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Politique d'envergure en faveur du TER en Picardie

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Du fait de sa proximité avec l'Ile-de France, la région Picardie gère une activité ferroviaire importante. Dans le cadre de la convention passée avec la SNCF en 2002, suite au transfert de compétences de l'Etat à la région concernant les TER, le conseil régional mène une politique d'envergure : renouvellement du matériel, rénovation de l'ensemble des gares sur certains axes, renforcement des politiques tarifaires, suivi de la qualité du service et dialogue avec les usagers.

Avec 1.559 km de voies ferrées, 180 gares ou points d'arrêts, 387 TER circulant quotidiennement, 36.500 voyageurs en moyenne tous les jours sur le réseau TER et 89 euros de budget TER par habitant, la région Picardie supporte une activité ferroviaire surdimensionnée par rapport à sa taille et à sa population. Sa proximité avec l'Ile-de-France et les flux de voyageurs quotidiens entre les deux régions en est la cause. Depuis 2002, dans le cadre du transfert de compétences de l'Etat aux conseils régionaux, la Picardie est devenue, comme toutes les autres régions, totalement responsable des TER. Autorité organisatrice, elle définit à la SNCF, à travers une convention d'exploitation (de cinq ans), le service qu'elle attend. Elle se retrouve ainsi proche d'une situation de délégation du service public, avec la particularité de ne pas avoir le choix de l'opérateur. La SNCF assure la gestion courante du service et la région prend en charge le suivi et le contrôle de la qualité du service qui se base sur des critères comme la ponctualité, la continuité du service, la propreté, le confort et l'information des voyageurs. "Ce n'est pas une rupture complète, car la région s'impliquait déjà dans les transports régionaux, notamment en termes de rénovation du matériel, souligne Daniel Beurdeley, premier vice-président du conseil régional de Picardie, chargé des transports. L'activité ferroviaire étant disproportionnée par rapport à la taille de la région, le conseil régional a négocié le plus possible une forfaitisation de la participation régionale (qui s'est élevée à 114 millions d'euros en 2006 sur lesquels l'Etat compense 108 millions d'euros) afin de réduire le risque financier. L'autre particularité de la région est d'être très contrastée entre le nord et le sud : au sud, proche de la région parisienne, les flux sont importants et y circulent des trains qui peuvent aller jusqu'à 1.400 places. Au nord, dans un contexte très rural certains trains n'offrent pas plus de 80 places."

 

85% du matériel ferroviaire renouvelé d'ici 2010

L'action de la région en matière ferroviaire se décline en quatre axes.
Premier axe : la modernisation du matériel roulant. Au moment du transfert de compétences, la région a hérité d'un parc assez ancien, d'une moyenne d'âge de 21 ans, soit 400 voitures d'une grande variété. Le budget annuel de remplacement du matériel est de 35 millions d'euros sur lesquels l'Etat compense 12 millions d'euros par an. Entre 2002 et 2008, 120 voitures neuves auront été livrées. Une commande de 160 millions d'euros a été lancée en décembre 2006 avec l'objectif de renouveler 85% du parc d'ici 2010.
Deuxième axe d'action : la tarification, avec l'objectif d'améliorer les tarifs préférentiels déjà proposés par la SNCF sous forme d'abonnements. Ainsi, pour les étudiants, la région prend en charge 50% des abonnements ainsi que, depuis 2005 (date du changement de majorité régionale), la gratuité du transport pour les étudiants boursiers. Elle finance également des trajets gratuits pour les demandeurs d'emploi devant se rendre à des entretiens d'embauche. Enfin, elle assume le déplafonnement des abonnements domicile-travail (limités par la SNCF à 75 km de trajet) aussi bien à l'intérieur de la région que vers Paris. Cet effort en faveur de la tarification représente pour la région une dépense annuelle de 11 millions d'euros.

