Autre pays

Point vert : le pays des Condruses couve les projets de maraîchage (Belgique)

Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

En Belgique, le pays des Condruses regroupe sept communes rurales à une trentaine de kilomètres de Liège. Depuis 2009, un groupe d'action locale (GAL) s'y est implanté et pilote des projets de développement. Le dernier créé en 2013, Point vert, favorise l'agriculture de proximité. Il a pu voir le jour en s'insérant dans un réseau d'associations sans but lucratif déjà existantes. Une vraie dynamique naît de cette approche globale.

La commune de Modave, au nord-ouest du pays des Condruses, est à l'origine du projet Point vert. Elle dispose d'une friche agricole de six hectares et souhaite développer un projet autour de l'agriculture de proximité. En 2012, le groupe d'action locale (GAL) du pays des Condruses (voir fin d’article) commande le business plan d'une coopérative de production maraîchère et conclut qu'elle serait difficilement rentable sur la surface disponible.
Pourtant, les élus et les citoyens qui pilotent le GAL savent qu'ils ne partent pas de rien. Ils décident de créer un espace-test agricole en l’adossant à des structures déjà existantes sur le territoire. L’objectif : proposer à des porteurs de projets en maraîchage un dispositif complet, depuis l’accès à la terre jusqu’à la commercialisation des produits en n’oubliant pas la formation et l’accompagnement. Retour sur la montée en charge de ce dispositif aujourd’hui global.

Pépinière, insertion, commercialisation, et enfin Point vert qui comble un chaînon manquant

Ce projet peut s’appuyer sur des structures développées au fil du temps par le GAL sur le territoire. En 2003, une pépinière d'entreprises, Créa job, a été montée. Elle permet d'accompagner pendant 18 mois des chômeurs indemnisés désireux de créer leur entreprise, notamment par un soutien au plan juridique et administratif. En 2011, Devenirs, un organisme d’insertion socioprofessionnelle, qui dispense une formation technique sur le maraîchage, complète le dispositif.
Si ces deux structures peuvent jouer le rôle de bonnes fées autour du berceau de créateurs qui ont des projets liés à l'agriculture, il existe une défaillance au projet : la commercialisation des produits agricoles. Qu’à cela ne tienne, en 2012, pour pallier cette carence, le GAL crée Point Ferme, une coopérative de distribution de légumes en circuits courts sous forme de paniers fermiers, qui ouvre un marché pour écouler les produits.
En 2013, le dispositif propose un organisme d’insertion, une couveuse d’entreprise, un système de vente pour écouler les productions. Manquait une structure pour faciliter l’accès au foncier. Le GAL, en créant Point vert, comble ce chaînon manquant : cette association sans but lucratif permet aux créateurs d’accéder au foncier, de côtoyer d’autres maraîchers et professionnels de la filière et de bénéficier d’un matériel mutualisé.

Terrain et matériel mis à disposition de porteurs de projets en maraîchage

"L’association Point Vert a préparé les terrains, mis en place un système d'irrigation, acheté des serres-tunnels et des chalets pour ranger le matériel, explique Jean-François Pécheur, directeur du GAL. Ensuite un potager collectif a été ouvert aux habitants du village et les terres restantes ont été mises à la disposition des porteurs de projets en maraîchage, au sens large."
Compte tenu des surfaces relativement modestes disponibles à Modave, Point vert ne peut pas accueillir plus de six entrepreneurs en même temps. Chacun se voit confier 50 ares pendant 18 mois, le temps de tester son projet. Les candidats ont des profils et des projets très divers. L'un veut tester la culture de champignons sur bûche avant de se lancer dans un projet à grande échelle. Un autre, étudiant dans une école d'agronomie, souhaite éprouver un projet d'amarantes avant de partir s'installer en Afrique. Un troisième cherche à se spécialiser dans la production de fraises...
Certains sont demandeurs d'emploi et intègrent la pépinière de façon à lancer leurs projets tout en percevant leurs allocations de chômage. D'autres ont un emploi et préparent leur reconversion ; dans ce dernier cas, ils ne peuvent pas intégrer la pépinière, mais bénéficient d'une formation dispensée par Devenirs et d'un suivi personnalisé du GAL.

L’objectif du conseil d'administration du GAL du Pays de Condruses n’est pas d’accueillir davantage de créateurs d'entreprises, mais plutôt d’essaimer dans le cadre du Fonds Wallon de développement durable.

Groupe d'action locale Pays des Condruses
Un GAL est un ensemble de partenaires socio-économiques privés et publics installés dans des territoires ruraux et chargés de la mise en place d’une stratégie de développement organisée. Il met en œuvre le programme européen Feader et redistribue les subventions européennes.
Créée le 19 décembre 2009, l’association GAL Pays des Condruses compte 33 membres : 7 communes (Anthisnes, Clavier, Marchin, Modave, Nandrin, Ouffet et Tinlot) et 26 membres privés issus de divers secteurs (touristique, agricole, environnemental, culturel, économique, patrimoine, recherche, etc.)
Le GAL est géré par un conseil d’administration de 15 membres (7 communaux et 8 privés). Elle est présidée par Éric Lomba, maire de Marchin.

Luc Blanchard, Studio Graph, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Contact(s)

Pays des Condruses

Rue de la Charmille, 16
4577 Strée (Belgique)
00 32 85 27 49 77
Nombre d'habitants : 29200
Nombre de communes : 7
Nom de la commune la plus peuplée : Nandrin (5800 hab.)

Eric Lomba

Maire de Marchin et président du GAL

Groupe d'action locale Pays des Condruses

Rue de la Charmille, 16
4577 Strée (Belgique)
00 32 85 27 46 10

Jean-François Pécheur

Directeur
jeanfrancois.pecheur@galcondruses.be
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