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Plus d'hébergements et plus de SDF : un rapport d'information cherche à comprendre

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par
Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis
dans

Logement

Social

Quelques jours après la publication du "faire-part" 2018 du collectif Les Morts de la rue et l'annonce des première résultats du décompte de la deuxième Nuit de la solidarité à Paris (voir nos articles ci-dessous des 15 et 19 mars 2019), le groupe de travail de la commission des affaires économiques de l'Assemblée remet ses conclusions sur l'hébergement d'urgence. Présentant les résultats, son rapporteur Nicolas Démoulin, député (LREM) de l'Hérault, a expliqué que la réalité des personnes à la rue est "très mal connue et quantifiée par les pouvoirs publics", les derniers chiffres officiels nationaux remontant à une étude de l'Insee de 2012, qui dénombrait 141.000 personnes sans domicile. Un chiffre aujourd'hui "complètement obsolète", surtout après la crise migratoire. Il apparaît donc "indispensable" de procéder à un nouveau recensement de ces personnes pour quantifier les besoins et adapter en conséquence les capacités d'hébergement. En effet, le rapport estime que la méconnaissance actuelle "entrave toute capacité de l'État et des acteurs locaux à programmer une offre d'hébergement adaptée", d'autant plus que le public concerné se diversifie et compte "un nombre croissant de familles, de femmes et d'enfants".

Le paradoxe, auquel le rapport ne répond d'ailleurs pas vraiment, est que l'effort en faveur de l'hébergement d'urgence s'est fortement accru (crédits en hausse de 54% depuis 2012, pour atteindre deux milliards d'euros), sans pour autant faire baisser la pression. Au-delà de cette saturation, le rapport pointe aussi les différences injustifiées entre les centres, dont certains n'assurent pas "des missions élémentaires, comme la distribution d'un repas le soir, [...] au mépris de la loi", ou encore la mise en œuvre d'une "priorisation" des publics, elle aussi contraire à la loi. Le rapport préconise notamment "d'accélérer les régularisations des familles sans-papier", afin de libérer des places dans les hôtels sociaux, d'augmenter la production de logements très sociaux et de développer "les dispositifs d'accompagnement dans le logement [...] aujourd'hui éclatés et insuffisants".

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