Politique de la ville : Élisabeth Borne amorce le dialogue sur les prochains contrats de ville

L’emploi et la mobilisation des habitants seront deux priorités des prochains contrats de ville, selon Matignon. À Vaulx-en-Velin vendredi 22 juillet, Élisabeth Borne a affirmé son ambition pour la politique de la ville et engagé le dialogue avec les élus. Les actuels contrats de ville arrivant à échéance fin 2023, la concertation devra "aboutir" au premier semestre pour assurer la continuité de cette politique.

À Vaulx-en-Velin (Rhône) le 22 juillet 2022, trente-deux ans après les émeutes qui avaient accéléré la prise de conscience sur les problèmes des banlieues en France, la Première ministre, Élisabeth Borne, est venue promettre "une politique de la ville ambitieuse dans les quartiers prioritaires avec tous les acteurs" pour combattre "les inégalités de destin". Accompagnée d’Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au Logement, Élisabeth Borne s’est rendue dans les lieux d’animation – estampillés "Quartiers d’été" (voir notre article) – d’activités culturelles et sportives pendant l’été pour les jeunes de la ville. L’occasion pour Matignon de rappeler que l’ensemble des dispositifs mis en place par le gouvernement à l’été 2020 dans le contexte de l’épidémie de Covid-19 – Quartiers d’été, écoles ouvertes et buissonnières, été culturel… –, étaient pérennisés avec le maintien d’un financement global de l’État de 146,5 millions d’euros.       

L’objectif de plein emploi au cœur des nouveaux contrats de ville

Auprès d’élus locaux et de parlementaires, le déplacement a également été l’occasion d’amorcer le dialogue en vue de la préparation de la nouvelle génération de contrats de ville qui seront signés fin 2023. Selon Matignon, l’objectif de plein emploi sera au cœur de ce renouvellement de la politique de la ville. En s’appuyant sur le contrat d’engagement jeunes et "sur le succès de l’apprentissage des dernières années", il s’agira de "réussir à démultiplier des formules innovantes pour nos quartiers", avait esquissé Emmanuel Macron le 21 avril 2022 à Saint-Denis entre les deux tours de l’élection présidentielle. Présentant les contours d’un plan intitulé "Quartiers 2030", le président-candidat avait mis en avant quatre grandes priorités : la jeunesse, la rénovation urbaine et l’habitat, la sécurité et l’économie. Il avait notamment évoqué la nécessité de créer de nouvelles dynamiques économiques dans les quartiers, par le développement des aides et des investissements, d’incubateurs ou encore du tutorat.  Elisabeth Borne a pour sa part notamment affirmé vendredi que l'enjeu était "de trouver les bonnes formations". Et a dit souhaiter "amplifier les politiques" d'aide à la création d'entreprises dans les quartiers.

Orchestrée par le ministre de la Ville, la concertation sur les nouveaux contrats de ville devra "aboutir lors du premier semestre 2023", précise encore Matignon. Parmi les points d’appui pour ces échanges à venir : les recommandations formulées par le Conseil national des villes (CNV), ainsi que par la commission qui avait été mise en place par la précédente ministre de la Ville, Nadia Hai (voir notre article).

Associer davantage les habitants

"Beaucoup d’actions ont été menées sur les logements, il faut continuer", a mis en avant Élisabeth Borne, interpelée sur le pouvoir d’achat et sur les résultats de l’action gouvernementale. La Première ministre en veut pour preuve cette médiathèque maison de quartier Léonard-de-Vinci, tout récemment inaugurée et financée notamment par le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), où se tenait la séquence. Il s’agit du "projet phare du renouvellement urbain du quartier du Mas du Taureau", selon Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin et ancienne secrétaire d’État à la Ville. Un projet qui démontre, selon Matignon, que "la politique de la ville produit des résultats très concrets sur les formes urbaines".

"Un de nos défis est d’associer davantage les habitants" à l'élaboration et au suivi des contrats pour "embarquer tout le monde", a estimé la Première ministre.  Au vu des "taux d'abstention" élevés aux dernières élections et des "votes extrêmes", "on se dit peut-être que les habitants ne sont pas suffisamment à bord de ce qu'on essaye de faire pour améliorer leur vie", a-t-elle glissé. L’objectif de concertation dans la définition et la mise en œuvre des contrats de ville, qui figurait dans la loi Lamy de 2014, a été insuffisamment mis en œuvre, reconnaît Matignon. Cette "mobilisation collective", des habitants et des acteurs locaux dans leur ensemble, est pourtant jugée indispensable pour réellement "changer la vie des gens". Elisabeth Borne s'est ainsi dite désireuse d'être "à l'écoute de ce que les maires, qui bénéficient aujourd'hui de ces dispositifs, ont à nous dire" pour les futurs contrats, et de "donner beaucoup plus de latitude au niveau local pour s'adapter aux situations". Et a enfin souhaité que "tout le gouvernement" s'investisse en réunissant "régulièrement un comité interministériel des villes" : "L'égalité des chances (...), ça suppose d'agir sur tout", sur "toutes les politiques", que ce soit la sécurité, l'éducation la santé ou le logement.

 

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