"Smart grids" : vers un "second souffle" ?

Le déploiement des smart grids "s'est avéré en deçà des attentes : fin 2020, seulement une quarantaine étaient déployés en France, dont dix en Île-de-France, souvent des sites expérimentaux", déplore une étude sur le nécessaire développement de la synergie mobilité électrique/smart grids que vient de publier l'Institut Paris Région. Principalement en cause, une "rentabilité qui fait encore défaut", à laquelle s'ajoutent d'autres freins, réglementaires notamment, déjà dénoncés (lire notre article).
Pour l'institut, le "développement à marche forcée actuel de la mobilité électrique" pourrait toutefois donner "un second souffle" à ces réseaux électriques "intelligents", qui permettent d'optimiser le triptyque production-stockage-consommation d'électricité issu de la production d'énergies renouvelables (EnR). Ayant par essence vocation à se développer à l'échelle locale (même si elles restent aujourd'hui connectées au réseau général et ne sont donc pas autonomes), ces installations pourraient en effet être une solution au maillage encore insuffisant du réseau de bornes de recharge électrique (lire notre article), alors que la mobilité électrique semble enfin prendre son envol (200.000 véhicules électriques ou hybrides immatriculés fin 2020 selon l'étude). En outre, elles apportent une solution au problème d'intermittence et de faible prévisibilité de la production EnR, en facilitant le pilotage de la charge et le stockage de l'électricité. Et ce, notamment via les batteries des véhicules stationnés, qui pourraient servir de dispositif de stockage et de restitution d'électricité dans le réseau pour d'autres usages (système dit "vehicle-to-grid" en bon français, ou V2G – lire notre article).
Dans le cadre du programme européen Interreg CleanMobilEnergy (CME), auquel participe l'institut, trois villes pilotes vont expérimenter de tels smart grids locaux et autonomes. À Arnhem (Pays-Bas), un parc solaire municipal couplé à un centre de stockage de batteries stationnaires, un port de maintenance de bateaux de croisière et un réseau de bornes de recharge de véhicules électriques accessibles au public ;  à Nottingham (RU), des panneaux photovoltaïques sur des bâtiments municipaux couplés à un lieu de stockage d’énergie, des chargeurs bidirectionnels et des véhicules compatibles V2G utilisés par les agents de maintenance de la ville ; à Schwäbisch-Gmünd (Allemagne), des stations de vélos électriques en libre-service équipées de panneaux photovoltaïques permettant de recharger les batteries à hydrogène échangeables des vélos. Toutes ces solutions reposent sur un système de pilotage de l'énergie "global et intégré" qui, si son efficacité et sa rentabilité étaient prouvées, serait accessible en open source à d'autres porteurs de projet. Affaire à suivre.
 

 

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