Opération "Eté Jeunes" pour les 14-16 ans

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Gers

La communauté de communes Coeur de Gascogne a mis en place des chantiers d'une semaine pour les jeunes, pendant les vacances. Le succès auprès des 14-16 ans et de la population est au rendez-vous. Ces chantiers nécessitent cependant un suivi et une énergie considérables de la part des élus et encadrants bénévoles. Des problèmes de normes administratives et de sécurité persistent.

Initialement mis en place à Auch (Gers) dans le cadre du dispositif national de lutte contre la délinquance "Ville Vie Vacances", des chantiers de quinze jours sont organisés pendant l'été pour les jeunes de la villes d'Auch et des communes rurales alentour. Mais Auch, victime de son succès, décide de ne plus accueillir les jeunes des territoires plus éloignés.
Constatant que ses propres jeunes recherchent toujours cette occupation, la communauté de communes Coeur de Gascogne décide de lancer ses propres chantiers en 2003. "L'objectif de cette action est de donner aux jeunes une activité en répondant à leur demande", précise la vice-présidente, et finalement d'encourager la citoyenneté sur le territoire intercommunal.

Une bourse-loisirs de 60 euros par semaine et par jeune.

Tous les étés, plus d'une centaine de jeunes habitants âgés de 14 à 16 ans participent par groupe de douze pendant une semaine à un chantier qui se déroule à chaque fois dans une commune différente. Ils sont encadrés et travaillent pendant cinq matinées (de 9 heures à 12 heures) à des travaux de nettoyage, peinture, débroussaillage, pour la commune et ses bâtiments publics (école, salle des fêtes, mairie...). Un chantier a même réalisé une fresque sur la différence et l'égalité sous le préau d'une école, à Roquefort, qui sert d'émulation à toute l'opération. Ces jeunes sont indemnisés pour ce travail sous la forme d'une "bourse-loisirs" de 60 euros par semaine et par jeune (versée sur leur compte individuel), et ils disposent de quelques avantages (un tee-shirt de la communauté de communes, des entrées dans une base de loisirs).
Le repas et l'après-midi sont libres. Les jeunes organisent souvent un pique-nique entre eux et de temps en temps des activités leur sont proposées (théâtre...). Durant les deux premières éditions, une fête de clôture a été organisée à la fin de l'été.
L'action se poursuit depuis quatre ans, en juillet et début août, au moment où les jeunes sont le plus présents dans leur famille. Avec une dizaine de chantiers par été (certains chantiers se déroulent en même temps mais dans des communes différentes), près de cent familles sont concernées chaque année : 96 participants en 2003, 102 en 2004.

Les chantiers de jeunes constituent une action intercommunale réellement consensuelle

Cette action est entièrement prise en charge par la communauté de communes. Elle est "très consensuelle" au sein du bureau et chaque élu s'implique dans sa commune lorsqu'un chantier y est prévu.
Le coût total de l'action est évalué à 12.000 euros chaque année. L'opération bénéficie d'une aide conséquente et essentielle de la Caisse d'allocations familiales, par un contrat temps libre qui permet chaque année d'en financer 50%. Le conseil général du Gers a apporté, chaque année, une aide de 1.800 euros environ.
Les chantiers nécessitent un suivi administratif important : la communauté de communes se charge des inscriptions, de la gestion des bourses-loisirs et du suivi de chaque chantier durant l'été, soit au total environ 30 journées de travail dans l'année.
Les encadrements des chantiers sont mixtes. Pour la partie technique, ce sont les employés communaux et/ou les élus qui s'impliquent personnellement et bénévolement ; ils se mobilisent pour accueillir les jeunes et les recevoir cinq matinées de suite en juillet-août, pour préparer le matériel, la trousse de premiers secours, le goûter. Ils insistent auprès des jeunes sur leur comportement, "de manière à ce que les jeunes comprennent le rôle de chacun". Pour l'animation, la communauté de communes recrute de jeunes adultes titulaires du Bafa.

