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Relance économique : les gestionnaires d'espaces naturels appellent à renforcer leur protection

Il faut renforcer la protection des espaces naturels et leur capacité d'accueillir le public ont demandé ce 7 mai les Aires protégées de France, qui craignent que la relance de l'activité économique se fasse à leurs dépens.

Les gestionnaires d'aires protégées (parcs naturels régionaux, parcs nationaux, conservatoires d'espaces naturels, réserves naturelles, Rivages de France) ont appelé ce 7 mai à une relance économique post Covid 19 "à la hauteur des enjeux environnementaux".   Les conditions dans lesquelles se dérouleront les vacances de juillet et août ne devraient être connues que début juin, mais ils se préparent d'ores et déjà à accueillir un public très nombreux si les Français sont contraints de passer leurs vacances près de chez eux. La crise sanitaire actuelle montre l'importance de disposer "d'espaces naturels fonctionnels, diversifiés, continus et sur une grande échelle" et "les effets d'une relance de l'activité économique aux dépens de nos espaces ruraux et naturels seraient totalement contre-productifs", disent les gestionnaires de ces espaces, dans un communiqué.
Mettant en avant les 5.000 emplois de leurs réseaux, ils demandent à ce que leurs financements actuels ne soient pas impactés et qu'ils puissent bénéficier d'investissements "dans l'amélioration de l'accueil du public", "les outils de gestion de nos sites" et "plus largement toutes les actions en faveur de la biodiversité".

"Risque de sur-fréquentation"

Ces espaces naturels se préparent aussi à l'été, après deux mois de confinement et l'absence globalement de présence humaine dans ces lieux. L'hypothèse que les Français passent leurs vacances en France est "l'opportunité de redécouvrir sa richesse patrimoniale, mais aussi un risque de sur-fréquentation dans les espaces naturels", estime Michaël Weber, président de la Fédération  des parcs naturels régionaux de France. Il faudra peut-être sensibiliser un public nouveau aux enjeux de protection de la nature et "nous souffrons d'un manque de personnel en la matière", regrette-t-il.
Dans certaines réserves naturelles, des animaux, en particulier des oiseaux, ont niché pendant le confinement dans des espaces habituellement fréquentés. C'est le cas du gravelot à collier interrompu, qui niche au sol, dans la réserve de Bagnas, explique Charlotte Meunier, présidente des Réserves naturelles de France. "Il faut voir comment accompagner les gens qui vont revenir, auront besoin de nature", sans déranger la faune et la flore, poursuit-elle. "Il faut renforcer les équipes pour accompagner l'accueil du public." Et la question de limiter la fréquentation de certains espaces, qui se pose déjà par exemple dans la réserve de Scandola en Corse, pourrait se poser avec encore plus d'acuité, prévient Michaël Weber.
 

 

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