À Nancy, dispositif atypique de garde d'enfants pour les parents en horaires de travail décalés (54)

Géré par le CCAS de Nancy, Arc-en-Ciel est un dispositif original pour la garde d’enfants destiné à soutenir le retour à l'emploi, un parcours d'insertion, ou pour donner un coup de pouce transitoire lors d’une phase difficile. Sa particularité : assurer la jonction entre le domicile et l'école ou la crèche selon des horaires à la carte grâce au recours à des étudiants. Et cela, pour les enfants âgés de dix semaines à dix ans. Il a fait ses preuves dans la durée.

À l'heure où d'autres dorment, Arc-en-Ciel est déjà debout. Plus exactement, ses employés. Ils sont dès 5h du matin si besoin au domicile de parents ayant besoin que quelqu'un s'occupe de lever et accompagner leur(s) enfant(s) à la crèche ou à l'école. Idem le soir. Ils vont chercher les enfants à la crèche ou à la garderie de l'école, s'occupent de leur faire faire leur devoir, les doucher, les faire dîner et coucher au besoin, jusqu'au retour des parents. 

Le service fonctionne de 5h à 8h30 et de 18h00 à 24h

"Ce service atypique a été imaginé pour compléter les modes classiques de garde d’enfants qui ne sont pas adaptés aux parents travaillant à des horaires décalés, notamment dans le cadre de parcours d’insertion ou de retour maintien à l’emploi. C'est une offre qui permet de faire de la dentelle pour des cas particuliers, des familles monoparentales essentiellement, mais aussi parfois de couples bi-actifs", résume l’adjointe au maire déléguée à la politique familiale et à la petite enfance, Élisabeth Laithier. Depuis sa création en 2005, le service bénéficie de cofinancements, et le tarif pour les familles va de 43 centimes d'euro de l'heure à 2,13 euros.

En 2018, 34 familles ont bénéficié du dispositif 

La très grande majorité des bénéficiaires sont des familles monoparentales, en l'occurrence des mères élevant seules leur enfant. "Elles font souvent le ménage dans des bureaux, des entreprises et magasins et ont donc des horaires de travail très tôt le matin et tard le soir", précise l'élue. Si le bilan de 2019 a été décalé en raison de la crise du Covid-19, les chiffres de 2018 montrent que sur les 34 familles ayant bénéficié du dispositif, 31 étaient des mères isolées. Dans 42% des situations, le motif d'entrée était l'insertion professionnelle, dans un tiers des cas (32%) le suivi d'une formation, dans 16% des cas le maintien dans l'emploi. Les 11% restant sont les "autres cas", en général des coups de pouce transitoires, pour du soutien familial, suite à un divorce.

Étudiants motivés

Le service Arc-en-Ciel a été rendu possible grâce au recours à des étudiants. Il s'agit d'étudiants motivés issus des filières sanitaires, médicosociales et universitaires (psychologie, sciences du langage, sciences de l’éducation). "S'il fallait recourir à du personnel diplômé, ce dispositif ne serait simplement pas tenable d'un point de vue économique", explique l'élue. Les étudiants sont rémunérés au smic horaire, avec une majoration de 25% entre 22h et 7h du matin. En moyenne, Arc-en-Ciel fonctionne avec un volant de 18 à 20 étudiants. Plus ce volant d’étudiants est important et plus il est possible de répondre à des demandes ponctuelles et urgentes : par exemple, lorsqu’il a fallu dépanner une maman qui reprenait son poste à SOS Médecins pendant le confinement du printemps 2020.

Budget soutenu par des cofinancements

Dès l'origine, et aujourd'hui encore, Arc-en-Ciel bénéficie de cofinancements qu'il a obtenu en raison de ses spécificités : l'aide à l'emploi et l'accompagnement de publics fragiles (emplois précaires), familles monoparentales. À ce titre, il est subventionné par la métropole de Nancy au titre du projet de cohésion sociale et territoriale et du contrat de ville. Il reçoit une subvention du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle dans le cadre du contrat Territoires solidaires, une aide de l’État par le biais du Commissariat général à l'égalité des territoires dans le cadre de projets initiés sur les territoires prioritaires visant à contribuer à la prévention de la délinquance et des discriminations, et enfin une subvention de fonctionnement de la CAF.

Contrecoup du confinement

Le dispositif Arc-en-Ciel a continué à fonctionner durant la période de confinement liée au Covid-19. Mais à un moindre rythme car la très grande majorité des parents ont été en chômage partiel ou ont perdu leur emploi. Le service a dû aussi adopter ce rythme "endormi" car une partie des étudiants n'étaient simplement plus disponibles, car retournés vivre chez eux pendant cette période.

Commune de Nancy

Nombre d'habitants :

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Elisabeth Laithier

Adjointe du maire déléguée à la petite enfance et politique familiale

CCAS de Nancy

5 rue Léopold Lallement
54000 Nancy

Claudine Yettou

Directrice
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