Santé-environnement : une plateforme pour stimuler le dialogue entre maires et citoyens 

Partant du constat d'un intérêt croissant des citoyens pour les enjeux de santé et d’environnement, Générations futures a mis en ligne le 23 janvier un outil qui leur permet d'interpeller sur ces sujets leurs maires et élus nationaux. 

C'est à travers trois niveaux d'interpellations que le site baptisé, en jouant sur les mots, Shake ton politique, propose aux administrés de questionner leurs élus sur des questions liées à l'impact des pollutions chimiques sur la santé et l'environnement. "Nous restons sur cette thématique car c'est la nôtre et nous ne nous aventurons pas sur d'autres terrains, même si cela n'est pas exclu si des partenariats sont noués avec d'autres associations", a souligné Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations futures, lors de la présentation le 23 janvier de cet outil dont elle souligne l'aspect inédit. 

L'internaute peut interpeller soit des élus nationaux (via leur compte twitter), soit des maires (par mail) en les invitant à s'engager sur des engagements pré-listés (mais le message n'en reste pas moins personnalisable) ayant par exemple trait à la réduction des épandages de pesticides, à l'introduction du bio dans les cantines, au développement du maraîchage ou de l'agriculture bio, etc. "Ces sujets préoccupent les habitants. Ils attendent beaucoup de leurs élu(es) en la matière", appuie Nadine Lauverjat. Dès lors que le maire ou ses services répondent à la sollicitation de l'administré, l'échange devient privé et la réponse n'est pas visible sur le site. L'association compte s'appuyer sur la prochaine Semaine pour les alternatives aux pesticides, qui se tiendra en mars entre les deux tours des municipales, pour dresser un bilan de l'utilisation de la plateforme. 

Y sont rattachées, pour qu'elle fonctionne, des bases de données des maires et élus en place. L'outil permet, selon Nadine Lauverjat, de renouveler les stratégies de plaidoyer tout en facilitant en parallèle l'accès aux consultations publiques qui sont mises en ligne par le gouvernement "mais auxquelles il est parfois compliqué de répondre". La dernière consultation (achevée) sur les textes encadrant les chartes d’engagements sur les pesticides figure ainsi au menu du site. 

Des maires veulent faire annuler le décret pesticides

Fraîchement constitué en association (voir notre article du 6 janvier), le collectif des maires anti-pesticides emmené par le maire de Langouët, Daniel Cueff, veut faire annuler en justice les mesures de protection des personnes que fixe le décret du 27 décembre sur l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à proximité des zones d’habitation. Le collectif estime qu'elles ne protègent pas les riverains, et que "ces décisions donnent de surcroît l’illusion qu’il existe des mesures de protection des riverains". Or, l’évaluation de l’exposition des personnes présentes et des résidents "repose sur des données limitées issues d’études effectuées dans les années 1980". De nouveaux travaux sont donc demandés. Ils devraient être disponibles au début de l'année prochaine. Ce collectif souhaite aussi que le Conseil d’État ordonne la suspension des décisions du décret, "prenne réellement en cause la sécurité, la santé de tous les citoyens" et corrige le traitement différencié qu'il instaure entre villes et campagnes.