Régions et intercommunalités demandent une "réelle territorialisation" de France 2030

Passablement ignorées par les orientations du comité de lancement de France 2030, le 1er février, les régions et les intercommunalités interpellent le gouvernement, dans un communiqué du 11 février, pour lui demander une "réelle territorialisation". Dans un courrier adressé au Premier ministre Jean Castex, le 10 février, la présidente de Régions de France Carole Delga, et le président d’Intercommunalités de France (ex-AdCF) Sébastien Martin, estiment que la "clé du succès" de ce grand programme d’investissement de 34 milliards d’euros reposera sur "un partage des responsabilités". "Nous nous tenons à votre disposition pour concevoir ensemble la nécessaire association des territoires à la gouvernance de ‘France 2030’", écrivent-ils, demandant ainsi à pouvoir rencontrer le chef du gouvernement "dans les meilleurs délais". Les deux élus appellent le Premier ministre à tirer les enseignements de la mise en œuvre du plan France relance "dont la territorialisation a pu achopper sur le recours massif à des appels à projets descendants et centralisés". "La mobilisation des régions et des intercommunalités, qui partagent avec l'Etat la responsabilité du développement économique sur le territoire, constituera un atout majeur pour France 2030", font-ils valoir, rappelant le succès du dispositif Territoires d’industrie "qui a montré la capacité des binômes industriels-élus à faire émerger des projets locaux".
La territorialisation de France 2030 est "essentielle" à leurs yeux, à la fois pour "faire coïncider" la politique industrielle "avec les besoins concrets des entreprises (accompagnement, financement, foncier, formations-compétences, etc.)" et pour faire émerger "les champions industriels cachés".
Annoncé par le président de la République le 12 octobre 2021, France 2030 a déjà démarré. Jusqu'ici, c'est toujours la logique des appels à projets nationaux qui est privilégiée (mini-lanceurs spatiaux, sous-traitance automobile, transition agricole, transferts de technologie, métiers d’avenir...). Mais le gouvernement table à l'avenir sur une "plus grande délégation du processus de sélection des projets aux opérateurs de l’Etat (Bpifrance, Ademe, ANR, Caisse des Dépôts) qui devront systématiquement associer des experts indépendants", indique le dossier de presse de Matignon diffusé à l'issue du comité de lancement, le 1er février. Nulle part ne sont mentionnées les collectivités.

 

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