Presque toutes les familles du territoire sont concernées

En dépit des importantes actions réalisées par la communauté de communes depuis sa création en 2002, telle la zone artisanale de Jegun, les chantiers de jeunes constituent la première action intercommunale réellement visible. En effet, presque toutes les familles sont concernées, les chantiers se déroulent bien et la communauté de communes est fière de cette action-phare et de son impact sur les petites communes (comme à Antras, qui compte 58 habitants). Les jeunes en redemandent, ils sont motivés par cette action qui se déroule dans la bonne humeur et entre copains, tout en gagnant un peu d'argent. 80% d'entre eux participent aux chantiers et ils réclament des temps de chantiers plus longs et accessibles après 16 ans. Egalement très satisfaits, les parents et les familles réinscrivent leurs enfants. Le travail qu'effectuent ces jeunes adolescents durant l'été est perçu aussi très positivement par la population qui considère qu'ils rendent un véritable service à la collectivité. Leur travail se voit ainsi valorisé, d'autant plus que leurs ouvrages d'embellissement n'auraient jamais été décidés sans ces chantiers.

Les jeunes sont souvent plus efficaces que les élus ne le pensent !

Ces chantiers ne peuvent bien fonctionner qu'à condition d'être bien préparés. Les dix communes concernées sont donc chargées de réunir le matériel, d'organiser le goûter quotidien et de sécuriser la zone de travail. Pour limiter les risques d'accident, les élus anticipent sur les précautions à prendre. Les chantiers tournent de communes en communes, afin d'éviter tout essoufflement des bonnes volontés (pour trouver de nouveaux travaux) et des encadrants qui s'investissent personnellement : les jeunes sont souvent plus rapides et efficaces que les élus ne le pensent !
Quelques difficultés cependant se présentent, liées tout d'abord au "flou administratif" dans lequel se déroule cette opération. Celle-ci est en effet hors normes quant au nombre de jeunes accueillis (assez peu par chantier), à l'indemnisation versée (ils ne sont pas en âge de travailler) et aux activités pratiquées. Prévenues, les administrations ne se prononcent pas sur le projet. Les élus demandent donc aux parents de signer une décharge qui ne les met cependant pas à l'abri d'un accident susceptible de poser des questions de responsabilités, d'autorisation des chantiers...
Par ailleurs, ces chantiers continuent de soulever trois points délicats :
- une gestion administrative assez lourde, notamment pour les inscriptions et le suivi des chantiers, mais qui commence à être facilitée par les inscriptions via le site web, une première étape vers l'e-administration locale peut être !
- l'implication nécessaire des élus, parfois sous-estimée mais qui conditionne l'intérêt des travaux et leur bon déroulement ;
- enfin l'indispensable renouvellement des activités pour conserver l'intérêt des adolescents : il pourrait leur être proposé de rénover un lavoir ou un moulin mais ces travaux plus techniques nécessitent un encadrement spécialisé et des autorisations administratives.

L'encadrement qualifié, une condition indispensable

En 2007, il a été prévu de reconduire les chantiers dans les mêmes conditions d'accueil : environ douze jeunes par chantier, pour constituer des groupes homogènes et équilibrés, avec un encadrement constitué d'un élu et d'un employé communal et d'un jeune animateur diplômé. Au reste, la communauté de commune estime prendre une précaution supplémentaire par l'emploi de cet encadrant car, en cas d'accident, elle peut justifier de l'emploi de personnel qualifié sur chaque chantier.
Les nouvelles règlementations "Jeunesse et Sports" sur les activités à destination des plus de 14 ans pourraient aussi apporter un encadrement juridique à cette action.
Sont aussi en projet quelques activités supplémentaires l'après-midi en liaison avec les autres activités de loisirs déjà en place (sports, camps...).

 

Aline Cherpeau, chargée du centre de ressources au CPIE de Haute-Auvergne

 

Le conseil des élus

"Il faut une motivation forte des élus. Cette action ne peut se réaliser qu'avec l'implication des responsables communaux, surtout dans les communes les plus petites qui ne disposent pas de personnel communal pour suivre les jeunes et où les élus organisent directement le chantier. Il faut du temps pour accueillir les jeunes . Pour que les chantiers réussissent, il faut que les encadrants (élus et ou employés communaux) dégagent suffisamment de temps pour préparer et animer les chantiers. La gestion administrative des chantiers nécessite beaucoup d'énergie."

Communauté de communes Coeur de Gascogne

Nombre d'habitants :

6500

Nombre de communes :

17
Grande Rue - BP1
32360 Jegun
info@coeurdegascogne.com

Cathie Duran

vice-présidente, responsable de la commission Communication

Claire Le Gal

directrice
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