Élections municipales 2020 : l'Ademe veut aider les candidats à "verdir" leurs programmes

Régulièrement sollicitée par de nouveaux candidats aux élections municipales ou même des maires sortants, l'Ademe réagit en publiant ce 13 novembre un corpus de fiches pratiques pour les aider à faire de la question environnementale une priorité de leur potentiel mandat. Elle motive aussi ses troupes pour aller chercher des porteurs des projets et susciter des actions dans ce que son président Arnaud Leroy dénomme les "zones blanches de la transition écologique". 

Développer un projet alimentaire territorial (PAT), une politique d'achats durables ou de préservation de la qualité de l'air. Réduire les déchets dans un territoire ou transformer celui-ci en s'appuyant sur des collectifs citoyens. Autant d'enjeux mais aussi de questions sur le pourquoi et le comment qui taraudent, selon l'Ademe, les candidats aux élections municipales de mars prochain. Ce 3 novembre, à l'occasion de la présentation de son recueil d'actions "Demain mon territoire", l'établissement public a rappelé que tout en respectant son devoir de réserve excluant tout prosélytisme (les communes portant les actions en question sont anonymisées mais aisément trouvables en quelques clics de recherche), il a à cœur de partager avec ces candidats des solutions éprouvées, reproductibles, afin "d'amorcer ou d'amplifier la transition écologique dans leur programme".

Candidats informés, élus formés

L'Ademe entend profiter de la caisse de résonance du Salon des maires (19-21 novembre) pour y valoriser ce guide sur le stand du ministère (MTES). "Ce prochain mandat municipal sera déterminant. Nous livrons pour l'heure ces pistes d'actions, construites à partir des retours d'expériences de collectivités que nous accompagnons dans le cadre d'appels à projets ou de programmes de labellisation comme Cit'ergie. Au sortir des élections, nous proposerons des formations ciblées aux nouveaux élus", explique Fabrice Boissier, directeur général délégué de l'agence. À ses côtés son président, Arnaud Leroy, dit espérer retrouver au coeur des programmes un maximum de ces solutions qui "démontrent qu'une ville plus sobre en carbone est possible". Au-delà du terreau fertile des pionnières - de Grenoble à Besançon en passant par Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), avec lesquelles l'agence collabore de longue date - l'urgence reste de prêcher des non-convaincus. 

Aller chercher des projets

Pour lutter contre les "zones blanches de la transition énergétique" et réveiller l'ambition dans les collectivités qui n'ont rien enclenché ou ont manqué le coche, l'Ademe s'appuie sur les réseaux d'élus. L’Assemblée des communautés de France, France urbaine et Les Écomaires soutiennent ainsi la diffusion de ce guide. Dans un domaine plus ciblé, l'Ademe tente par ailleurs, aux côtés d'Amorce et du Cerema, de convaincre depuis quelques semaines des collectivités de plus de 10.000 habitants d'initier des projets de réseau de chaleur (voir notre article du 8 octobre). "Cette campagne démarre fort, nous multiplions les rendez-vous", acte Fabrice Boissier. Experts et ingénieurs de l'agence sont aussi managés en interne pour sortir des logiques sectorielles de silo et s'ouvrir à l'écoute de tous les besoins. "Notre stratégie est d'aller chercher des projets sur les territoires mais pour cela, il faut qu'il y ait des gens en face, sinon c'est compliqué", tacle Arnaud Leroy. S'exprimant sur l'appui attendu du côté de l'Agence nationale de cohésion des territoires (ANCT), dont le coup d'envoi est programmé en 2020, et avec laquelle il est certain que l'Ademe conventionnera, Arnaud Leroy attend comme beaucoup de voir ce qu'il en sera, dans la pratique et le modus operandi fixé. 
Pour l'opérateur de l’État, trouver le bon pas de danse avec chacun reste une gymnastique prenante. Il reste en forme avec un ancrage territorial et une organisation calée sur celle des services déconcentrés et chefs-lieux des régions disparues : 26 implantations, dont 17 directions régionales. Un maillage parfois critiqué pour sa densité : "On s'est battu pour le maintenir au plus près des besoins", défend Arnaud Leroy. La stratégie Collectivités  dont l'opérateur s'est doté l'an dernier poursuit son cours, tout en composant avec les spécificités locales. Si, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'ambition s'est assoupie dans certaines collectivités, pas question de trop pointer celles-ci du doigt, l'Ademe préfère valoriser les voisines qui s'activent et surtout les entreprises avec lesquelles elle accélère les actions.

Une nouvelle direction en gestation

Héritage des agences qui lui préexistaient, l'un de ses services centraux est justement situé à Valbonne (Alpes-Maritimes, en plus de Paris et Angers). Le devenir de ce site interpellait il y a deux ans la Cour des comptes (voir notre article du 23 mars 2017). Nouveauté, une direction dédiée à l'enjeu de l'adaptation au changement climatique y est justement créée. "Un enjeu qui, avec l'objectif de neutralité carbone pour 2050 fixé dans la loi Énergie-Climat fraîchement publiée, fait partie de nos préoccupations majeures", appuie Arnaud Leroy. Un volet sur ce même enjeu sera aussi intégré dans l'un des outils phares de l'agence, complétant de fait les indicateurs sur lesquels il repose : le label Cit'ergie, traditionnellement remis lors des assises de la transition énergétique, qui se tiendront en janvier prochain à Bordeaux. Enfin, un label économie circulaire est en préparation. Les premiers projets portés par des collectivités seront distingués l'an prochain et valorisés lors des assises de l'économie circulaire de juin 2020.

 

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