 

Une modernisation simultanée des lignes et des gares

Troisième axe d'intervention : les infrastructures et les gares. "La région a récupéré un réseau en mauvais état, souligne Daniel Beurdeley, surtout les petites lignes. Dans le cadre du contrat de plan Etat-région 1995-1999, elle s'est investie dans la modernisation des lignes Paris-Beauvais et Paris-Laon, ce qui a permis d'augmenter le nombre de trains circulant sur ces lignes (de huit à seize allers-retours par jour vers Paris). Dans le contrat 2000-2006, le conseil régional est intervenu sur trois axes internes à la Picardie : Amiens-Abbeville, Amiens-Compiègne ainsi que sur la transversale Amiens-Laon. Cette dernière est essentiellement dédiée au fret (qui n'est pas la compétence de la région) et l'implication de la région a permis de renforcer l'offre voyageurs sur cette ligne." Sur les deux premiers axes, la région a travaillé selon une approche globale en agissant simultanément sur la modernisation des gares et l'introduction de matériel neuf avec une augmentation du nombre de trains pour faire revenir une clientèle vers le train et redynamiser ces petites lignes. Sur l'axe Amiens-Compiègne, la fréquentation a augmenté de 25%. "Quand nous intervenons sur une ligne, notre politique est de rénover toutes les gares présentes sur cet axe et de le faire à fond : quais, signalétique, hall, guichets. Sur les trois lignes concernées, dix gares et vingt-deux points d'arrêts ont ainsi été rénovés. La rénovation des infrastructures et des gares correspond à un budget de huit millions d'euros en 2006."

 

Objectif de la prochaine convention : améliorer la ponctualité

Quatrième axe de travail : l'amélioration générale du service rendu et le dialogue avec les usagers. Des comités de lignes réunissant des usagers (individuels ou appartenant à des associations), des maires, des représentants de la région et de la SNCF, se réunissent deux fois par an. Leur objectif est autant d'écouter que d'apporter des informations. "Les demandes sont parfois difficiles à satisfaire, souligne Daniel Beurdeley, car il ne faut pas oublier que le ferroviaire reste un transport de masse qui ne peut pas se plier aux besoins très ciblés des individus."
En 2006, a également été mis en place un comité régional des partenaires du transport collectif qui regroupe, au niveau de la région, les usagers et les représentants des départements et des agglomérations. Ce comité discute des grandes orientations. Parallèlement, deux groupes de travail spécifiques ont été créés.
Le premier a travaillé en 2006 sur la qualité de service (dialogue avec les associations pour prendre en compte leurs demandes avant de négocier la convention d'exploitation 2007-2012). Ce groupe de travail se consacre depuis le début de l'année 2007 à la perspective de la télébillétique en s'appuyant sur les notions de chaîne de déplacement et d'inter modalité.
Le second groupe se penche sur les questions d'accessibilité des personnes à mobilité réduite. Ce dernier groupe, qui a commencé à fonctionner en 2006, s'est donné trois ans pour établir un schéma régional d'accessibilité et dix ans pour rendre accessibles les services de transport ferroviaire. Cela passe par la mise en service d'ascenseurs, par un rehaussement des quais et, dans les cas où ces modifications ne sont pas possibles, par la mise en place d'un service de substitution.

"Avec la convention 2007-2012, l'objectif est de poursuivre dans ces différentes directions avec une amélioration du service rendu par la SNCF, notamment en termes de ponctualité. Aujourd'hui, l'objectif assigné à la SNCF dans le cadre de la convention d'exploitation 2002-2006 est de 90% des trains à l'heure (moins de cinq minutes de retard) pour les axes vers Paris, et de 92% pour les autres lignes. Nous souhaitons porter les objectifs de ponctualité respectivement à 92 et 94%, avec un suivi différencié sur les heures de pointe et les heures creuses car les retards n'ont évidemment pas le même impact selon le moment où ils interviennent. Nous serons également très vigilants sur la présence indispensable des agents dans les gares et dans les trains, afin d'assurer une présence humaine, garantissant le maintien d'un réel service public."

 

Maryline Trassard, pour les rubriques Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

Conseil régional de Picardie

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80026 Amiens
03 22 97 37 37
aferte@cr-picardie.fr

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fleonardi@cr-picardie.fr

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