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Retour aux 90 km/h : deux départements dénoncent les conditions fixées par le gouvernement

Le président du conseil départemental de la Nièvre, Alain Lassus (PS), a dénoncé ce 7 février les "contraintes exorbitantes" imposées par l'État pour un retour aux 90 km/h sur les routes secondaires à deux sens sans séparateur central, qui conduisent le département à y renoncer. "Les 450 km de routes concernées dans la Nièvre supposeraient un effort de plus de 300 millions d'euros par le département, tandis que son budget routes annuel s'élève à 10 millions d'euros, ouvrages d'art inclus", a-t-il expliqué. Par ailleurs, "l'insécurité juridique que ferait peser une telle mesure sur les élus en cas d'accident est proprement inacceptable", a-t-il ajouté.
Le même jour, le président divers droite du conseil départemental du Nord, Jean-René Lecerf, a laissé éclater sa colère sur France Bleu Nord à propos de l'instruction du ministère de l'Intérieur, qui permet, à la demande de présidents de conseils départementaux, de déroger localement à la limitation de 80 km/h. "Il y a des choses très surprenantes. On nous a demandé surtout de ne pas rétablir les 90 km/h lorsque le tronçon ne fait pas 10 km, lorsque la route n'est pas en ligne droite continue", s'est-il emporté. Le département ne peut revenir aux 90 km/h sur les routes que "lorsqu'il n'y a pas de riverains, lorsqu'il n'y a pas d'arrêt de bus, lorsqu'il n'y a pas d'engins agricoles, autrement dit pas en zone rurale", a-t-il encore énuméré. "On se fout de nous. C'est du foutage de gueule. On nous dit vous pouvez le faire et on dit les conditions pour le faire. Il faudrait avoir des routes dans les nuages", a-t-il poursuivi. Jean-René Lecerf, "qui ne respectera pas" la circulaire, a indiqué qu'il prendra "d'ici un mois" la décision de remettre "un certain nombre de routes" aux 90 km/h.

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