TIG : bilan positif pour une commune rurale de Côte-d'Or

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Côte-d'Or

Depuis que le maire de Longecourt-en-Plaine a signé en 2010 une convention avec le ministère de la Justice, ses services ont accueilli trois personnes condamnées à une peine de travaux d’intérêt général (TIG). Témoignage du premier adjoint.

"Les élus de Longecourt-en-Plaine (Côte-d'Or, 1.350 habitants) considèrent que cela fait partie des missions de la collectivité d’aider la Justice à remettre dans le droit chemin des délinquants ayant commis des actes mineurs. Ce, en les soutenant pour reprendre des habitudes de travail et en accomplissant sur notre territoire des tâches utiles, avec nos employés municipaux", explique Jean-Claude Lustremant, premier adjoint au maire de Longecourt.

Un lien permanent avec l’interlocuteur du ministère de la Justice

Pour mette en œuvre cette démarche, l’élu est en relation permanente avec le conseiller du service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip). "Je demande toujours au conseiller du Spip quelques d’informations sur le parcours de chaque 'tigiste'. Ce qui me permet dès son arrivée d’engager la discussion et d’avoir des éléments pour le motiver." Puis, en fonction du nombre d’heures à effectuer, la commune propose à la personne un planning et une charge de travail.

Un management juste et efficace des tigistes

"La recommandation que je pourrais faire, c’est d’avoir un management juste et efficace, précise l’élu. Et de ne rien laisser passer au niveau de la présence, des horaires et du langage…" Désormais à la retraite, il a derrière lui une longue expérience dans l’entreprise, avec trois cents personnes à manager et de nombreux recrutements à la clé.
Aux employés communaux, il recommande de faire abstraction de tout jugement : "J’insiste pour que les tigistes soient considérés comme des stagiaires et qu’on s’efforce de tenir compte de leurs contraintes, dans le cadre des activités du personnel communal bien sûr : un tigiste qui a déjà un emploi à temps partiel le matin par exemple, viendra effectuer ses heures de peine l’après-midi."

Un bilan globalement satisfaisant

Deux des trois expériences, au sein de l’atelier municipal, se sont très bien passées, avec d’excellents résultats et sans complication particulière. Le premier tigiste sur une durée de trois mois à réalisé ses 60 heures en participant à la taille des haies, à l’élagage et au ramassage du bois coupé. Le second, a été condamné pour conduite sans permis, alors qu’il était en train de le passer… "Comme il était maçon de métier mais au chômage, il a coulé trois dalles pour construire un abri de pêcheur sur la gravière communale." Il a finalement exécuté moins que 32 heures car il a retrouvé entre-temps du travail et sa peine a été suspendue par le conseiller Spip. Le troisième ne tenait pas les engagements qu’il avait pris. Les rares fois où il a pris son service à l’atelier municipal de Longecourt, il était toujours demandé par des personnes extérieures. "Aujourd’hui, il a été de nouveau reçu par le juge d’application des peines."

Pas de réaction particulière dans la population

Du côté de la population, l’élu n’a observé aucune réticence : "Ces trois expériences sont passés complètement inaperçues. Soixante heures, c’est vite passé, surtout que ce n’est jamais d’une seule traite… J’ai l’impression que les habitants ont considéré les trois condamnés au même titre que les stagiaires qui viennent travailler l’été pendant les vacances de nos employés." Aujourd’hui, la convention avec le ministère de la Justice est toujours en cours et la commune est disposée à accueillir de nouvelles peines de travaux d’intérêt général.

Michel Léon / Textes & chapos, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Mairie de Longecourt

Nombre d'habitants :

1350

Place de la Mairie
21110 Longecourt-en-Plaine
longecourt.mairie@wanadoo.fr

Jean-Claude Lustremant

Premier adjoint chargé du personnel, de l'entretien, de la voirie et de l'urbanisme
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