Situé en zone rouge "risques de submersion marine" Frontignan conjugue culture du risque et prévention (34)

Si des mesures de prévention ont été prises pour protéger les personnes et les biens, reste à convaincre tous les habitants, dont certains sous-estiment les dangers. Et à réunir les aides aux propriétaires pour effectuer les travaux nécessaires. 

L’érosion côtière déjà ancienne à Frontignan (22.800 habitants) et les tempêtes, en particulier celle de 1982 qui a détruit plusieurs bâtiments du littoral, donnent à la commune de Frontignan une culture du risque très développée. L’adjoint au maire délégué aux risques, Olivier Laurent, le reconnaît : "La ville s’est progressivement adaptée à ces conditions pour protéger au mieux les habitants et les constructions sur les 7 kilomètres de plage du lido. Dès 2001, le plan d’occupation des sols (POS) y restreignait les constructions qui ont ensuite été interdites par le PLU et le plan de prévention du risque d’inondation (PPRI)." 

Mesures de mitigation obligatoires et facultatives

Le PPRI définit une liste de mesures de "mitigation" pour les maisons construites sur le lido classé en zone rouge. (La mitigation vise, pour un risque qu'on ne peut pas empêcher, à prendre des mesures de précaution pour atténuer les dommages environnementaux, sociaux, économiques, sanitaires, épidémiologiques, etc. ou pour les rendre plus supportables par le public.) Certaines de ces mesures sont obligatoires. Les propriétaires doivent établir un autodiagnostic permettant d’identifier le degré d’exposition de leur habitation aux inondations et donc les mesures de mitigations obligatoires et facultatives applicables. Parmi ces mesures destinées à renforcer la sécurité des personnes et à atténuer les dommages matériels figurent : la pose de batardeaux, l’installation d’un anneau d’amarrage en hauteur et d’une zone de refuge au sommet de l’habitation, la mise hors d’eau des équipements électriques, la signalisation des piscines… 

Information et sensibilisation des habitants

La commune sensibilise les habitants aux risques de submersion marine et les informe des mesures à prendre via différents canaux. Obligatoire et distribué à tous les habitants, le document d’information communale sur les risques majeurs (Dicrim) recense tous les types de risques – Frontignan est soumise à la submersion marine, aux inondations mais aussi au risque technologique avec un dépôt d’hydrocarbures - et indique les consignes de sécurité individuelles à respecter. "Nous avons aussi élaboré des fiches énumérant les bons gestes à effectuer en cas de montée des eaux. Notre site internet est bien documenté sur le sujet et nous communiquons aussi sur la presse locale et sur notre journal municipal", détaille la directrice des services techniques, Alice Sandevoir. "Nous organisons également des réunions publiques sur les travaux du lido et nous échangeons sur les médias sociaux." 

Des habitants plus ou moins conscients des risques

Ce travail d’information et de sensibilisation vise davantage les nouveaux habitants qui n’ont pas connu les tempêtes de 1982, souligne l’adjoint au maire. "Ils peinent davantage à prendre pleinement conscience des dangers." Les actions de prévention contre les risques d’inondation, parfois très contraignantes, sont donc vécues différemment par les habitants. Certains restent plus difficiles à convaincre de la nécessité des mesures à prendre. "Lors de réunions publiques, il est arrivé que des habitants prennent à la légère l’installation d’anneaux d’amarrage en hauteur pour faciliter l’arrimage de bateaux de secours en cas d’inondation. On est parfois accusé d’en faire trop…", s’étonne la directrice des services techniques. 

En cas de crise, un plan communal de sauvegarde

En cas de crise, la commune est équipée d’un logiciel d’appel téléphonique de masse pour prévenir la population, qui est aussi informée par les panneaux électroniques de la ville et par des voitures dotées de haut-parleurs. "Si la crise le justifie, nous mettons en œuvre le plan communal de sauvegarde. La dernière fois que nous y avons recouru partiellement ce fut en 2014", indique la directrice des services techniques. 

Le fonds Barnier subventionne les travaux de sécurisation

Mais quel que soit le degré de conscience des risques ressenti par les habitants, la mise en place des mesures de mitigation est étroitement liée aux aides financières dont ils peuvent bénéficier. La création d’une zone refuge, par exemple, représente un coût substantiel. Pour financer les dépenses liées aux travaux obligatoires ou recommandés, les habitants peuvent faire appel au Fonds de prévention des risques naturels majeurs (fonds Barnier) qui les subventionne jusqu’à 40% du montant des travaux. Des aides de l’Anah sont aussi possibles. 

La prévention doit continuer

À ce jour, il est difficile de connaître l’étendue de la mise en place des mesures de mitigation mises en place par les propriétaires. "Une enquête conduite en 2013 indiquait que 69 % des ménages avaient pris quelques dispositions sur l’ensemble de celles prévues. Par exemple, l’installation de batardeaux s’est généralisée très vite. Mais nous devons rester vigilants et poursuivre la prévention parce que les prévisions de montée des eaux sur les prochaines décennies ne sont pas rassurantes", souligne la directrice des services Techniques. Pour la ralentir, l’installation d’un cordon dunaire sur le lido est en cours (lire Un cordon dunaire et des étangs pour protéger Frontignan des assauts de la mer).  

Commune de Frontignan-la-Peyrade

Nombre d'habitants :

22946
Hôtel de Ville
34113 Frontignan-la-Peyrade

Alice Sandevoir

Directrice des services Techniques
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