Portée par les réseaux d’initiative publique, la fibre poursuit son envolée

Les derniers chiffres de l’Arcep révèlent que la France compte désormais plus d’abonnés au THD qu’à l’ADSL. L’Avicca s’est félicitée de déploiements tirés par les RIP alors que les zones privées font figure de mauvais élèves.

Les dernier chiffres de l’Arcep, arrêtés au 30 juin 2021, sont marqués par une envolée des abonnements au très haut débit avec près d’un million de nouveaux abonnés, majoritairement au FTTH. Le très haut débit (THD – câble, VDSL et fibre) représente désormais 54% du total des abonnements à internet.

Des déploiements tirés par les RIP

54%, c'est également le pourcentage du nombre de locaux français éligibles au THD, portant leur nombre à 31 millions d’adresses. Une dynamique essentiellement portée par les réseaux d’initiative publique (RIP) avec 850.000 nouveaux locaux raccordés, en croissance de 95% sur un an. Sur son site, l’Avicca s’est félicitée de "la réussite de la prise en charge de l'aménagement numérique du territoire par les RIP"… tout en s’inquiétant de la situation dans les zones privées. Ainsi dans les zones Amel (appels à manifestation d'engagements locaux) les opérateurs privés ont livré seulement 150.000 prises, à un rythme "divisé par deux sur un an" selon l’association de collectivités. Des ralentissements également constatés en zone très dense où Orange est pratiquement a été le seul à déployer. Des résultats jugés "insuffisants" par l’autorité qui n’est pas très diserte sur les moyens de faire bouger les lignes.

En zone Amii, les sanctions se font attendre

Un ton étonnamment neutre pour le gendarme des télécoms que l’on retrouve aussi sur les zones Amii. Dans ces zones, on rappellera qu’Orange et SFR s’étaient engagés auprès du gouvernement à livrer 92% des prises à l’échéance de 2020. Les taux de couverture par commune affichés par les opérateurs ont cependant été longtemps biaisés du fait du recours à des référentiels de bâtiments obsolètes. Dans son analyse, l’autorité affirme avoir pris en compte "le recensement de locaux supplémentaires à rendre raccordables pour mettre à jour l’évaluation du nombre de locaux par commune". Selon cette base 81% des locaux des communes sur lesquelles Orange s’est engagé et 90% de ceux dans les communes sur lesquelles SFR s’est engagé ont été rendus raccordables. Des performances en deçà des objectifs contractuels qui font dire à l’Avicca "qu’un semestre après leur échéance, aucun des "engagements" L33-13 de 2018 n'est encore respecté". L’Arcep estime cependant qu’il appartient au gouvernement, signataire des engagements nationaux des deux opérateurs, de prendre des sanctions.

Près de 300 communes classées "zone fibrée"

Au-delà du nombre de prises, le niveau de complétude des déploiements progresse également dans les RIP. Aisne THD et THD 42 (Loire) viennent d’obtenir le statut de "zone fibrée" pour respectivement 182 et 34 nouvelles communes. Au total près de 300 communes, toutes situées dans l’Aisne et la Loire, ont obtenu ce statut. Au-delà du symbole d’un chantier public mené à son terme, ce statut accordé par l’Arcep sur demande des territoires devrait être un des sésames de la dépose du cuivre, le grand chantier télécom des cinq ans à venir.