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Rentrée 2020 : le cartable bien chargé de Jean-Michel Blanquer

La rentrée scolaire 2020-2021 du ministre de l'Éducation nationale sera plus dense que jamais. Aux dossiers en cours depuis son arrivée rue de Grenelle, éducation prioritaire en tête, sont venus s'ajouter d'autres sujets. La crise sanitaire du printemps a mis en avant les carences numériques du système éducatif français. Et la difficulté à revoir la place du sport dans les écoles.

Septembre 2019. Les cités éducatives sont nées. Énième empilement d'un dispositif sur une pièce montée déjà bien chargée ? Ses promoteurs – les ministres de l'Éducation nationale et de la Ville – s'en défendent. Il s'agit pour eux de l'outil permettant de mutualiser les efforts de tous les acteurs d'un territoire pour la réussite des enfants dans 80 quartiers difficiles. La pertinence des cités éducatives est mise en doute ? Le confinement va passer par là. Le comité national d’orientation et d’évaluation des cités éducatives (CNOE) tire un bilan positif de l'action du dispositif durant les deux mois de classe à la maison : "Le cadre collaboratif de la cité éducative a été précieux pour prendre la mesure de l’urgence et coordonner la réaction." La crise comme accélérateur de particules ? 

Priorité à l'éducation prioritaire

Novembre 2019. L'évolution de l'éducation prioritaire est au centre d'un rapport très attendu. Les remous qu'il provoque sont à la hauteur de l'attente. Ariane Azéma et Pierre Mathiot, ses auteurs, préconisent la fin des REP au profit de mesures d'accompagnement progressives pilotées par les académies, une meilleure intégration des territoires ruraux dans les dispositifs de soutien et le maintien des REP+. Il s'agit de "conforter l’éducation prioritaire tout en développant des politiques territoriales adaptées à la diversité des besoins régionaux et locaux". Jean-Michel Blanquer annonce dans la foulée qu'il mettra en œuvre les recommandations du rapport. Et en suit la logique en annonçant le dédoublement de classes de CP au-delà des territoires actuellement labellisés. Faisant ainsi vivre une action entamée dès la rentrée 2017 et qui semble constituer un fil directeur de son ministère. Éducation prioritaire et dédoublement de classes sont évidemment à l'agenda de l'année scolaire à venir. Et ce d'autant qu'est intervenue le 26 juillet une première historique : la nomination d'une secrétaire d’État chargée de ce secteur spécifique.

Une école plus numérique

Mars 2020. Les établissements scolaires ferment leurs portes pour deux mois. La crise sanitaire est passée par là. En septembre, il est question que les élèves retrouvent leur classe comme ils l'ont quittée le 3 juillet au soir. À temps plein. Mais le ministère envisage le pire. Deux protocoles sanitaires sont déjà prévus. Le premier en cas de restriction des capacités d'accueil des établissements. Le second en cas de retour à l'enseignement à distance. Ce dernier tire les leçons de la continuité pédagogique de la période mars-mai 2020 et du décrochage de certains élèves, particulièrement dans les zones d'éducation prioritaire. Il prévoit un renforcement des liens avec les familles et de leur équipement informatique. Le tout sur la base d'une "initiative locale"… qui reste à définir. Quel que soit le scénario auquel il faudra faire face, les conclusions des états généraux du numérique pour l'éducation en novembre à Poitiers marqueront une étape décisive pour un secteur dont les carences se sont révélées criantes au plus fort de la pandémie.

Une école plus sportive

Le dernier grand chantier de l'éducation s'inscrira également dans une continuité des actions menées depuis la prise de fonction de Jean-Michel Blanquer. École et sport doivent collaborer plus étroitement. Les ministres concernés l'avaient annoncé dès 2019. La mise sous tutelle des Sports par l'Éducation nationale dans le gouvernement de Jean Castex l'a confirmé. Surtout, la crise sanitaire – encore elle ! – a été l'occasion de tester un nouveau dispositif : le 2S2C. Autrement dit, le déploiement à grand échelle d'activités sportives et artistiques durant le temps scolaire. Tout en recourant à des intervenants extérieurs à l'Éducation nationale. Par exemple des éducateurs sportifs issus de clubs partenaires des collectivités locales. Le bilan de cette courte expérience est plus que mitigé : difficultés de mise en œuvre dans les territoires ruraux, financement insuffisant de l'État obligeant les collectivités à mettre la main au porte-monnaie, et surtout levée de bouclier chez les syndicats de professeurs d'EPS. Mais en tout état de cause, le décret d'attribution du ministre de l'Éducation nationale est clair : il veille désormais au "développement de l'éducation artistique, culturelle et sportive [nouveauté 2020, ndlr] des enfants et des jeunes adultes tout au long de leurs cycles de formation". La ligne est toute tracée.

 

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