Morgan Boëdec / Victoires Éditions

Environnement - Pollution lumineuse : les experts et associations mettent en lumière des impacts cachés

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Dans un manifeste cosigné avec d'autres associations, l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturnes (ANPCEN) invite à adopter une approche plus transversale et intégrée des enjeux de la lumière. La pression de l'éclairage artificiel sur la biodiversité fait aussi l'objet d'une étude et de recommandations qui seront dévoilées le 7 juillet.

Connue pour son concours Villes et villages étoilés et la "dynamique constructive" qu'elle impulse - notamment au travers de chartes - avec les élus ou décideurs, l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturnes (ANPCEN) élargit son audience et son réseau en interpellant sur la nécessité de réduire la lumière artificielle émise la nuit, ou a minima de ne plus en augmenter la quantité. Le manifeste qu'elle vient de cosigner avec France Nature Environnement et la Société astronomique de France invite en ce sens à "faire évoluer les usages de la lumière, d'abord par des mesures de bon sens, sans coût, simples et à effets immédiats, en euros, en Kwh et en nuisances lumineuses évitées, et ce avant même de progresser par certains équipements ou investissements". Ce document plaide aussi pour une meilleure régulation du secteur, une évolution des offres au regard des principes de l'économie de fonctionnalité (garantir des fonctions et pas seulement des produits), et plus de concertation dans les choix faits localement et de transparence dans les données sur l'éclairage public.

Impacts sur la biodversité

Par ailleurs, avec la mission Economie de la biodiversité (groupe Caisse des Dépôts), l'association organise le 7 juillet, à Paris, la présentation d'une étude faisant un état des lieux des connaissances des effets de la lumière artificielle nocturne sur l'environnement, essentiellement la faune, un peu aussi la végétation, typiquement dans les parcs urbains ou squares et jardins publics. L'étude apporte à partir de là des recommandations techniques ou de "bon sens", en vue de diminuer ces impacts. Le plus efficace ? L'extinction qui, en milieu de nuit, se révèle "peu coûteuse et à effets immédiats sur l'environnement". Autres options : réduire les durées et niveaux d'éclairement, les puissances électriques et lumineuses, supprimer certains points lumineux et optimiser l'espace entre ces derniers, utiliser des lampes aux émissions spectrales relativement étroites... "Ce n'est pas une mais des solutions qui doivent émerger de réflexions, de discussions et d'études écologiques et énergétiques menées au niveau local par les collectivités, à ajuster aux espaces et espèces à considérer", prescrit-on en synthèse de cette étude. 

Un potentiel intéressant

Des préconisations utiles aux élus y seront donc fournies. Face à la nécessité de rénovation de l'éclairage extérieur des communes - domaine qu'il reste à faire progresser en conciliant enjeux sociétaux et environnementaux et qui nécessite de lourds investissements – cette étude offre des pistes. Sa dernière partie est ainsi consacrée aux mécanismes contractuels et aux aides mobilisables pour la rénovation de l'éclairage extérieur. Elle fait ressortir l'intérêt des marchés globaux de performance et des contrats de partenariat dans le cadre d'une démarche de rénovation ayant pour but de réduire intelligemment à la fois les consommations d'énergie et les impacts sur la biodiversité, ainsi que le potentiel innovant d'un tiers investissement adapté.

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