple les associations qui aident les publics sans papiers, ce qui facilite le travail d’orientation des agents du CCAS.
Ces réunions bimestrielles renforcent donc les liens non seulement entre les associations, mais également entre celles-ci et les institutions. Le CCAS, mieux informé des activités de chacune des associations, peut plus facilement jouer les relais, par exemple, pour des demandes de locaux.

Plate-forme de communication au service des petites associations

Sans passer par une étape de véritable structuration ni de conventionnement, le CCAS a décidé de proposer un support informatique aux petites associations afin de les aider à mieux informer leurs publics. Et cela via la plateforme de communication locale, la Fabrique, qui met en ligne les heures d’ouverture des structures d’aide, les personnes référentes, les lieux et les principales activités des associations qui le souhaitent.
Si les associations les plus connues, comme les Restos du cœur, la Croix rouge ou le Secours populaire, disposent déjà de sites internet, les plus petites n’ont pas ces moyens. "Or le public roubaisien est enclin à se diriger vers de petites structures, très familiales, à l’échelle d’un quartier", précise le responsable de la Dassi.

Le travail des petites structures de quartier mieux compris et mieux reconnu

"Le diagnostic réalisé par le CCAS a apporté une forme de reconnaissance et de valorisation du travail de ces associations solidaires de quartier à la roubaisienne." Le maintien des financements européens jusqu’en 2020 permet au secteur de souffler, malgré l’augmentation des demandes des ménages.
"Nous attendons la fin 2014 pour tirer un bilan, mais une dynamique s’est créée, constate la directrice générale du CCAS. Face à la précarité qui augmente, le CCAS veut jouer un rôle de coordination d’un réseau afin de favoriser l’entraide entre les associations."

26.184 inscriptions en 2013 à Roubaix
Ce nombre correspond au nombre d’inscriptions et non au nombre de personnes. En effet, une personne peut s’inscrire dans plusieurs associations ; de plus, pour certaines structures, il n’est parfois pas possible de distinguer les personnes bénéficiant de l’aide alimentaire, des bénéficiaires d’autres actions proposées.

Cécile Perrin pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

 

Contact(s)

Centre communal d'action sociale de Roubaix

9/11 rue Pellart
59100 Roubaix
03 20 81 57 74
Nombre d'habitants : 95000

Pierre-Marie Vienne

Vice-président du CCAS, adjoint délégué à l'action sociale

Séverine Soétaert

Directrice générale
contact@ccas-roubaix.fr

Stéphane Vatan

Responsable de la direction accueil, suivi social et insertion
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