Pyrénées-Atlantiques

Réinsertion pénitentiaire par la formation professionnelle dans la vallée d'Aspe : élus convaincus (64)

Organisation territoriale, élus et institutions

En 2015, la vallée d'Aspe a accueilli six détenus, qui ont été employés à réhabiliter le fort du Portalet, un monument historique. Réalisé dans le cadre d’un "chantier école", ce dispositif expérimental est le fruit d'un partenariat réussi incluant plusieurs acteurs locaux.

En juin 2014, à l'occasion d'une visite du fort du Portalet, propriété de la communauté de communes de la Vallée d'Aspe (13 communes, 2.787 habitants), le préfet des Pyrénées-Atlantiques suggère d'organiser un chantier expérimental de placement extérieur de détenus en formation professionnelle, dans le cadre de la politique d'aménagement de peines de prison. "Ce projet a tout de suite fait l'unanimité parmi les élus de la communauté de communes, indique la présidente de l'EPCI, Elisabeth Médard. Nous pouvions être acteur de la réinsertion des détenus et bénéficions aussi d'une aide à la réhabilitation d'un monument historique, dès lors que le projet était cofinancé par la région et l'Etat."

Projet partenarial ancré dans la vallée

Co-piloté par le service de probation et d'insertion pénitentiaire (Spip) du département des Pyrénées-Atlantiques et la région Aquitaine (voir en fin de texte), ce chantier d'insertion s'est appuyé sur plusieurs partenaires locaux. La communauté de communes de la Vallée d'Aspe a été pourvoyeuse de la mission du chantier en tant que propriétaire du fort. Les Compagnons du devoir ont assuré la formation des détenus au métier de maçon. L'association d'insertion Estivade, basée dans la vallée d'Aspe, était chargée d'encadrer les détenus. Enfin, le monastère de Sarrance les a hébergés.
"La qualité du partenariat tout au long du déroulement du chantier a été déterminante, souligne la présidente de la communauté de communes. Un représentant de l'EPCI et le maire de la commune d'accueil ont été membres du comité de pilotage et présents à toutes les étapes clés."

Détenus insérés au cœur de la vie villageoise

Après un mois de pré-formation à Pau, six détenus en fin de peine de la maison d'arrêt de Pau ont été employés sur ce chantier d'insertion de la vallée d'Aspe de mars à septembre 2015. En régime de placement extérieur, ils étaient hébergés au sein du monastère de Sarrance, en plein cœur de la commune du même nom qui compte 180 habitants, ils prenaient leur repas du soir dans le restaurant du village. "Nous avons organisé une réunion publique en novembre 2014 avec le maire de la commune d’accueil, précise la présidente de l'EPCI. Le très bon déroulement du chantier a ensuite rassuré les habitants." "Après une certaine réticence au départ, des liens se sont tissés", ajoute la directrice de l'association d'insertion Estivade, Laurie Fogel.

Facteurs de réussite : association expérimentée, détenus motivés et diplôme à la clé

Encadrant au quotidien le chantier, l'association d'insertion Estivade connaît bien ce public des personnes en aménagement de peine. "Ce qui changeait ici, était que nous étions en charge des détenus 24h/24, ce qui a demandé une organisation logistique plus lourde", poursuit la directrice d'Estivade.
Les détenus ont été sélectionnés sur leur capacité à s'inscrire dans un tel dispositif par les conseillers de probation et d'insertion pénitentiaires. Tous étaient volontaires pour se former et irréprochables en terme de comportement en détention. L'obtention d'un diplôme en fin de parcours a permis de donner un véritable sens au travail réalisé. Enfin, à l'issue du chantier, tous les détenus ont effectué les 3 semaines de stage pour valider leur diplôme de maçon dans des entreprises de la vallée d'Aspe. Preuve d'une véritable acceptation du projet par les acteurs du territoire.

Les acteurs locaux souhaitent poursuivre leur implication

Plus économique que le maintien des détenus en prison, ce chantier a coûté 150.000 euros dont 100.000 euros financés par la région et 50.000 euros par l'Etat. La communauté de communes a déboursé 3.000 euros correspondant au coût des matériaux utilisés pour la réhabilitation.
La réussite de ce projet a convaincu les élus de poursuivre. La communauté de communes vient de confier un chantier de défrichage de la route d'accès au fort à Estivade et étudie l'idée de proposer un accueil pour des peines plus légères, effectuées sous forme de travaux d'intérêt général (TIG).

Formation de détenus : compétence régionale récente
Depuis le 1er janvier 2015, toutes les régions françaises sont en charge de la formation professionnelle des détenus. L'ancienne région Aquitaine et celle des Pays de la Loire ont été des territoires précurseurs où ce transfert de compétence a été expérimenté dès 2011, à l'image de ce chantier d'insertion. Le chantier de la vallée d'Aspe a également constitué une expérimentation répondant à la loi Taubira d'individualisation des peines de prison du 15 août 2014. L'aménagement de la peine d'incarcération est aujourd'hui une des priorités de l'administration pénitentiaire, dès lors qu'il facilite le suivi des personnes après la libération et augmente les chances de non-récidive.

Claire Lelong pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

Contact(s)

Communauté de communes de la Vallée d'Aspe

Moulin Bladé
64490 Accous
05 59 34 79 03
secretariat.ccva@wanadoo.fr
Nombre d'habitants : 2787
Nombre de communes : 13
Nom de la commune la plus peuplée : Accous (431 hab.)

Elisabeth Médard

Présidente

Association d'insertion Estivade

Maison Pélou
64570 Lourdios-Ichère
05 59 39 56 01

Laurie Fogel

Directrice
estivade.aci@orange.fr
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