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Personnes âgées - Près d'un résident sur deux doit puiser dans son épargne ou compter sur ses proches pour payer l'Ehpad

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par
Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis
dans

Social

Santé, médico-social, vieillissement

"Comment les seniors financent-ils leur maison de retraite ?" Une étude de la Drees montre que la participation financière à la charge des résidents est d'au moins 1.850 euros par mois pour la moitié d'entre eux, sachant que la pension de retraite moyenne est de l'ordre de 1.500 euros nets mensuels...

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie une étude intitulée "Comment les seniors financent-ils leur maison de retraite ?". Celle-ci s'appuie sur les premiers résultats de l'enquête CARE-Institutions (capacités, aides et ressources des seniors), réalisée à la fin de 2016, avec le soutien de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), auprès d'un échantillon de 3.300 personnes de plus de 60 ans résidant de manière permanente dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), dans les maisons de retraite non Ehpad et dans les établissements de soins de longue durée (SLD), et auprès de leurs aidants informels.

1.850 euros de coût, pour 1.500 euros de retraite

Les résultats montrent que la participation financière à la charge des résidents - déduction faite des contributions des obligés alimentaires et des différentes allocations - est d'au moins 1.850 euros par mois pour la moitié d'entre eux. Grâce à l'APA, cette somme varie peu selon le niveau de perte d'autonomie. Elle diffère en revanche fortement selon le statut de l'établissement, avec une participation financière médiane de 2.420 euros dans les établissements privés à but lucratif, 1.850 euros dans les privés non lucratifs, 1.790 euros dans les établissements publics hospitaliers et 1.730 euros dans les établissements publics non hospitaliers. Face à ces coûts, la Drees rappelle que la pension de retraite moyenne est de l'ordre de 1.500 euros nets mensuels...
Cette situation contraint donc les personnes âgées concernées à faire appel à des ressources complémentaires. Ainsi, un tiers d'entre elles (34%) disent avoir déjà dû puiser dans leur épargne et 50% envisagent de le faire, et 11% demandent une aide à leur entourage (et 16% envisagent de le faire). Viennent ensuite la vente du patrimoine (6% et 11%) et les économies sur d'autres postes de dépenses (3% et 4%), tandis que 12% des répondants indiquent mobiliser simultanément plusieurs de ces ressources et que 23% envisagent de le faire. 
On peut toutefois regretter que la question posée aux personnes âgées de l'échantillon ne soit pas très claire, puisqu'elle porte sur "les moyens [qu'elles] utilisent pour financer leurs dépenses liées à la perte d'autonomie" (semblant ainsi exclure les dépenses d'hébergement, alors que la définition donnée par la Drees inclut pourtant les "frais d'accueil en institution"). A priori, les réponses semblent cependant porter sur l'ensemble de la dépense...

Plus d'un résident sur dix bénéficie de l'aide sociale départementale

Il reste néanmoins que 54% des personnes âgées accueillies en établissement affirment ne mobiliser aucune ressource externe. Ce cas de figure, légèrement majoritaire, recouvre toutefois des situations très différentes. En effet, 35% de ces personnes âgées disposent de revenus personnels supérieurs aux frais restant à leur charge (ce qui représente 19% de l'ensemble des résidents). Pour 21% (soit 11% de l'ensemble des répondants), les frais sont couverts par la combinaison des revenus personnels et d'allocations, dont l'aide sociale à l'hébergement prise en charge par les départements. Malheureusement, pour les 44% restants, (24% de l'ensemble des résidents), l'enquête CARE-Institutions "ne permet pas de connaître précisément les ressources mobilisées". La Drees estime que "dans certains cas, une participation financière de l'entourage peut avoir lieu sans que le résident en soit informé ; dans d'autres cas, celui-ci pourrait avoir sous-estimé les revenus déclarés dans l'enquête - auquel cas ces revenus pourraient être en réalité suffisants pour couvrir les dépenses".
Enfin, interrogés sur l'avenir, seuls 36% de l'ensemble des résidents estiment qu'ils pourront continuer à assumer eux-mêmes le coût de leur établissement d'accueil, tandis que près d'un résident sur dix envisage au contraire de vendre du patrimoine pour financer ces dépenses.

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