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Education prioritaire - Soixante cités éducatives à la rentrée scolaire 2019

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par
Valérie Liquet / Localtis
dans

Jeunesse, éducation et formation

Politique de la ville

Social

Soixante "cités éducatives" seront labellisées à la rentrée scolaire 2019. Une mission, hébergée au CGET, travaille à définir les contours du cahier des charges. Une enveloppe de 34 millions d’euros est dédiée à ce programme interministériel dans le projet de loi de finances. Et l'Anru devrait également le suivre de près.

Vincent Léna est missionné par Jean-Michel Blanquer et Julien Denormandie pour coordonner le programme "cités éducatives" qui sera déployé, à la rentrée scolaire 2019, dans une soixantaine de sites. Conseiller maître à la Cour des comptes, Vincent Léna a été délégué du gouvernement à Grigny et a travaillé au chapitre éducation du "plan Borloo". Il précise, sur le site du CGET (auquel il est rattaché tout du long de sa mission), les contours et le calendrier de ce programme interministériel.
L'expérimentation des cités éducatives fait partie de la feuille de route de la politique de la ville, actée en conseil des ministres du 18 juillet 2018 (voir notre article ci-dessous). L'objectif affiché est alors d'"améliorer les conditions d'éducation" en concentrant tous les leviers d'action : "accueil petite enfance, santé et action sociale, temps péri et extra scolaire, programmes de réussite éducative".  Elle est lancée officiellement le 5 novembre, à Nîmes, par les ministres en charge de l'éducation nationale et de la ville.

Un appui à l'ingénierie et un soutien financier

Trois jours après, Vincent Léna annonçait sur le site du CGET : "Nous sommes en train de finaliser le cahier des charges indicatif qui permettra aux villes et agglomérations sollicitées de s’inscrire dans cette démarche en vue de leur labellisation, d’ici le printemps 2019", pour une mise en place à la rentrée scolaire 2019.
Il indique que le label s’adressera "en priorité aux grands quartiers prioritaires, en renouvellement urbain et sans mixité scolaire, soit 60 sites environ en métropole et outre-mer". Il "vise d’abord la reconnaissance de l’ambition éducative du territoire et de l’attractivité du système éducatif pour les parents, les jeunes et les professionnels" et "permettra aussi d’obtenir un appui en ingénierie et un soutien financier de l’État, en plus des moyens mobilisés localement". Le projet de loi de finances 2019 prévoit une enveloppe de 34 millions d’euros dédiée à ce programme.

"Organiser la galaxie des acteurs autour de l’école"

La grande idée des cités éducatives serait, en partant du "terrain", "d’organiser la galaxie des acteurs autour de l’école : enseignants et parents qui sont les premiers concernés, mais aussi animateurs ou médiateurs municipaux, travailleurs sociaux, professionnels des PMI, référents de parcours ou de soutien scolaires, éducateurs sportifs, bibliothécaires, Atsem, etc". Bref, "tous ceux qui partagent les mêmes valeurs et peuvent contribuer à la continuité éducative, dès la petite enfance", résume Vincent Léna. 
Pour chaque cité éducative, trois "champs clés" devront être identifiés. Il s'agira en premier lieu de "conforter le rôle de l’école et la réussite scolaire" en s'attaquant aux problématiques suivantes : climat scolaire, carte scolaire et renouvellement urbain, structuration des réseaux, innovation pédagogique, formation et fidélisation des équipes, orientation, soutien scolaire…
Il s'agira ensuite d'"assurer la continuité éducative dans le temps périscolaire", avec l'ouverture de places de crèche, la convergence du travail social dès la petite enfance, une offre éducative personnalisée de sport, culture ou loisir, persévérance scolaire et raccrochage… Enfin, la cité éducative devra "ouvrir le champ des possibles (sic)" en "impliquant des établissements culturels, des entreprises, le numérique, les déplacements, etc.". L'objectif étant d' "élargir les horizons pour que les enfants puissent se projeter en dehors de leur quartier et dans des métiers plus ouverts que ceux qu’ils connaissent par leurs parents et leur milieu", explique Vincent Léna.

Des projets pensés et pilotés localement

Dans ce cadre, "les cités éducatives appuieront des projets pensés et pilotés localement, selon les besoins de la population, avec les ressources et les acteurs du territoire, au premier rang desquels les communes concernées, avec leurs agglomérations, départements et régions", souligne-t-il. Plus concrètement, chaque projet de cité éducative prévoira "un dispositif spécifique de pilotage de proximité" qui associera, en premier lieu, l’Éducation nationale, la commune et la préfecture, et en "étroite association" les "autres principaux partenaires : intercommunalité, département, caisse d'allocations familiales, région, grands réseaux associatifs… "Par ailleurs, la gouvernance s’exercera aussi à travers des espaces de concertation et de partage des valeurs, des objectifs et des avancées du projet avec la communauté éducative, les parents et les habitants", ajoute-t-il.
Un comité d’orientation et d’évaluation sera instauré avec les ministères, élus, associatifs, experts et usagers : parents, élèves, habitants. Il sera présidé par Sylvie Charrière, députée de Seine-Saint-Denis, vice-présidente de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation de l’Assemblée nationale et ancienne principale de collège à Clichy-sous-Bois. Le maire de cette ville, Olivier Klein, également président de l'Anru, a déclaré récemment dans une interview accordée à Localtis que l'école pouvait être "un élément phare du projet de renouvellement urbain des quartiers". Il constitue sans doute un des meilleurs promoteurs du programme.

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