Grippe aviaire - Seule une collectivité sur cinq serait bien préparée à un risque de pandémie

Où l'on reparle de la grippe aviaire. Le laboratoire québécois Medicago a annoncé mardi avoir testé avec succès son vaccin contre le virus de la grippe aviaire H5N1. Cette étude réalisée sur des furets doit maintenant être prouvée sur l'homme. Il y a deux semaines, la Commission européenne donnait son feu vert à la commercialisation d'un autre vaccin, élaboré cette fois par le laboratoire britannique GlaxoSmithKline. Un peu partout, les laboratoires rivalisent donc pour vendre leur trouvaille. Le français Sanofi est également dans la course. Derrière les enjeux commerciaux, que font les collectivités ? On se souvient des réactions parfois disproportionnées de municipalités qui, prises de cour, avaient interdit il y a deux ans les volailles dans les cantines scolaires, contre l'avis même des scientifiques. Une bonne préparation est donc de mise mais on en est encore loin, comme le montre une enquête réalisée le mois dernier par l'association de responsables publics de la gestion du risque Primo avec le courtier d'assurances Marsh et qui vient d'être remise au délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire. Ainsi, 18% des 175 entreprises et collectivités interrogées estiment avoir fait le maximum, 40% ont bien progressé et 42% sont au tout début de la démarche. Et lorsqu'ils existent ; moins de 30% des plans ont fait l'objet de simulation. "Mais si des efforts sont faits", la société française "n'est pas encore prête à faire face à une éventuelle crise pandémique", en conclut l'enquête.
Pour l'heure, la principale mesure mise en place est l'approvisionnement en masques. "Cette réponse est logique sachant que théoriquement les entreprises et les collectivités ne peuvent pas acheter d'antiviraux en France", est-il précisé. 90% des collectivités n'ont fait aucune estimation du coût que représenterait une telle crise sur leurs finances. 70% n'ont noué aucun contact avec leurs voisines pour coordonner leur action. Beaucoup reste à faire également en matière de continuité de l'activité économique. "De nombreuses chaînes d'approvisionnement opèrent en flux tendu et seront fortement désorganisées si l'absentéisme atteint comme prévu 25% en moyenne sur trois mois, avec des pointes à 40%", considèrent les auteurs. Moins de 15% des collectivités ont vérifié que leurs fournisseurs ont des plans en place pour assurer la continuité de leur activité. Alors que le plan de pandémie grippale lancé en 2006 prévoit l'obligation pour les municipalités d'élaborer un plan de continuité des services municipaux, un peu moins d'une collectivité et d'une entreprise sur deux envisage de recourir au télétravail comme moyen d'éviter aux employés d'utiliser les transports en commun.
Depuis l'apparition de la crise en 2003, le virus H5N1 a fait 230 morts à ce jour. Mais aucune contamination d'homme à homme n'a été recensée.

 

M.T.

 

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