À Toulon, Jean Castex signe le tout premier "accord régional de relance"

Le Premier ministre a donné le coup d'envoi de la territorialisation du plan de relance, mardi 5 janvier, en signant le premier "accord régional de relance" en Paca, doté au total d'1,7 milliard d'euros sur les 5,1 milliards d'euros du nouveau contrat de plan État-région (CPER) désormais baptisé "contrat d'avenir". La plupart des régions devraient suivre le mouvement dans les prochains jours en attendant, à l'échelon infra-régional, les futurs "contrats de relance et de transition écologique".

La "territorialisation" de la relance chère à Jean Castex – soit 16 milliards d’euros sur les 100 du plan de relance présenté le 3 septembre - se concrétise enfin. Le chef du gouvernement s’est rendu à Toulon ce mardi 5 janvier pour signer le tout premier "accord régional de relance" avec le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et président de Régions de France, Renaud Muselier, en présence du maire de la ville, Hubert Falco, et de plusieurs élus locaux. Comme il se doit, cet accord porte sur la période 2021-2022 et est partie intégrante du "contrat d’avenir" signé le même jour, courant pour sa part jusqu’en 2027. Le "contrat d’avenir" est donc le nouveau nom donné à la future génération de contrats de plan État-région (CPER) pour lesquels État et région se sont engagés, dans un accord de partenariat signé le 28 septembre 2020, à verser 20 milliards chacun, soit un total de 40 milliards d’euros, 10 de plus que lors de la précédente programmation. L’enveloppe de l’État se répartit entre 8 milliards sur les deux premières années – celles de la relance – et 12 milliards pour les suivantes.

Un accord à 1,7 milliard d'euros en Paca

L’accord de relance de Paca se chiffre quant à lui à 1,7 milliard d'euros sur les 5,1 milliards d’euros du contrat d’avenir régional, financé à parts égales entre les deux parties. "Par ces investissements en soutien de l’activité et de l’emploi, l’État n’a pas cherché qu’à agir positivement sur la conjoncture, déprimée par la crise, il a également, avec vous, la volonté de les orienter, de les cibler vers la transformation structurelle de notre tissu économique", a souligné Jean Castex. Le contrat d’avenir qui repose sur 12 axes permettra de financer des investissements dans la transition écologique, l’enseignement supérieur et la recherche, la formation, les transports... "Très concrètement, ces crédits permettront dans la région Sud de financer de nombreux projets. Je pense par exemple aux travaux d'urgence de réparation des lignes ferroviaires dans la vallée de la Roya" pour un montant de 28 millions d’euros, a explicité Jean Castex. 143 millions d’euros iront à l’aménagement Est-Ouest d’Avignon. L’enseignement supérieur recevra 552 millions d’euros qui viendront notamment financer la rénovation des campus des universités d’Aix-Marseille, de Nice ou de l’IUT d’Avignon.

Comme l’a souligné le Premier ministre, l’accord de relance permettra pour sa part de financer "des projets publics ou privés susceptibles de se concrétiser très rapidement, c’est-à-dire concrètement en 2021 et en 2022". Il en va par exemple du projet d’extension de la plateforme de fret de Claix Sud à Miramas, ou du réaménagement du port de la Tour Fondue à Hyères, "qui permettra d'accroître l'attractivité touristique de la région". La modernisation du réseau autoroutier de la métropole d’Aix-Marseille, aujourd’hui congestionné, recevra 12 millions d’euros. Le Premier ministre a également cité la rénovation du centre de formation des apprentis de Nice, la sécurisation des passages à niveau dans la région, comme celui de L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), la création d’un centre de santé à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence).

"Toutes les régions ont compris l’enjeu"

Le choix de Toulon était l’occasion pour Jean Castex de renouer avec ses primes années de haut fonctionnaire à la Ddass. Mais la région de Renaud Muselier est aussi l’une de celles où la voix des élus s’est fait entendre avec le plus de véhémence contre les décisions venues de Paris et le manque de concertation. Jean Castex en a profité pour lancer un appel à l’ensemble des collectivités pour signer un accord – s’agissant des régions – ou, pour les autres niveaux de collectivités, un "contrat de relance et de transition écologique" (CTRE) avant la fin du mois de juin. Un accord de méthode a été passé avec les départements courant décembre, a rappelé le Premier ministre, sur le modèle de celui signé avec les régions fin juillet. "Toutes les régions ont compris l’enjeu, nous n’avons pas trop d’inquiétudes", indique-t-on dans l’entourage du Premier ministre, la plupart d’entre elles "ont déjà délibéré". Les intercommunalités, qui plaident depuis longtemps pour cette sorte de "contrat unique", ne devraient pas non plus se faire prier. Mais elles s’inquiètent cependant de la part importante dévolue aux appels à projets dans la relance (qui, selon Matignon, représentent la moitié des 16 milliards d’euros de crédits territorialisés). "Il faut partir des réalités de terrain, dans une démarche ascendante, et cesser de mettre en concurrence les territoires par des appels à projets pléthoriques et conçus en silos" avait insisté le président de l’Assemblée des communautés de France (ADCF), Sébastien Martin, le 21 décembre, à l’occasion d’un échange avec le Premier ministre. "Mon objectif est l'exhaustivité pour que pas une seule partie de notre territoire national ne se sente exclue du plan de relance", a affirmé Jean Castex, mardi, assurant vouloir se déplacer personnellement "le plus possible" pour signer ces CRTE. Dans les métropoles, "mais aussi dans les sous-préfectures et pourquoi pas les chefs-lieux de canton".

 

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